Stefanija Ladigienė

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Décès
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VilniusVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Saltoniškės Cemetery (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Stefanija Ladigienė
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Fonction
Députée au Seimas
Biographie
Naissance
Décès
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VilniusVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
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Nationalité
Activité
Conjoint
Kazys Ladiga (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfant
Marija Ladigaitė-Vildžiūnienė (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Parti politique
Distinction

Stefanija Ladigienė née Paliulytė (23 janvier 1901 – 18 septembre 1967) est une militante féministe catholique lituanienne et rédactrice de magazine. Elle est membre du Troisième Seimas de 1926 à 1927.

Née dans une famille de contrebandiers de livres lituaniens, Ladigienė fréquente des écoles à Saint-Pétersbourg et à Tambov, puis étudie à l'université Vytautas-Magnus sans toutefois obtenir de diplôme. Elle est rédactrice en chef de Moteris (lt), magazine mensuel lituanien catholique féminin publié par l'Organisation des femmes catholiques lituaniennes, en 1920-1922 et du magazine mensuel féminin Naujoji vaidilutė (lt) en 1925-1927. En tant que représentante du Parti démocrate-chrétien lituanien, elle est élue à la troisième Seimas. Plus jeune membre élue, elle est secrétaire de la première session du Seimas, mais n'y exerce pas une activité parlementaire très importante.

Lorsque son mari, le général Kazys Ladiga (en), est démis de ses fonctions dans l'armée lituanienne, la famille s'installe au manoir Gulbinėnų (en) près de Pasvalys où ils établissent une grande ferme. Malgré ses obligations familiales et l'éloignement du lieu, Ladigienė reste active dans la vie publique. Elle organise les femmes du village en une chorale, ouvre des sections des organisations catholiques Pavasarininkai (en) et Angelaičiai (lt) et donne diverses conférences à vocation éducative. Elle s'installe à Vilnius juste avant la Seconde Guerre mondiale durant laquelle elle cache Irena Veisaitė, une jeune fille juive échappée du ghetto de Kovno. Pour avoir tenté de rétablir l'Ateitis, Ladigienė est arrêtée par le NKVD en 1946 et condamnée à dix ans de Goulag. Elle retourne en Lituanie en 1957 et meurt à Vilnius deix ans plus tard.

Enfance et éducation

Ladigienė est née le 23 janvier 1901 à Vabalninkas dans une famille qui compte six enfants : cinq filles et un garçon[1]. Son père, Tomas Paliulis, est un contrebandier de livres lituanien[2]. Ses parents promeuvent la culture et la musique lituaniennes. Le prêtre Adolfas Sabaliauskas (lt) enregistre plusieurs exemples de chants et de jeux folkloriques lituaniens auprès de ses parents[1]. Ladigienė assiste Sabaliauskas et le professeur finlandais Aukusti Niemi (fi) dans l'édition de textes lituaniens de chansons folkloriques[3]. Leur maison est visitée par d'autres militants lituaniens, dont le poète Balys Sruoga et ses frères, l'homme politique Ernestas Galvanauskas, le prêtre Adolfas Sabaliauskas, l'enseignant Jurgis Krikščiūnas, et d'autres encore. Ils organisent occasionnellement des représentations théâtrales dans une grange[1].

Ladigienė fréquente l'école primaire de Vabalninkas et un lycée pendant quatre ans à Biržai. Elle y rejoint Ateitis (en), une organisation de jeunesse catholique lituanienne. Le groupe local constitue une petite bibliothèque de livres lituaniens et publie un bulletin d'information, Inkarėlis[1]. À l'automne 1915, elle part étudier dans un gymnase à Saint-Pétersbourg. Elle est ensuite transférée au lycée de jeunes filles lituanien de la Société Žiburys, évacué de Marijampolė à Tambov en raison de la Première Guerre mondiale. Parallèlement, elle suit divers cours de musique et de langues étrangères, notamment le cours de lituanien organisé par Kazimieras Būga (en)[1]. Elle obtient son diplôme du lycée de Tambov avec une médaille d'or en 1918[4].

