Stávros Kallérgis
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Stávros Kallérgis (grec moderne : Σταύρος Καλλέργης), né en 1865 à Chouméri et mort en 1926 en Crète, est un écrivain, éditeur, journaliste et homme politique socialiste grec.
Il naquit à Chouméri, Crète, et était issu d'une ancienne famille aristocratique. Son père, G. Kallergis, était chef et commandant de la province de Mylopotamos. Lors de la révolution crétoise de 1861, il participa à la défense du monastère d'Arkadi, assiégé par les troupes ottomanes. Il parvint à s'échapper et à fuir avec sa famille à Athènes, récompensé par les autorités ottomanes. À Athènes, lui et son épouse furent reçus avec les honneurs au palais.
Stávros Kallérgis, bien qu'ayant grandi dans un milieu aisé, fut initié très tôt aux idées socialistes, dès le lycée. Plus tard, à l'Université d'Athènes, où il étudia l'architecture, il rencontra Rocco Hoidas et Plato Drakoulis et s'impliqua activement dans le mouvement étudiant.
En mai 1890, il fonda à Athènes l'Association socialiste centrale, qui devint le premier noyau socialiste de Grèce et se développa rapidement en sections dans d'autres villes. Le mois suivant, il lança le journal Le Socialiste, dans lequel il développa un programme socialiste particulièrement révolutionnaire pour l'époque. Il y défendait notamment la liberté absolue d'expression et de conscience, la journée de travail de huit heures, un salaire minimum, le dimanche férié, etc. La réalisation de ces objectifs, selon Kallergis, était possible grâce à l'obtention par un parti socialiste de la majorité parlementaire, ainsi qu'à la lutte syndicale et à la publication de livres et de journaux destinés à informer le public,.
En 1893, Kallergis organisa pour la première fois en Grèce la célébration du 1er mai. Après son discours, environ 500 personnes signèrent une résolution exigeant : la fermeture des commerces le dimanche pour permettre aux travailleurs de se reposer, une journée de travail de huit heures et l'octroi de pensions aux personnes en incapacité de travail pour raisons professionnelles, afin qu'elles et leurs familles puissent subvenir à leurs besoins. La résolution fut finalement soumise au Parlement le 1er décembre 1893, après avoir recueilli 2 000 signatures. Cependant, le présidium ayant retardé sa lecture, Kallergis protesta, ce qui entraîna son arrestation et son emprisonnement.
Lors des célébrations du 1er mai suivant, Kallergis fut arrêté, mais acquitté lors du procès qui s'ensuivit. Il partit alors pour Paris où il rencontra Jean Jaurès, Émile Zola, Piotr Kropotkine et d'autres. De retour en Grèce, il constata que le mouvement était divisé et, face à cette situation et à l'hostilité de ses anciens camarades, il quitta Athènes pour s'installer en Crète. Il fut élu plénipotentiaire de l'État crétois et se présenta à plusieurs reprises aux élections législatives de Réthymnon. Finalement, après trois tentatives d'assassinat, il retourna à Athènes et recommença à publier le journal Le Socialiste, mais la publication du journal et son entreprise commerciale échouèrent.
Il mourut en 1926 en Crète, où il s'était installé en 1905 et avait fondé une famille, extrêmement pauvre car il avait dépensé la grande fortune qu'il avait héritée de son père pour les besoins du mouvement socialiste.
Publications
Kallergis a écrit divers articles et traités :
- Guide de l'homme de tous les jours (Οδηγός παντός ανθρώπου) (1892)
- Traité sur le socialisme, le nihilisme et l'anarchie (Πραγματεία περί σοσιαλισμού, μηδενισμού, αναρχίας) (1893)
- L'Encolpion des Travailleurs (Εγκόλπιον του εργάτου) (1893)