Suite génératrice
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En mathématiques, une suite génératrice ou complète est une suite de nombres naturels pour laquelle chaque entier positif peut être exprimé comme une somme de valeurs de la suite, chaque valeur étant utilisée au plus une fois.
Par exemple, la suite des puissances de deux (1, 2, 4, 8, ...), base du système binaire, est une suite complète ; pour tout entier naturel, on peut choisir les valeurs correspondant aux bits égaux à 1 dans sa représentation binaire et les additionner pour obtenir ce nombre (par exemple, 37 = 100101 2 = 1 + 4 + 32). Cette suite est minimale, car on ne peut en retirer aucune valeur sans rendre certains nombres naturels impossibles à représenter. Les nombres pairs constituent un exemple simple de suite incomplète, car la somme des nombres pairs ne produit que des nombres pairs, aucun nombre impair ne pouvant être formé comme somme de nombres pairs.
Conditions d'exhaustivité
Sans perte de généralité, on suppose que la suite an est en ordre non décroissant, et on définit la suite an comme la suite des sommes partielles de an comme :
- .
Alors, les conditions
sont suffisantes pour qu'une suite an soit génératrice[1],[2].
Un corollaire de ce qui précède établit que
sont à la fois nécessaires et suffisantes pour qu'une suite an soit génératrice[3].
Cependant, il existe des suites génératrices qui ne vérifient pas ce corollaire, par exemple la suite A203074 de l'OEIS, composées du nombre 1 et du plus petit nombre premier supérieur à chaque puissance de 2.
Autres suites génératrices
Les suites génératrices comprennent :
- La suite du nombre 1 suivi des nombres premiers (étudiée par SS Pillai et d'autres) ; ceci découle du postulat de Bertrand.
- La suite des nombres pratiques dont le premier terme est 1 et qui contient toutes les autres puissances de 2 comme sous-ensemble. suite A005153 de l'OEIS
- Les nombres de Fibonacci, ainsi que les nombres de Fibonacci auxquels on a retiré un nombre quelconque[1]. Ceci découle de l'identité selon laquelle la somme des n premiers nombres de Fibonacci est le (n + 2)-ième nombre de Fibonacci moins 1.
Applications
De même que les puissances de deux forment une suite génératrice grâce au système binaire, toute suite génératrice peut en fait servir à encoder des entiers sous forme de chaînes de bits. Le bit le plus à droite correspond au premier élément de la séquence, le suivant au suivant, et ainsi de suite. Les bits à 1 sont inclus dans la somme. Ces représentations toutefois peuvent ne pas être uniques.
Codage de Fibonacci
Par exemple, dans le système arithmétique de Fibonacci, basé sur la suite de Fibonacci, le nombre 17 peut être codé de six manières différentes :
- 110111 (F6 + F5 + F3 + F2 + F1 = 8 + 5 + 2 + 1 + 1 = 17, forme maximale)
- 111001 (F6 + F5 + F4 + F1 = 8 + 5 + 3 + 1 = 17)
- 111010 (F6 + F5 + F4 + F2 = 8 + 5 + 3 + 1 = 17)
- 1000111 (F7 + F3 + F2 + F1 = 13 + 2 + 1 + 1 = 17)
- 1001001 (F7 + F4 + F1 = 13 + 3 + 1 = 17)
- 1001010 (F7 + F4 + F2 = 13 + 3 + 1 = 17, forme minimale, celle utilisée dans le codage de Fibonacci)
La forme maximale ci-dessus utilise toujours F1 et se termine toujours par un 1. Le codage complet, sans le 1 final, se trouve dans la suite A104326 de l'OEIS En supprimant le 1 final, le codage de 17 ci-dessus correspond au 16e terme de A104326. La forme minimale n'utilise jamais F1 et se termine toujours par un zéro. Le codage complet, sans le zéro final, se trouve dans la suite A014417 de l'OEIS Ce codage est connu sous le nom de représentation de Zeckendorf.
Dans ce système de numération, toute sous-chaîne « 100 » peut être remplacée par « 011 » et inversement, conséquence directe de la définition des nombres de Fibonacci[4]. L'application continue de ces règles permet de passer du maximum au minimum, et inversement. Le fait que tout nombre (supérieur à 1) puisse être représenté par un 0 final implique qu'il est toujours possible d'ajouter 1. Or, comme 1 et 2 peuvent être représentés en codage de Fibonacci, la complétude se déduit par récurrence.