Stockage d'énergie par air comprimé
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Le stockage d'énergie par air comprimé, également désigné par le sigle CAES pour l'anglais « compressed air energy storage », est une méthode de stockage de l'énergie permettant d'utiliser de l'énergie en excès à certaines périodes de la journée pour comprimer de l'air, soit dans des cavités naturelles soit dans des réservoirs conçus à cet effet, et de réinjecter cette énergie à des périodes de forte demande que la production ne permet pas de satisfaire. Cette méthode est une alternative au pompage-turbinage qui nécessite un relief adapté et permet en particulier de lisser la production des énergies intermittentes, comme les énergies renouvelables.

Le principe de base du stockage d'énergie par compression de l'air est de stocker l'énergie sous forme de pression d'un gaz, le plus souvent l'air. L'énergie en excédent est utilisée pour comprimer l'air, ce qui augmente non seulement sa pression mais également sa température. Ce processus est exprimé par l'équation adiabatique de la compression :
Où T1 et T2 sont respectivement les températures initiale et finale de l’air, P1 et P2 les pressions initiale et finale, γ le rapport des capacités thermiques à pression constante et à volume constant[1].
La décompression de l'air se fait en passant par une turbine, qui entraîne un générateur produisant de l'électricité, et provoque également une diminution de la température[1].
Utilisation
L'utilisation du stockage d'énergie par air comprimé est particulièrement intéressante pour écrêter les pics de production d'énergies renouvelables, notamment photovoltaïque et éolienne, qui sont aléatoires et intermittentes[2]. Cette solution est étudiée plus tardivement que le stockage par batteries ou le pompage-turbinage. Elle se développe en particulier en Chine et aux États-Unis dans les années 2020. Le rendement de la technologie est en 2025 compris, suivant les installations, entre 64 % et 72 %[3],[4],[5],[6].[7]
| Pays | Région | Commune | Puissance (MW) | Capacité (MWh) | Rendement | Statut | Date d'ouverture |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Huntorf | 290 | 870 | 50% | En service | 1979 | ||
| Alabama | Mc Intosh | 110 | 2860 | 54% | En service | 1991 | |
| Jiangsu | Changzhou | 700 | 2800 | En service | 2022[10]? à vérifier par seconde source[7] | ||
| Hebei | Zhangjiakou | 100 | 400 | En service | 2022[11] | ||
| Shandong | Feicheng | 300 | 1800 | 72,1% | En service | 2024[12] | |
| Californie | Rosamond | 500 | 4000 | En projet | Étude débutée en 2021, achèvement prévu en 2030[13] | ||
| Californie | San Luis Obispo | 400 | 3200 | En projet | ? | ||
| New South Wales | Broken Hill | 200 | 1600 | En projet | Étude débutée en 2022, achèvement prévu en 2029[14] | ||
| Henan | Sanmenxia | 700 | 4200 | En projet | Construction à partir de 2026 |
Willow Rock energy storage center, en Californie, est un projet de CAES développé par la société Hydrostor. Le site pourrait développer une puissance de 500 MW avec une capacité de stockage de 4 GWh. Débuté en 2021, le processus d'étude et de validation est en cours, en décembre 2025, par la California Energy Commission[13];
Broken Hill, en Australie, est un projet de CAES utilisant les galeries d'une ancienne mine comme réservoir, d'une puissance de 200 MW et d'une capacité de 1 600 MWh. L'étude est entamée depuis 2022 et prévue pour s'achever en 2029[14].
Types de technologies
Système conventionnel (CAES)
Les premières usines de stockage d'énergie par air comprimé, construites à Huntorf en et à Mc Intosh en , présentent l'inconvénient d'un faible rendement de l'ordre de 50 %. La chaleur fatale provoquée par la compression n'est pas valorisée et dissipée dans l'atmosphère, c'est une perte d'énergie. Par ailleurs, l'air doit être réchauffé avant son injection dans la turbine qui entraîne le générateur, nécessitant une consommation d'énergie fossile (gaz ou fuel). Cette addition de perte et de consommation d'énergie explique le rendement spécifique très moyen de ces installations dites «conventionnelles»[15],[16].
Système avancé (A-CAES)
Les systèmes dits «avancés» améliorent le rendement global du système, autour de 70 %, en stockant la chaleur fatale issue de la compression pour l'employer ensuite au réchauffage de l'air entrant dans la turbine[15],[17].