La pièce mesure 8m 65 sur 7m 56, avec une hauteur sous plafond de 7m 55. Elle est constituée de tentures de velours ciselé vert encadrées par un galon en soie et or, de décors peints, de marbres de couleur, de stucs, plombs et bois dorés.
Elle est éclairée par une croisée ouvrant sur le parterre nord[1].
Le plafond peint par René-Antoine Houasse représente un ciel nuageux, dominant une balustrade en trompe-l’œil qui surplombe chacun des quatre murs. Ce dispositif est nouveau pour l'époque, même si on trouve quelques exemples ou esquisses antérieurs, notamment par Le Brun, premier peintre du roi et parent par alliance de Houasse[4].
Aux quatre angles de la pièce figurent quatre dieux de la mythologie romaine : Neptune, Téthys, Pluton et Minerve. Un personnage coiffé d'un turban et brandissant un encensoir représente l'Asie[5].
Au centre du plafond, une allégorie de la Magnanimité laisse tomber des trésors d'une corne. À sa gauche, la figure portant une palme pourrait être la Magnificence royale et la troisième, portant sur un plateau les attributs des arts, représenterait le Progrès des arts ; ces deux dernières attributions sont toutefois incertaines[6],[7].
L'iconographie des objets posés sur la balustrade est liée à la collection d'objets d'art de Louis XIV qui était conservée dans le cabinet voisin des Raretés. Certains des objets les plus précieux de la collection sont peints sur la balustrade, recouverte d'étoffes issues du garde-meuble royal[5]. On reconnaît ainsi la nef d'or de Louis XIV au-dessus de la porte qui ouvrait sur le cabinet, ainsi que la nef de jaspe de Rodolphe II[8].
Les attitudes variées des personnages et leurs gestes assurent à la composition une cohérence renforcée par une utilisation des couleurs qui dépend de la provenance de la lumière[9].
À la base du plafond court une frise en stuc composée de trente-deux métopes séparées par des consoles. Ces métopes ont probablement été reproduites selon une technique proche de l'estampe, car elles relèvent de cinq modèles différents seulement : douze bouquets de fleurs, six figures allégoriques de la Gloire, six de la Victoire, quatre de l'Abondance et quatre
de la Paix ; Mansart a d'ailleurs réutilisé les modèles pour son hôtel particulier de la rue des Tournelles à Paris[10].
Les dessus-de-porte en plomb doré des portes est et ouest, sur fond de marbre blanc, sont attribués à Jean-Baptiste Tuby[11]. Au-dessus de la porte donnant vers l'ancien cabinet des Raretés figure un camaïeu d'or sur faux marbre représentant une figure allégorique de la Magnanimité, traditionnellement attribuée à Claude Audran III[12].
Le salon contient un portrait de Louis XV par Jean-Baptiste van Loo ainsi que trois portraits peints par Hyacinthe Rigaud, représentant Louis de France, dit le Grand Dauphin, Louis de Bourbon, duc de Bourgogne, et Philippe d'Anjou, roi d'Espagne. Tous sont des descendants de Louis XIV qui ont soit régné, soit été dauphins. Les trois premiers sont exposés dans le salon depuis 1975 et le quatrième depuis 1980[13].
Louis XV
Louis de France, dit le Grand Dauphin
Louis de Bourbon, duc de Bourgogne
Philippe V d'Espagne
Seize sculptures sont également présentées dans le salon de l'Abondance. Il y avait quatre bustes en bronze d'empereurs romains dans le salon à l'origine. Deux ont été retrouvés et deux équivalents ont complété l'ensemble[14]. Ils sont installés sur des gaines en marbre de fabrication récente. Douze sculptures en bronze ou marbre de petit format sont installées sur les médailliers. Les six bronzes proviennent des bronzes de la Couronne, et les six marbres, antiques ou réputés antiques, faisaient aussi partie des collections de Louis XIV, dont quatre au cabinet des Médailles à l'origine[15].
Les meubles comprennent notamment deux paires de guéridons exécutés vers 1690-1700 qui encadrent respectivement les portraits de Louis XV et de Philippe V, et une paire de commodes Boulle placées sous les deux autres portraits[16]. Ces deux commodes livrées par Boulle en 1708 proviennent de la chambre de Louis XIV au Grand Trianon[17]. On leur a adjoint quatre médailliers attribués à Boulle et restaurés par Montigny[18], qui rappellent la présence du cabinet des Médailles voisin[19].
Médaillier Boulle
Commode Boulle