Sussan Penelope Ley, née Susan Penelope Braybrooks[1] le à Kano[2], est une femme politique australienne. Son nom se prononce «Susan Lee»[3],[4].
Jeunesse
Fille de parents britanniques, plus précisément anglais, elle naît au Nigeria peu après l'indépendance de ce pays. Sa famille émigre aux États de la Trêve (les actuels Émirats arabes unis) lorsqu'elle a un an, et c'est là qu'elle grandit. Son père travaille pour le MI6, le servics de renseignement britannique, et la famille vit successivement à différents endroits des émirats; sa mère est infirmière. Elle est scolarisée dans une école anglophone locale, puis envoyée en pensionnat dans le Sussex, en Angleterre à l'âge de 10 ans. En juillet 1974, la famille émigre en Australie, s'installant initialement comme éleveurs à Toowoomba. Ne parvenant pas à vivre de cette activité, ils déménagent à Canberra après seulement quelques mois, et son père trouve un emploi dans la police fédérale[5],[1],[6],[7].
Sussan Ley déteste sa scolarité à Canberra, étant moquée par ses camarades de classe en raison de son accent anglais[1]. Adolescente, elle s'adonne au punk rock, adoptant «des cheveux violets en piques, du noir à lèvres et de nombreux piercings», des lunettes de soleil orange vif, «un collier pour chiens autour du coup et une lame de rasoir dans l'oreille», tout en ayant des idées politiques conservatrices[5],[1],[6]. À la fin de sa scolarité, elle change officiellement son prénom en «Sussan», y rajoutant un «s» car elle est convaincue par la numérologie que le nombre de lettres dans son nom peut influer sur son destin[5],[6]. À l'âge de 19 ans elle prend des cours de vol, qu'elle finance en ayant trois emplois simultanés (dont un emploi de serveuse et un comme femme de ménage dans un magasin); elle obtient son brevet de pilote à 20 ans. Elle trouve alors un emploi comme contrôleuse aérienne à Sydney, avant de s'établir sur une ferme près de Thargomindah(en) dans le Queensland, où elle est pilote puis cuisinière. Elle y épouse un agriculteur, s'installe avec lui sur la ferme de sa famille (à lui), et le couple a trois enfants[5],[8],[1].
Trentenaire, elle étudie l'économie à temps partiel à l'université La Trobe, tout en élevant ses jeunes enfants (elle apporte parfois son bébé en classe) et en travaillant à la ferme. Après sa licence, elle trouve un emploi au bureau des impôts à Albury, en Nouvelle-Galles du Sud, et étudie dans le même temps pour un Master de gestion à l'université Charles Sturt. Ses études, étant faites à temps partiel, lui prennent en tout dix ans[8],[1],[2],[7].
Le 23 décembre 2014, elle entre au gouvernement du Premier ministre Tony Abbott comme ministre de la Santé et ministre des Sports. Le 30 septembre 2015, le nouveau Premier ministre Malcolm Turnbull la conserve à ces fonctions tout en la nomme aussi ministre des Soins pour les Personnes âgées. Elle démissionne de ses ministères le 13 janvier 2017 en raison d'un scandale dû à l'utilisation de fonds publics à des fins personnelles par plusieurs ministres et parlementaires; Sussan Ley a utilisé de l'argent public pour se rendre à deux fêtes organisées par un riche homme d'affaires proche du parti[2],[9].
Le 29 mai 2019, le Premier ministre Scott Morrison la nomme ministre de l'Environnement[2]. À ce poste, elle fait appel avec succès d'une décision de justice qui lui enjoint de prendre en compte l'effet du réchauffement climatique sur la santé publique, notamment des enfants, avant d'approuver l'ouverture de nouvelles mines de charbon[10]. En 2022, peu avant les élections législatives, elle abroge les plans de sauvegarde de cent-soixante-seize espèces menacées et de leurs habitats naturels, notamment le diable de Tasmanie[11].
Menant une campagne très marquée à droite, Peter Dutton mène le parti au pire résultat de son histoire lors des élections législatives fédérales de 2025 et, le 13 mai, le parti choisit Sussan Ley comme nouvelle cheffe, et de ce fait comme cheffe de l'opposition parlementaire face au gouvernement travailliste d'Anthony Albanese. Elle devient alors la première femme à diriger son parti, ainsi que la première à occuper le rôle de cheffe de l'opposition. Son élection est perçue comme une volonté du parti de renouer avec un centre-droit modéré[5],[6].
Seulement quelques jours après son élection, le , le Parti national d'Australie annonce rompre la Coalition l'unissant au Parti libéral depuis 1987[12]. Un accord est finalement conclu entre Ley et le chef du Parti national David Littleproud pour reformer l'alliance le [13].
Le , l'ensemble des membres du cabinet fantôme issus du Parti national annoncent leur démission[15]. David Littleproud annonce alors la fin de la Coalition, marquant la deuxième rupture de l'alliance en moins d'un an[16]. Nationaux et libéraux trouvent toutefois un nouvel accord pour la reformer le [17].
Le , son ministre fantôme de la défense et rival lors de l'élection à la direction de 2025, Angus Taylor démissionne du cabinet fantôme, expliquant que le Parti libéral est dans la «pire situation» depuis sa création et ne plus avoir confiance à Sussan Ley pour le diriger[18]. Plusieurs autres membres du cabinet fantôme annoncent alors également leur démission et une élection interne est convoquée pour le [19]. Ley ne remporte que 17 voix lors de ce scrutin, tandis que Taylor en remporte 34 et lui succède à la tête du parti et de l'opposition[20]. Quelques heures après sa défaite, elle annonce son intention de démissionner en cours de législature de son mandat à la Chambre des représentants au cours des semaines à venir et de quitter la vie politique[21].