Suely Kanayama
guérillera brésilienne, membre du Parti communiste du Brésil (1948-)
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Suely Yumiko Kanayama (nom de code : « Chica ») est une guérillera brésilienne née à Coronel Macedo le . Membre du Parti communiste du Brésil (PCdoB), c'est une combattante dans la guérilla d'Araguaia, un mouvement armé créé dans l'Amazonie brésilienne pour fomenter une révolution rurale et renverser la dictature militaire de l'époque.
| Naissance | |
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| Disparition |
Après (Palestina do Pará, Brejo Grande do Araguaia et Xambioá) (à 25 ans) |
| Décès | |
| Pseudonymes |
Vera, Chica, Suely, Cabocla, Tuca |
| Nationalité | |
| Formation | |
| Activité | |
| Père |
Yutaka Kanayama (d) |
| Mère |
Emi Kanayama (d) |
| Parti politique | |
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| Membre de |
Elle a disparu en à Conceição do Araguaia. Elle fait partie des cas de disparitions forcées examinés par la Commission de vérité, qui enquête sur les décès et les disparitions survenus durant la dictature militaire[1]. Sa dépouille qui n'a pas été retrouvée, et n'a pas pu être ni restituée à sa famille[2].
Biographie
Sueli Yumiko Kanayama est née le à Coronel Macedo, dans l'État de São Paulo[2]. Elle est la fille d'un couple de japonais ayant immigré au Brésil[3]. À l'âge de 4 ans, la famille déménage à Avaré, (État de São Paulo), une ville où elle va poursuivre sa scolarité jusqu'au collège[2]. En 1965, la famille déménage à nouveau et s'installe dans le quartier de Santo Amaro, à São Paulo[2]. Sueli Kanayama fréquenta le lycée et obtient son baccalauréat en 1967[2].
Études universitaires
La jeune femme réussit l'examen d'entrée à Faculté de philosophie, lettres et sciences humaines de l'université de São Paulo[2]. Elle obtient une licence en lettres modernes et étudie le Portugais, l'Allemand et le Japonais[2]. À l'Université, elle fait la connaissance de Rioko Kayano et, ensemble, elles rejoignent l'organisation Ação Popular (pt) (AP) . Plus tard, une autre Nippo-Brésilienne, Nair Yumiko Kobashi (pt), les invite à s'engager au sein du PCdoB . Devenue une des figures de proue du mouvement étudiant à partir de 1967, elle s'inscrit à l'Université de São Paulo une dernière fois, en 1970, avant de rejoindre la clandestinité. Lors d'un hommage posthume[4] qui lui a été rendu, le , un diplôme honorifique lui a été décerné, comme à d'autres étudiants tués pendant la dictature militaire[4].
Guérilla d'Araguaia
Elle arrive à Araguaia fin 1971 et elle est parmi les dernières à rejoindre le Détachement B de la guérilla, commandé par le commandant Osvaldão (pt). Elle reçoit le nom de code « Chica ». Petite et mince, elle apprend le maniement des arbres et à survivre dans la jungle, malgré son mauvais sens de l'orientation relaté dans un rapport de l'armée brésilienne de 1993[1]. Elle travaille comme aide-soignante sous la supervision du docteur João Carlos Haas Sobrinho (pt)[1]. En , la Guérilla d'Araguaia subit de nombreuses persécutions et attaques de l'armée régulière brésilienne. Suely Yumiko Kanayama quitte son groupe de combattants, le avec un autre guérillero, José Maurílio Patrício, pour tenter de retrouver deux compagnons perdus dans la jungle[5]. Peu après son départ, son groupe est attaqué.
Suely disparait dans la jungle jusqu'en . Il existe plusieurs versions de la mort de « Chica ». La plus répandue raconte que, cernée par une patrouille de l'armée, elle refuse de se rendre et riposte en ouvrant le feu, blessant un soldat : elle est alors tuée[6]. Une autre version, basée sur le témoignage d'un sergent de l'armée, affirme qu'elle fut capturée, blessée lors de l'affrontement, torturée et exécutée par injection létale à la base de Bacaba[7].
Portée disparue
Concernant la dissimulation du corps de Kanayama, le colonel de l'armée de l'air Pedro Cabral déclare, en 1993, que la dépouille de la guérillera avait été enterrée à la base de Bacaba, un site construit par l'armée pour les interrogatoires et la détention de prisonniers. Lors de l'opération de «nettoyage» menée par l'armée début 1975, son corps, intact, nu, à la peau très blanche et sans aucun signe de décomposition, hormis des impacts de balles[2] aurait été exhumé et transporté par hélicoptère jusqu'à la Serra das Andorinhas (pt) au nord de la zone de conflit. Il aurait été brûlé fut avec de l'essence mélangée à de vieux pneus[8]. Officiellement considérée comme victime d'une disparition forcée, une rue du quartier de Campo Grande, à Rio de Janeiro, et une autre à Campinas, dans l'État de São Paulo portent son nom.
Conclusion de la Commission nationale de la vérité (CNV)
La Commission nationale de la vérité (CNV) considère Suely Yumiko Kanayama comme une disparition politique, puisque sa dépouille n'a pas été rendue à sa famille, empêchant son enterrement jusqu'à ce jour. Suely Yumiko Kanayama est reconnue comme une combattante de la résistance Nikkei et est décrite dans certains articles comme une représentante du militantisme japonais, souvent comparée aux Kamikazes qui ont donné leur vie pour un idéal[9].