Résolution ES-11/8 de l'Assemblée générale des Nations unies

From Wikipedia, the free encyclopedia

Date 24 février 2025
Séance no 20e plénière (11e session extraordinaire d'urgence – suite)
Code A/RES/ES-11/8 (Document)
VotePour : 93
Abs. : 73
Contre : 8
Assemblée générale
des Nations unies

Résolution ES-11/8
Description de cette image, également commentée ci-après
Carte du résultat du vote sur la résolution
  • En faveur
  • Contre
  • Abstention
  • Absents
  • Non-membre
Caractéristiques
Date 24 février 2025
Séance no  20e plénière (11e session extraordinaire d'urgence – suite)
Code A/RES/ES-11/8 (Document)
Vote Pour : 93
Abs. : 73
Contre : 8
Sujet Le chemin vers la paix
Résultat Adoptée

La résolution ES-11/8 de l'Assemblée générale des Nations unies, intitulée Le chemin vers la paix, est une résolution de l'Assemblée générale des Nations unies concernant l'invasion russe de l'Ukraine. Elle a été adoptée le 24 février 2025, avec 93 pays votant pour, 8 contre, 73 abstentions et 19 présents ne votant pas lors de la onzième session extraordinaire d'urgence[1]. Les États-Unis d'Amérique se sont abstenus de voter sur leur propre résolution, substantiellement modifiée par l'Assemblée à la suite d'amendements, et concurrençant un autre texte présenté par l'Ukraine ce même jour[2].

Depuis le début de l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie, le 24 février 2022, la onzième session extraordinaire d'urgence de l'Assemblée générale des Nations unies a été ajournée et reprise plusieurs fois au cours des dernières années, en raison du veto russe au Conseil de sécurité des Nations unies qui empêche se dernier de prendre une décision sur le fond de la situation en Ukraine. En effet, plus de vingt réunions plénières distinctes ont été tenues par l’Assemblée dans ce cadre et six résolutions ont été adoptées jusqu'alors[3].

Les États-Unis d'Amérique, fervent soutien de l'Ukraine sous la présidence de Joe Biden, opèrent un rapprochement avec la Russie depuis le début de la seconde présidence de Donald Trump, cherchant à normaliser leurs relations avec cette dernière et affirmant poursuivre un règlement négocié du conflit en Ukraine.Trump avait lui-même promis de mettre fin à la guerre « en 24 heures » pendant sa campagne. La nouvelle administration entreprend des démarches conciliantes auprès de la Russie et exerce une pression intense sur l'Ukraine. Ces tensions s'illustrent par exemple dans l'escalade réthorique du dirigeant américain, accusant l'Ukraine d'avoir déclenché le conflit et qualifiant le Président de l'Ukraine, Volodymyr Zelensky, de « dictateur sans élections » qui devrait faire la paix rapidement ou « ne plus avoir de nation à diriger ». Ce dernier à répondu que Trump vivait dans « un espace de désinformation russe »[4].

L'Ukraine et ses soutiens négociaient depuis un mois un projet de résolution qu'ils prévoyaient de faire adopter par la 11e session extraordinaire d'urgence de l'Assemblée générale, le lundi 24 février 2025, à l'occasion du début de la 3e année de l'invasion russe à grande échelle de l'Ukraine[5]. Quelques jours avant le débat, les États-Unis ont refusé de co-parrainer le projet ukrainien[6] et demandé à l'Ukraine de l'affaiblir fortement après l'avoir examiné. Puis, ils ont proposé directement leur propre résolution le vendredi 22 février et exigé que l'Ukraine retire son texte, déjà inscrit à l'ordre du jour de l'Assemblée[7]. Le texte avait été émis directement de la Maison-Blanche, prenant le Département d'État des États-Unis également par surprise[8].

Cette résolution concurrente, intitulée Le chemin vers la paix – également soumise au Conseil de sécurité pour adoption le 24 février 2025 – était extrêmement laconique (65 mots[9])[10]. Elle ne condamnait pas la Russie et ne rappelait pas l'importance de l'indépendance politique et l'unité de l'Ukraine, de son intégrité territoriale et l'intangibilité et l'inviolabilité de ses frontières. Le représentant permanent de la Russie auprès des Nations unies, Vassili Nebenzia, avait qualifié ce projet de « bonne idée », même s'il regrettait l'absence de mention des « causes profondes du conflit »[4],[11]. Eu égard au contenu du projet américain, le président Zelensky avait ordonné au Ministère ukrainien des affaires étrangères de maintenir le texte ukrainien[12].

Durant le week-end précédent le vote, les États-Unis ont mené un travail diplomatique intense pour soustraire des soutiens au projet ukrainien et les faire passer au profit de leur texte[13]. Ils ont ainsi envoyé une lettre aux autres délégations pour leur demander de s'opposer à tout autre texte ou amendement autre que leur projet[14]. Ce document qualifiait le projet des États-Unis de « résolution tournée vers l'avenir concentrée sur une idée simple : mettre fin à la guerre […] À travers cette résolution, les États membres peuvent construire un vrai momentum vers la paix et la sécurité internationales, dont le maintien est le but principal des Nations unies »[15].

Le 24 février 2025, les États-Unis ont voté, aux côtés de la Russie et de la Corée du Nord ou encore de l'Iran, contre la résolution proposée par l'Ukraine et adoptée plus tôt dans la journée à la 11e session extraordinaire d'urgence de l'Assemblée générale sous le titre Promotion d'une paix globale, juste et durable en Ukraine[16],[13],[17],[18],[19],[20].

Suite aux modifications substantielles apportées par les amendements présentés par la France (et co-parrainés par d'autres États soutenant l'Ukraine), les États-Unis se sont finalement abstenus de voter la résolution qu'ils avaient eux-même présentée[21],[22]. Ils ont ensuite réintroduit dans la même journée cette résolution au Conseil de sécurité, qui l'a finalement approuvée sans modification par 10 voix contre aucune et 5 abstentions (la France, le Royaume-Uni, la Slovénie, le Danemark et la Grèce) en tant que résolution 2774 (2025). Les trois amendements, similaires à ceux adoptées à l'Assemblée générale sur la résolution ES-11/8, présentés par ces cinq États précités ont été rejetés – soit en raison du veto russe (pour deux d'entre eux) soit d'un manque de soutien suffisant au sein du Conseil (pour l'un d'entre eux)[23]– permettant au texte d'être approuvé tel que rédigé par Washington[24],[25],[17],[26].

Contenu

La résolution ES-11/8 est un texte très bref comportant quatre paragraphes[13].

Préambule

En premier lieu, l'Assemblée générale déplore les pertes tragiques en vies humaines causées par l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie[4],[17].

Elle réaffirme le but premier de l'Organisation des Nations unies prévu par la Charte des Nations unies, à savoir le maintien de la paix et de la sécurité internationales et le règlement pacifique des différends[17].

Elle réaffirme son attachement à la souveraineté, l'indépendance politique, l'unité et l'intégrité territoriale de l'Ukraine, à l'intérieur de ses frontières internationalement reconnues, s'étendant à ses eaux territoriales[27].

Dispositif

Dans le seul paragraphe de son dispositif, la résolution « demande instament » qu'il soit mis un terme au conflit dans les plus brefs délais et « plaide » pour une paix juste, durable et globale entre l'Ukraine et la Russie, conformément à la Charte des Nations unies et aux principes de l’égalité souveraine et de l’intégrité territoriale des États[27],[28].

Adoption

Réactions

Voir également

Référence

Related Articles

Wikiwand AI