Suicide d'Hermann Göring
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Le suicide d'Hermann Göring est survenu le 15 octobre 1946 dans la prison de Nuremberg quelques heures avant son exécution prévue à l’issue du Procès de Nuremberg. Condamné à mort par pendaison pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, Göring se donna la mort en ingérant une capsule de cyanure de potassium, échappant ainsi à la sentence judiciaire.
Göring est capturé le 9 mai 1945, un jour après la capitulation allemande. Il se rend volontairement aux forces américaines près de Radstadt en actuel Autriche, accompagné de sa famille et d'un convoi de véhicule[1].
Il tente alors de se rapprocher des forces alliés pour éviter d'être capturé par les Soviétiques, qu'il craint particulièrement. Lors de sa capture, il est en uniforme, avec plusieurs objets personnels et aurait même déclaré au américain vouloir parler au commandement, se considérant comme une figure importante[1].
Au moment de sa capture, Göring possédait plus de 20 000 comprimés de paracodéine, dont il étais fortement addict[1].
Il est d'abord emprisonné dans le Palais de Fischhorn. Le jour suivant, il est emmené à Kitzbuhel, avant d'être transporté en Allemagne où il devra finalement être remis a la justice de Nuremberg.
Procès et condamnation
Dès l’ouverture du procès, le 20 novembre 1945 devant le Tribunal militaire international, Göring apparaît immédiatement comme la figure dominante parmi les accusés, étant un ancien Reichsmarschall, chef de la Luftwaffe, fondateur de la Gestapo et successeur désigné d'Adolf Hitler, il incarne à lui seul une large part de l’appareil étatique et criminel du Troisième Reich. Selon les comptes rendus du tribunal et les analyses de l’United States Holocaust Memorial Museum, il adopte dès les premières audiences une attitude assurée, presque théâtrale, cherchant à se présenter non comme un criminel mais comme un homme d’État agissant dans le cadre de la souveraineté nationale allemande. Il reconnaît certains faits matériels mais en conteste systématiquement la qualification pénale, notamment en ce qui concerne les crimes contre l’humanité, une notion encore juridiquement nouvelle à l’époque[2].
L’accusation, dirigée notamment par le procureur américain Robert H. Jackson, construit son dossier en démontrant que Göring n’était pas seulement un exécutant, mais un acteur clé de la planification et de la mise en œuvre des politiques agressives et criminelles du régime nazi. Il est ainsi directement lié à la création du système concentrationnaire, à la spoliation économique des territoires occupés, et à la coordination de la Solution finale[3].
Göring fait preuve d’une remarquable habileté rhétorique. Il tente de retourner certaines accusations, met en avant le contexte de guerre totale, et cherche à discréditer la légitimité morale des vainqueurs en évoquant les bombardements alliés, une stratégie analysée par de nombreux historiens comme une tentative de relativisation des crimes nazis plutôt qu’une véritable défense juridique[3]. Néanmoins, face aux preuves documentaires, dont des ordres signés, procès-verbaux, témoignages, sa ligne de défense s’effrite progressivement, bien qu’il conserve jusqu’au bout une posture de défi[2]. Les sources issues du projet « Nuremberg Trials » de la faculté de droit de l’Université du Missouri-Kansas City et les archives du tribunal montrent également qu’il exerce une influence notable sur les autres accusés, tentant de maintenir une certaine cohésion et de donner une ligne de conduite commune, ce qui renforce l’impression qu’il demeure, même en captivité, une figure d’autorité[3].
Il est inculpé de quatre chefs principaux, dont crimes de guerres et crimes contre l'humanité. Le tribunal souligne explicitement qu’il fut l’un des principaux architectes du régime nazi, et qu’à ce titre sa responsabilité est particulièrement lourde.
Le 1er octobre 1946, il est reconnu coupable sur tous les chefs d’accusation et condamné à mort par pendaison. Il demande a être fusillé, demandant une "mort digne d'un soldat". La requête est refusé par le tribunal[4],[5].
