Siège d'Algésiras (1350)
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| Date | entre avril et juillet 1350 |
|---|---|
| Lieu | Algésiras (Espagne) |
| Casus belli | Cantonnement des prétendants trastamaristes dans la ville et siège par les troupes pétristes. |
| Issue | Évasion des conspirateurs et prise de la ville. |
| Gutierre Álvarez de Tolède | Fernando Enríquez Pedro Ponce de León le vieux (es) |
| inconnu | inconnu |
| inconnu | inconnu |
Batailles
| Coordonnées | 36° 07′ 39″ nord, 5° 27′ 14″ ouest | |
|---|---|---|
Le siège d'Algésiras en 1350 est un conflit qui a eu lieu après la mort d'Alphonse XI lorsque le comte Henri de Trastamare, fils illégitime du roi et de Leonor de Guzmán, candidat au trône de Castille, se retranche avec plusieurs de ses fidèles dans la médina d'Algésiras en prévision des représailles que Pierre Ier, récemment proclamé, pourrait exercer contre eux.
Après que les rebelles d'Algésiras se soient renforcés grâce au soutien du maire Pedro Ponce de León (Le vieux) (es) à la cause trastamariste, le roi de Castille a envoyé le chevalier Lope de Cañizares pour contacter ceux qui lui étaient fidèles et qui pouvaient rester dans la ville. Ces derniers déclarèrent qu'ils prendraient les armes contre les conspirateurs si des renforts leur étaient envoyés au nom du roi. C'est ainsi que Pierre Ier envoya contre la ville une forte flotte et une troupe d'infanterie dirigée par Gutierre Fernández de Tolède, qui mirent le siège autour de la médina, permettant au parti du roi d'en expulser les rebelles.
Le , le roi de Castille, Alphonse XI, meurt avec l’épidémie de peste noire qui ravage l’Europe alors qu’il gouvernait depuis le siège de la cite de Gibraltar, alors aux mains des Mérinides. Une fois que sa dépouille fut transportée du palais royal où il résidait alors jusqu’aux abords de la cité voisine d’Algeciras, sa maîtresse, Leonor de Guzmán, les trois fils les plus âgés qu’il eut avec elle et qui l’accompagnaient dans cette entreprise (Henri, Fabrique et Tello) ainsi que plusieurs nobles, membres de la cour royale (Enrique Enríquez (es), Comte de Trastamare (es) et son fils Fernando Enríquez, Juan Alfonso de Guzmán, Alvar Pérez de Guzmán, seigneur d’Olvera, Fernando Pérez Ponce de León (es) et Pedro Ponce de León le vieux (es), préfet d’Algeciras) décidèrent de transférer son corps à Séville pour l’enterrer dans l’église de Sainte-Marie-Madeleine aux côtés de son père Ferdinand IV malgré sa volonté d’être mis en terre à Cordoue.
Ni l’épouse du roi, Marie du Portugal, ni le fils légitime du trône de Castille, Pierre Ier, ne prirent part à cette décision et qui, jusqu'au moment de sa mort, Alphonse XI maintenait une relation distante avec le nouveau roi et la reine mère. Malgré cela, le nouveau roi et la reine mère furent rapidement informés de son décès et ils statuèrent d’attendre le cortège mortuaire à Séville avec le reste de la cour.
Sur le chemin de Séville, la procession funéraire passa par le voisinage de la cité de Médina-Sidonia, appartenant à Leonor de Guzman et administrée par Alfonso Fernández Coronel (es), un noble qui avait gagné sa confiance. A la demande de la maîtresse du roi, plusieurs hauts personnages du royaume, y compris plusieurs proches bien que n’étant pas les enfants illégitimes du roi, entrèrent dans la ville pour se réunir et tenir un conseil. Leonor de Guzman, craignant de perdre avec la mort d’Alphonse XI, tous les privilèges qu’elle et ses enfants avaient acquis, déclara devant toute cette assemblée réunie, que comme ses enfants légitimes, la couronne de Castille n’appartenait pas à l’infant Pierre mais au plus âgé d’entre eux, et demanda d’être soutenue dans cette cause.
Cette conspiration soudaine a dû être un choc pour les personnes présentes car à ce moment-là aucune d'entre elles ne s'exprima ouvertement en faveur de Leonor, peut-être en raison de la nature sensible et dangereuse du sujet, ce qui a conduit à une dispute. Lorsque la trahison s'est répandue dans le cortège transportant la dépouille mortelle du roi, João Afonso de Albuquerque, cousin d'Alfonso IX et intendant en chef de la reine Marie, entra dans les murs de la ville et accusa Leonor et tous ceux qui s’y été assemblés de traîtres, les considérant comme prisonniers jusqu'à ce que le roi se prononce sur cette affaire.45
Face à l'agitation causée par la conspiration parmi les chevaliers qui composaient l'entourage royal, Juan Nuñez de Lara, l'intendant en chef du roi, réussit à dissuader Leonor de Guzmán de sa décision et à lui accorder sa protection afin qu'elle puisse à nouveau rejoindre le cortège funèbre et se rendre à Séville. Ses fils et les fidèles à sa cause ne jugeaient cependant pas prudent de poursuivre le voyage car, même si beaucoup d’entre eux n’avaient même pas participé à la coalition rebelle, ils présageaient que ses répercussions finiraient par les affecter.45
Après avoir quitté la ville de Medina Sidonia, les principaux conspirateurs décidèrent de se retirer dans les places fortes sous leur contrôle en prévision des représailles de Pierre Ier. Les fils d'Alphonse XI et de Leonor de Guzmán, Henri et Fadrique, et certains de leurs proches (dont Pedro Ponce de León, Fernando Ponce de León et Alvar Pérez de Guzmán) décidèrent de se rendre au château de Morón appartenant à l'Ordre d'Alcántara et gouverné par un Maître de cet Ordre, Fernando Pérez Ponce. Une fois sur place, ils ne considéraient pas cette destination comme sûre et Fadrique prit la route du Maestrazgo de Santiago, Alvar Pérez de Guzmán se dirigea vers Olvera et Henri, Fernando Enríquez et Pedro Ponce de León se dirigèrent vers Algeciras où ce dernier était maire et où ils pouvaient compter sur des troupes fidèles.591011
Deux jours après les événements de Medina Sidonia, le cortège funèbre, accompagné de Leonor de Guzmán, et après avoir traversé la ville de Jerez de la Frontera, arriva à Séville et rejoignit le jeune roi et sa mère.3 Les funérailles du défunt Alphonse se déroulèrent dans l’église de Sainte-Marie-Madeleine de Séville sans aucune répercussion sur la conspiration ou sur les menaces représentées par Juan Alfonso de Alburquerque.

