Suspension des véhicules hippomobiles

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Une voiture hippomobile est un véhicule à traction animale, strictement le cheval ou animaux de la même famille. Par opposition à d'autres animaux destinés à la traction, le cheval peut atteindre des vitesses relativement élevées, ce qui implique des secousses et cahots entraînant un inconfort pour les passagers. Le problème d'amortir ces cahots s'est donc posé assez tôt, donnant lieu aux diverses solutions de suspension.

Un véhicule se compose de plusieurs parties : un châssis portant les roues et une caisse constituant le corps du véhicule où se trouvent passagers et marchandises. Le problème consiste à éviter les secousses entre l'ensemble roues-châssis et la caisse.

Ressort en bois

Reconstitution d’une voiture de voyage romaine, Römisch-Germanisches Museum, Cologne, Allemagne. Suspension par soupentes fixées à des moutons
Coche, interprétation d'une gravure de 1568 par Jean-Claude Pertuzé

La première solution consiste à suspendre la caisse à des montants solidaires du châssis, par l'intermédiaire d'éléments relativement élastiques. Certains chars celtes reconstitués par les archéologues montrent que leur plancher était fait d'un lattis de bois fixé à des sortes de soupentes. Des voitures de l'époque romaine, principalement en Thrace, étaient suspendues, mais cet usage semble disparaître pendant le haut Moyen Âge. On retrouve ensuite des chars branlants, où la caisse en osier se balance entre des soupentes placées dans le sens longitudinal. La première représentation d'un coche (1658) montre une caisse portée par des tiges vraisemblablement métalliques, l'élasticité du métal jouant le rôle d'amortisseur. Plus tard, les montants sont de solides piliers de bois, les moutons, qui soutiennent la caisse par des soupentes : parfois chaînes de fer, puis épaisses lanières de cuir. Les moutons sont souvent courbes, en forme de C (parfois doublés d'un mouton droit) afin de jouer sur l'élasticité du bois, et ce système perdurera longtemps après l'apparition des ressorts métalliques car ceux-ci, dans les pays anglo-saxons, étaient lourdement taxés. Jusqu'au XVIIe siècle, la solution des soupentes de cuir est universellement employée, arrivant à un degré de sophistication élevé. Les suspensions comportent un cric qui permet de régler la tension des soupentes. Des ressorts métalliques courbes viennent s'intercaler entre la caisse et les soupentes. La rupture d'une soupente reste cependant un risque : elle entraîne un basculement de la caisse et parfois de tout le véhicule. Il faudra l'apparition de la berline, reposant sur deux poutres, contrairement au carrosse qui ne portait que sur une poutre centrale, pour limiter les conséquences souvent désastreuses d'une rupture de soupente.

Certaines voitures n'ont pour suspension que la flexibilité du bois : c'est le cas du tarantass russe, où une poutre unique d'une très grande longueur assure un certain amortissement. La chaise elle-même, placée sur un long brancard bien en avant de l'essieu, bénéficie de cette souplesse. De nombreux travaux, jusqu'au XIXe siècle, tentent d'utiliser l'élasticité du bois pour réaliser des suspensions, c'est le cas de plusieurs britanniques. À partir de la chaise française, Robert Hooke propose de doubler le brancard d'un second, placé en porte-à-faux, qui soutiendrait la caisse et assurerait la suspension, ce qui permettrait de placer la caisse, et donc la charge principale, au-dessus de l'essieu et ainsi de soulager le cheval d'un poids assez considérable. Cette proposition ne fut pas suivie, bien que des réalisations concluantes aient été faites ultérieurement. Certaines petites chaises proches de la chaise à porteurs, à traction humaine, les vinaigrettes, disposaient d'un système de suspension avec des ressorts en bois.

Ressorts métalliques

Suspensions contemporaines

Sources

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