Signal-prix
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Le signal-prix est l’information que transmet au consommateur ou au producteur le prix d’un produit ou d’un service, et qui a pour effet d'orienter ses choix.
Le prix d'un objet, d'un produit ou d'un service dépend de nombreux facteurs, dont l'offre et la demande ; un prix peut cependant être artificiellement plafonné, soutenu ou diminué, par une volonté d'une autorité compétente et du législateur, ou par la volonté commune d'un nombre suffisant de vendeurs. Il peut l'être illégalement via une entente sur les prix ou par des cartels, ou via le dumping économique, social ou environnemental. Il peut enfin l'être par le jeu de régulations ciblées utilisant par exemple la fiscalité (comme l'écotaxe), la règlementation (plafonnement), des primes ou des subventions, etc. Dans ce cas, les États, collectivités et banques sont les rouages qui exacerbent, diminuent ou régulent le prix, modifiant le signal-prix donné aux acheteurs (potentiels ou captifs dans le cas de ressources vitales).
Importance du contexte
Ce signal jouera de manière différente selon ;
- le secteur (primaire, secondaire ou tertiaire) ;
- les poids respectifs ou tension entre l'offre et la demande ;
- le temps[1] (court, moyen et long termes) en matière de retour sur investissement notamment ;
- le type d'investissement (placement, dépenses de loisir ou de plaisir, dépenses urgentes ou vitales, avec ou sans retour sur investissement, etc.) ;
- l'importance variable accordée aux critères de choix, notamment dans le domaine de l'environnement[2]
- les capacités de dépenses de l'agent économique considéré.
Le « signal » peut être un prix plus élevé, ou au contraire diminué, par exemple par une moindre taxation des énergies renouvelables, propres et sûres (dans l'Union européenne, une directive de 2003 autorise aussi une détaxation pour l’électricité issue de cogénération)
Les écotaxes sont un des moyens de redresser un prix vers un « juste prix » ou un « vrai prix » (c'est-à-dire cherchant à intégrer dans la vente d'un bien ou d'un service la réparation des coûts environnementaux directs et parfois indirects générés par sa production, son transport et son élimination ou recyclage ; c’est ce qu’on appelle l’internalisation des coûts externes). Cette démarche peut s’appliquer à un service (ex : le transport aérien). Un signal-prix fort sur le carbone inciterait à mieux respecter les engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre estiment les partisans de la taxe carbone décidée par le Grenelle de l'environnement en octobre 2007 à Paris
Théorie
En théorie économique pure, dans le domaine microéconomique comme à échelle macroéconomique, le prix (à ne pas confondre avec le coût) est réputé être un signal inconsciemment et/ou consciemment perçu par l'acheteur/consommateur, avec plus ou moins de force selon sa richesse et son intérêt pour les économies.
Ce signal est réputé pouvoir orienter les choix de consommation et certains comportements, ce qui est expliqué par la référence à d’autres concepts théoriques :
- la fourchette du « consentement à payer » de l'acheteur ;
- la théorie qui voudrait que ce qui est rare est cher, et que ce qui est cher soit moins acheté ;
- la théorie selon laquelle le consommateur tendrait à acheter au "moins cher" à service égal.
- le degré d'information du consommateur (ex étiquetage, assertions, étiquette énergie, étiquette carbone…)
- La théorie de l'économie de marché qui fait du prix la première variable d'ajustement entre offre et demande.
Signal ambigu
Dans la réalité, les déterminants du consentement à payer et des choix de consommation sont nombreux, complexes et en grande partie « socio-sociopsychologiques » (quand ils ne sont pas simplement déterminés par le besoin vital d'une ressource).
Les choix d'achat sont aussi de plus en plus orientés par la publicité commerciale. Cette dernière dispose de moyens nombreux et efficaces de pousser le consommateur à acheter des produits qu'il n'achèterait normalement pas.
Ainsi le signal-prix devrait inciter les acheteurs à acheter des bijoux beaux, mais peu chers plutôt qu’en or, argent ou platine, ou les voitures les plus efficientes, sûres, pratiques et sobres plutôt que des 4×4 dispendieux et encombrants. Ce n’est que rarement le cas.
De même, le prix des carburants ou du tabac augmentant régulièrement, de nombreux experts pensaient que la consommation en diminuerait fortement, mais on en consomme toujours beaucoup, notamment pour des raisons d’addiction dans le cas du tabac, et souvent parce que la société est conçue pour imposer certains choix (dont le déplacement motorisé dans certains cas).
Dans ce dernier cas, l’augmentation du signal-prix risque de se heurter à des troubles sociaux et à des réactions violentes.
Dans les contextes spéculatifs, un signal prix très fluctuant, notamment dans un marché émergent, freine les investisseurs et acheteurs. C'est une explication notamment donnée par la CDC-Climat[3] aux difficultés rencontrées par le marché du carbone pour répondre à ses objectifs de réduction d'émissions de gaz à effet de serre
Signal prix et développement durable
Le Grenelle de l'environnement a en octobre 2007 en France suggéré que la part du signal-prix (qu’il s’agisse des investissements d’économie ou du prix à la consommation de l’énergie) soit soigneusement analysée avant d’établir de nouvelles niches fiscales ou de nouvelles taxes à la consommation. Incorporer les coûts environnementaux dans les prix est à l’évidence une nécessité, et réduire les temps de retour sur investissement pour les équipements et travaux de même. Mais il ne faut utiliser « l’arme fiscale » (dépense fiscale ou taxe réellement encaissée) que là où elle joue un rôle décisif. Des enjeux environnementaux majeurs existent notamment dans le secteur de l'énergie, de l'eau, de la sylviculture, du bâtiment, de l'agriculture de l'alimentation et des transports[4].