Rédactrice en cheffe de magazine

À l'été 1918, Ladigienė retourne en Lituanie et travaille à Vilnius quelques années avant de partir pour Kaunas après la mutinerie de Żeligowski en 1920.

À Kaunas, elle continue de diriger Moteris et travaille également comme correspondante pour Lietuva, le quotidien officiel du gouvernement lituanien[1]. De 1925 à 1927, elle dirige le magazine féminin mensuel Naujoji vaidilutė (lt)[2]. Elle publie deux ouvrages distincts : Moteris apaštalas (L’Apôtre des femmes ; 1934) et Moterystės tikslai ir gėrybės (Objectifs et richesse de la féminité ; 1938)[1]. Dans ses écrits, Ladigienė défend l’idée que les femmes doivent s’instruire, gagner leur vie et mener une existence épanouie et indépendante, sans pour autant négliger leurs devoirs familiaux[5].

En octobre 1920, elle est élue au conseil d'administration du Comité des femmes lituaniennes pour la protection de la patrie (Lietuvos moterų komitetas Tėvynei ginti)[2]. Le comité organise l'approvisionnement des soldats lituaniens et fournit des soins aux soldats revenant des camps de prisonniers de guerre. Cependant, les activités du comité diminuent à la fin des guerres d'indépendance lituaniennes et il est dissous en 1922[6].

En 1922, elle suit son mari, l'officier Kazys Ladiga, en Suisse et en Tchécoslovaquie où il étudie dans des académies militaires[1],[7]. Elle y perfectionne son français et s'intéresse au mouvement Sokol. À leur retour en Lituanie, Ladiga est affecté à Marijampolė et Ladigienė travaille comme professeure de français et d'éducation physique au lycée de Marijampolė[1]. Suite à la mutation de Ladiga, elle retourne à Kaunas et, en octobre 1925, s'inscrit à l'université Vytautas-Magnus où elle étudie la philosophie, la pédagogie, la psychologie et la sociologie pendant trois ans, mais n'obtient pas son diplôme en raison de problèmes familiaux[4].

Membre de la Seimas

En mai 1926, élue au troisième Seimas comme représentante du Parti démocrate-chrétien lituanien, elle figure en troisième position sur la liste du parti dans la circonscription de Raseiniai (IIIe district)[4]. À 25 ans, benjamine du Seimas, elle est secrétaire de la première session[2]. Membre de la commission parlementaire du travail et de la sécurité sociale, elle signe plusieurs interpellations démocrates-chrétiennes[2], mais ne participe que peu aux travaux du Seimas[4].

Elle critique les sociaux-démocrates et les paysans populaires au pouvoir[4]. Elle publie des articles dans l'hebdomadaire éphémère Tautos valia (lt) qui prépare le terrain idéologique pour le coup d'État de décembre 1926 contre le gouvernement du président Kazys Grinius[4]. Son mari participe à l'organisation de ce coup d'État[8] qui porte au pouvoir l'Union nationaliste lituanienne, qui entre en compétition avec les démocrates-chrétiens. Le troisième Seimas est dissout en avril 1927[4].

Propriétaire du manoir

Le manoir de Gulbinėnai en 1939.

En août 1927, son mari Kazys Ladiga est renvoyé de l'armée et la famille s'installa au manoir de Gulbinėnai (lt) près de Pasvalys. Le manoir est pris à la famille Karp et nationalisé en 1924, conformément à la réforme agraire lituanienne de 1922[9]. Ladiga s'étant engagé volontairement dans l'armée lituanienne en 1918, le manoir lui est attribué. Il acquière ensuite davantage de terres et créé une grande ferme produisant de la viande et des produits laitiers[9].

La famille s'efforce d'améliorer le manoir et le village[1]. Ils ouvrent un bureau de poste, une forge, une école primaire et une chapelle. Ladigienė organise une chorale de femmes du village et monte des pièces de théâtre amateur. Elle ouvre également des sections des organisations catholiques Pavasarininkai et Angelaičiai[1]. Elle organise des conférences pédagogiques de trois jours à destination des femmes de 18 villes et villages différents, ainsi que plusieurs autres conférences sur la famille, l'éducation des enfants, la psychologie et d'autres sujets. Elle publie une petite brochure intitulée Gulbinėnų vaikas pour les enfants du village[4].

