Serment antimoderniste
Motu proprio de Pie X
From Wikipedia, the free encyclopedia
Sacrorum antistitum est un motu proprio promulgué par le pape Pie X le et qui contient notamment une profession de foi connue sous le nom de « serment antimoderniste ».
| Sacrorum antistitum | ||||||||
| Motu proprio du pape Pie X | ||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Date | ||||||||
| Chronologie | ||||||||
| ||||||||
| modifier |
||||||||
Le serment antimoderniste rappelle les principaux dogmes catholiques, surtout ceux que Pie X considérait comme mis en doute par les modernistes. L'ensemble du clergé catholique fut obligé de professer ce serment annuellement. En 1967, ce serment est supprimé par Paul VI.
Contenu
Le serment antimoderniste[1] reprend les points principaux de l'encyclique Pascendi Dominici gregis en s'opposant notamment à l'agnosticisme, l'immanentisme et l'évolutionnisme portés par les modernistes composés — selon Pascendi — d'une combinaison « de philosophes, de croyants, de théologiens, d'historiens, de critiques, d'apologistes et de réformateurs »[2].
La première partie du serment antimoderniste est constituée de la manière suivante[3],[4] :
« Moi, [nom de la personne faisant le serment], j’embrasse et reçois fermement toutes et chacune des vérités qui ont été définies, affirmées et déclarées par le magistère infaillible de l’Église, principalement les chapitres de doctrine qui sont directement opposés aux erreurs de ce temps.
Et d’abord, je professe que Dieu, principe et fin de toutes choses, peut être certainement connu, et par conséquent aussi, démontré à la lumière naturelle de la raison « par ce qui a été fait » (Rm 1,20), c’est-à-dire par les œuvres visibles de la création, comme la cause par les effets.
Deuxièmement, j’admets et je reconnais les preuves extérieures de la Révélation, c’est-à-dire les faits divins, particulièrement les miracles et les prophéties comme des signes très certains de l’origine divine de la religion chrétienne et je tiens qu’ils sont tout à fait adaptés à l’intelligence de tous les temps et de tous les hommes, même ceux d’aujourd’hui.
Troisièmement, je crois aussi fermement que l’Église, gardienne et maîtresse de la Parole révélée, a été instituée immédiatement et directement par le Christ en personne, vrai et historique, lorsqu’il vivait parmi nous, et qu’elle a été bâtie sur Pierre, chef de la hiérarchie apostolique, et sur ses successeurs pour les siècles.
Quatrièmement, je reçois sincèrement la doctrine de la foi transmise des apôtres jusqu’à nous toujours dans le même sens et dans la même interprétation par les pères orthodoxes ; pour cette raison, je rejette absolument l’invention hérétique de l’évolution des dogmes, qui passeraient d’un sens à l’autre, différent de celui que l’Église a d’abord professé. Je condamne également toute erreur qui substitue au dépôt divin révélé, confié à l’Épouse du Christ, pour qu’elle le garde fidèlement, une invention philosophique ou une création de la conscience humaine, formée peu à peu par l’effort humain et qu’un progrès indéfini perfectionnerait à l’avenir.
Cinquièmement, je tiens très certainement et professe sincèrement que la foi n’est pas un sentiment religieux aveugle qui émerge des ténèbres du subconscient sous la pression du cœur et l’inclination de la volonté moralement informée, mais qu’elle est un véritable assentiment de l’intelligence à la vérité reçue du dehors, de l’écoute, par lequel nous croyons vrai, à cause de l’autorité de Dieu souverainement véridique, ce qui a été dit, attesté et révélé par le Dieu personnel, notre Créateur et notre Seigneur. »
Usage
Le Saint-Office a confirmé en 1918 le caractère obligatoire du serment antimoderniste[5],[6].
Du temps où le serment antimoderniste était encore employé par l'Église catholique, ce serment devait être juré et signé, en théorie, chaque année par les enseignants, les supérieurs religieux, les prêtres chargés de la pastorale et les clercs accédant aux ordres majeurs[7],[8] mais en pratique, il le fut par tout le clergé[9]. Pie XI avait dispensé les professeurs et étudiants de le prononcer, mais cette exemption fut abrogée par Pie XII[10].
En 1967, ce serment (ainsi que la profession de foi tridentine) est supprimé par Paul VI[11] à l'occasion de l’aggiornamento du concile Vatican II[1] et remplacé par une nouvelle profession de foi[12],[13].
Le serment antimoderniste est encore pratiqué au sein de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X[14].