Sanctuaire de Notre-Dame-de-Livron
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Le sanctuaire de Notre Dame-de-Livron est un lieu de pèlerinage situé dans le Tarn-et-Garonne à proximité de la ville de Caylus. Il se situe dans l’extrémité nord du département dans la zone prélevée en 1808 au département du Lot lorsque l’empereur Napoléon Bonaparte décida, à la demande de la population, de créer un nouveau département avec Montauban comme chef-lieu. Le Tarn-et-Garonne fut créé en rognant sur les départements limitrophes : le Lot, l’Aveyron, le Gers, le Tarn et la Haute-Garonne.
Légendes
Une légende dont on peine à situer l’origine raconte qu’un dragon vivait sur le site. Il habitait dans une grotte aujourd’hui barrée par une grille sur l’emplacement de l’esplanade du sanctuaire. Chaque jour il sortait pour prélever sa subsistance essentiellement constituée d’humains. Il fallait donc tuer la bête pour s’en délivrer mais personne n’osait s’y aventurer. Jusqu’au jour où le chevalier de Lagardelle, issu d’une ancienne famille de Caylus s’y risqua. Il prépara soigneusement le combat et avant d’affronter la bête il convoqua les habitants à l’église et s’agenouilla devant l’autel de Notre-Dame. Tous implorèrent la Vierge Marie et demandèrent la protection pour le chevalier. Ils firent le vœu qu’en cas de victoire ils créeraient une chapelle en mémoire de cette délivrance. Bien sûr le chevalier triompha, la bête fût tuée et la chapelle pût être construite.
De cette légende subsistent deux certitudes. Il y avait bien des Lagardelle à Caylus jusqu’en 1868 et il y a maintenant un sanctuaire dédié à Notre-Dame. Notons que le chevalier était vraisemblablement un templier de la commanderie de La Capelle-Livron, située à trois kilomètres du site.
Une seconde légende se rattache à la première. Lorsque les villageois entreprirent d’édifier la chapelle de la délivrance, ils décidèrent de la construire sur une hauteur qui domine le vallon. Les travaux commencés, les bâtisseurs furent surpris de retrouver au matin suivant ce qu’ils avaient fait la veille, transporté à l’identique dans le creux du val. Cette légende attribue ce transfert de la construction aux anges, qui sur consigne de la Vierge, auraient déplacé les pierres depuis le haut de la colline jusqu’au creux du vallon. Un sentier appelé le chemin des anges jouxte bien le sanctuaire et, en son milieu, on trouve une pierre carrée marquée d’une croix appelée la halte des anges. C’est le vestige d’un Christ en pierre, daté de 1811, qui fut mutilé durant la guerre en 1944.
Trois rois à Livron
À la suite du serment des Caylusiens de s’engager à aider le roi à défendre l’Église lors du traité de Paris de 1229, une tradition non vérifiée par l’histoire dit que Louis IX et Blanche de Castille se seraient rendus à Livron après un pèlerinage à Rocamadour.
Philippe IV le Bel (1268-1314) a visité le sanctuaire et demandé qu’une rente soit versée à perpétuité pour l’entretien d’une lampe. Il fut un généreux donateur pour le lieu.
Louis XIII se rendit à Caylus en juin 1622 durant le siège de Saint-Antonin-Noble-Val. Son séjour est attesté par une gravure dans le mur intérieur de l’église Saint-Jean-Baptiste qui dit : « LOVIS PAR LA GRACE DE DIEU ROY DE France ET DE NAVARRE ENTRA DANS LA PRESENTE VILLE DE CAYLUS LE 14 DU MOYS DE JUIN AVANT LE SIEGE DE SAINT-ANTHONIN VILLE REBELLE A SA MAJESTE ET SOIRTIT APRES LA PRISE LE XXIII DU DIT MOYS 1622. FAIT ET GRAVE 1623 ».
Description
Le sanctuaire de Notre-Dame-de-Livron n’est pas, contrairement à bien d’autres, une référence à quelque apparition de la Vierge mais il est authentiquement fondé en remerciements à la mère du Christ pour la protection qu’elle apporta aux habitants.
La construction remonte dans son ensemble au début du XIVe siècle et a remplacé une église primitive romane. Une inscription au-dessus d’une vasque du bénitier nous informe que « l’an du Seigneur 1302, Guillaume de Milhars fit faire cette chapelle en l’honneur de Dieu et de Notre-Dame Sainte Marie. Amen ». À l’intérieur de la chapelle se trouve un écusson daté du XVIIe siècle mentionnant les familles Marsa-de Lagardelle-de Latour-Mouloyre.
Le chœur gothique a été restauré en 1978. On entre dans l’église par deux portails situés sous une galerie à cinq arcades. La nef est prolongée par une chapelle basse, probablement vestige de l’église d’origine. Deux chapelles situées de chaque côté sont consacrées, celle de gauche à sainte Marie-Madeleine, celle de droite au bienheureux père François Palau y Quer.
À l’extérieur l’esplanade est ornée de platanes. Elle a servi autrefois de cimetière, les tombes ayant été déplacées au cours de l’histoire. Une croix en pierre est à sa droite, tournant le dos à la grotte. Un sanctuaire extérieur est adossé au presbytère et permet d’accueillir les pèlerins à la belle saison pour les offices et cérémonies. Au centre de ce sanctuaire extérieur, un autel en pierre fait face au peuple conformément aux réformes de Vatican II. Il fut consacré le 4 juin 1978 à la fête du centenaire du couronnement de Notre-Dame-de-Livron. Derrière le sanctuaire de plein air, un chemin de croix de quatorze stations peut aussi être atteint par un sentier au sommet de la colline, ce qui fait qu’on peut gravir d’un côté le chemin des anges et redescendre par le chemin de croix, ou l’inverse, faisant ainsi le tour de l’ensemble du site. Un bassin reçoit l’eau limpide d’une source à laquelle sont attribuées des guérisons.
Aujourd’hui, le sanctuaire de Notre-Dame-de-Livron reste un lieu de pèlerinage et de retraite spirituelle relevant du diocèse de Montauban. Des sœurs carmélites missionnaires, ordre fondé par François Palau, dont certaines en ermitage assurent le gardiennage et l’accueil au centre spirituel portant le nom du fondateur.