Elle participe à diverses conférences et réunions d'organisations catholiques, notamment à la première conférence de l'Académie catholique lituanienne des sciences en février 1933. Elle y présente une communication sur le rôle des femmes catholiques dans les sciences. En mars 1938, elle prononce le discours de clôture de la conférence de l'Organisation des femmes catholiques lituaniennes[2].

Dans sa correspondance privée, Ladigienė se plaint que le travail à la ferme et les affaires familiales l'empêchent de s'engager dans la vie publique. Elle a six enfants, trois garçons et trois filles[1].

Seconde Guerre mondiale

À l'automne 1939, après la restitution de Vilnius à la Lituanie conformément au traité d'assistance mutuelle soviéto-lituanien, Ladigienė s'y installe et travaille comme professeure de mathématiques. Après l'occupation soviétique de la Lituanie en juin 1940, Ladiga est arrêtée par le NKVD et le manoir de Gulbinėnai nationalisé. Ladigienė reste à Vilnius[1]. Elle exerce divers métiers, notamment celui de comptable dans un café et de responsable du foyer au Théâtre dramatique russe de Lituanie[3].

Pendant l'occupation allemande, elle vit dans un grand appartement de la rue Trakų[1]. Elle partage cet appartement avec les enseignantes Adelė Dirsytė (lt) et Česlovas Mačys[3]. L'appartement reçoit la visite de plusieurs militants lituaniens, dont l'évêque Mečislovas Reinys (en), le poète Bernardas Brazdžionis (en), le compositeur Konradas Kaveckas (en), l'homme politique Pranas Dovydaitis et l'espionne Marcelė Kubiliūtė[10]. Balys Sruoga rend visite à Ladigienė juste après sa libération du camp de concentration de Stutthof[1]. Dans cet appartement, malgré son statut de veuve et sa situation financière précaire, Ladigienė cache Irena Veisaitė, une jeune fille juive échappée du ghetto de Kovno, et la traite comme son septième enfant du début de 1944 jusqu'à l'arrivée des troupes soviétiques en juillet. Pour cela, Ladigienė est reconnue Juste parmi les Nations en 1992[11].

Goulag soviétique

Après la réoccupation de la Lituanie par les Soviétiques en 1944, Ladigienė est placée sous la surveillance du NKVD[1]. Dans son appartement (désormais réduit à une seule pièce)[1], elle organise des réunions d'intellectuels lituaniens désireux de rétablir l'Ateitis[10]. L'informateur du NKVD Juozas Markulis (lt) assiste à l'une de ces réunions et Ladigienė est arrêtée le 14 mars 1946[1].

Le 11 novembre suivant, le tribunal militaire du NKVD la condamne à dix ans de prison et quatre ans d'exil. Elle est détenue au camp de travail n°501, chargé de la construction du chemin de fer Salekhard-Igarka, puis à l'Angarlag (en), qui construit la ligne principale Baïkal-Amour[4]. Libérée des camps en 1955, elle continue de vivre en exil à Golumet (ru), district de Cheremkhovsky, oblast d'Irkoutsk[10]. Elle y retrouve ses fils Algis et Benediktas qui ont été déportés en 1948-1949[5] et ils retournent en Lituanie en octobre 1957[2].

Ladigienė vit à Vilnius avec sa fille, l'artiste Marija Ladigaitė-Vildžiūnienė (lt). Malgré sa mauvaise santé[1], elle continue à entretenir des contacts avec des intellectuels lituaniens, dont Kazys Boruta (en), Vincas Mykolaitis-Putinas, Marcelė Kubiliūtė, Vytautas Landsbergis, Teofilija Dragūnaitė-Vaičiūnienė (lt), Elena Žalinkevičaitė-Petrauskienė, Juozas Keliuotis (lt), les veuves du général Jonas Juodišius (lt) et le Premier ministre Antanas Merkys[10]. Elle décède le 18 septembre 1967 et est enterrée au cimetière Saltoniškės (lt)[1].

Héritage

Références

Pour en savoir plus

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