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Coup d'État de Gustave III

coup de majesté suédois au XVIIIe siècle From Wikipedia, the free encyclopedia

Le coup d’État de Gustave III, appelé en suédois Gustav III:s statskupp ou Gustav III:s statsvälvning, est un coup de majesté mené le en Suède par le roi Gustave III pour introduire une séparation des pouvoirs entre le roi et le Riksdag des États, qui met fin à l'ère de la Liberté et conduit à l'adoption de la Constitution suédoise de 1772, laquelle renforce le pouvoir du monarque. Cette révolution marque le début de la période absolutiste connue sous le nom de période gustavienne.

Contexte

Avec la mort de Charles XII s’ouvre en une période baptisée par les historiens ère de la Liberté ; au cours de cette période de l’Histoire de la Suède qui s’étend jusqu’en , le Riksdag des États détient un pouvoir important qui limite l’autorité du monarque. Cette période est caractérisée par diverses réformes ; ainsi la presse est moins contrôlée et la torture est abolie[1].

Avant la révolution, le royaume de Suède est gouverné par un système constitutionnaliste qui consacre le pouvoir du Riksdag des États après la mort de Charles XII et l’introduction de l’« instrument de gouvernement » de qui borne le pouvoir du monarque suédois. Cet instrument constitutionnel est révoqué après seulement quelques mois, mais lui succède l’« instrument de gouvernement » de , d’un esprit similaire.

Au mitan du XVIIIe siècle, l’ère de la Liberté est progressivement devenue une période de stagnation politique et de corruption. Pire encore, le Riksdag est devenu profondément divisé et incapable de gouverner efficacement le pays, faisant naître des appels à la réforme de tous côtés. De sa mère Louise-Ulrique, Gustave tient une sympathie prononcée pour le despotisme éclairé et recherche l’appui de la France pour introduire en Suède cette doctrine politique[2].

À partir du milieu des années 1760, Gustave émerge comme une force politique crédible et devient une figure fédératrice qui cristallise les espoirs de mettre un terme aux querelles partisanes sans fin et d'une renaissance du pouvoir royal. La France proclame son ferme soutien à l’idée d’une restauration du pouvoir monarchique en Suède sur des bases solides[3].

Au cours des années -, Gustave tente de réconcilier au Riksdag des parties en conflit acharné, mais son intervention est repoussée. Peu de temps après, le roi de France, Louis XV, et son secrétaire d’État, le duc d’Aiguillon, l’appellent secrètement à brusquer le cours des choses en menant à bien un coup de majesté. Dans une telle occasion, le roi pourrait compter sur une aide française substantielle.

Le premier à donner aux plans royaux une orientation concrète est le colonel Jakob Magnus Sprengtporten, à la tête d’un club à tendance royaliste. Le club, appelé Svenska botten, se compose pour l’essentiel d’officiers nobles qui voient leurs privilèges nobiliaires menacés par le parti en place et qui craignent en outre que les États n’interfèrent dans le déroulement de leur carrière en intervenant arbitrairement dans le système de promotions, d’autant plus que les coupes budgétaires avaient affecté les forces armées[4]. Le plan était de gagner le ralliement les grandes garnisons des forteresses de Sveaborg et Kristianstad à la cause du roi avant de marcher sur Stockholm. Sprengtporten était responsable de Sveaborg et l’oberjägermeister Johan Christopher von Toll de Kristianstad[5]

La révolution

Les circonstances obligent Gustave à agir lui-même. Avec courage, réflexion et sagesse, Gustave mène un coup d’État le , sans verser une goutte de sang, ce qui fait de lui le maître du Riksdag et du Conseil.

Une loi fondamentale nouvelle, mais floue à bien des égards, est adoptée dès le lendemain par le Riksdag. L’assemblée est ensuite dissoute. Le nouvel état de fait est accepté par l’ensemble du pays, à la satisfaction générale. Le royaume doit cependant faire face au mécontentement des États voisins. Le moment, cependant, est opportun, dans la mesure où la Russie est préoccupée par une guerre avec la Turquie et, comme la Prusse, désireuse avant tout de consolider la spoliation issue de la partition de la Pologne. Le Danemark, quant à lui, entreprend un réarmement immédiat, mais grâce à sa détermination et à son habileté diplomatique, Gustave III réussit à écarter toute menace de guerre et peut se consacrer sereinement aux réformes internes qui l’attendent.

Gustave s’attaque à cette tâche avec beaucoup d’enthousiasme, inspiré autant par un zèle ardent pour le bien-être de son pays que par la ferveur réformiste du siècle des Lumières. Les mesures qu’il prend pour améliorer la situation administrative, économique et culturelle du pays sont également nombreuses et significatives. La fonction publique est soumise à un contrôle plus strict et les vieilles habitudes bien ancrées sont abolies, tandis que, parallèlement, une réglementation salariale crée les conditions nécessaires à l’émergence d’une toute nouvelle génération de fonctionnaires qui, en termes de diligence et d’intégrité, se situaient à un autre niveau que celui de leurs prédécesseurs. La sécurité juridique est soutenue et le droit pénal est réformé conformément aux idées humanistes de l’époque. Une grande attention est accordée à la santé publique et aux soins médicaux, et des mesures sont prises pour remédier à l’état de négligence de la Finlande. Avant tout, il importe d’organiser le système monétaire, de rétablir l’équilibre des finances de l’État et de redynamiser l’économie[3].

Notes et références

Annexes

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