À moins d'être nulle, l'attaque syllabique ne peut être qu'une seule consonne ou une consonne suivie d'une liquide, /l/ ou /r/ ; les groupes autorisés sont les suivants :
| /pr, pl/ | /br, bl/ | /tr, Ø/ | /dr, dl/ | /kr, kl/ |
/gr, gl/ |
- Exemples : transcrito /trans.'kri.to/ « transcrit », gran /gran/ « grand », etc.
N. B. : la tranche */tl/ n'est pas possible en attaque (notation par /Ø/ : « ensemble vide »).
/fr, fl/
- Exemples : franqueza /fraŋ.'ke.θa/ « franchise », flor /flor/ « fleur », etc.
N. B. : l'absence de phonème /v/ en castillan interdit évidemment les groupes /vr/ et /vl/.
L'impossibilité d'avoir en castillan une attaque autre que /C/ ou /CR/ — et encore toutes les possibilités ne sont pas réalisées dans ce dernier cas de figure — explique que des mots comme Tlön ou stop soient impossibles. Ils seraient remplacés respectivement par Telön (anaptyxe) et estop (prosthèse). Le découpage syllabique doit en tenir compte : Atlántico vaut /at.'lan.ti.ko/ et non */a.'tlan.ti.co/ « Atlantique ».
À moins d'être nulle, elle peut être représentée par une seule consonne, ou une sonante /n/ ou /r/ suivie d'un /s/, soient /ns/ ou /rs/. Aussi est-il possible de trouver une consonne /k/ suivie d'un /s/ avec la graphie x.
- Exemples : transcrito /trans.'kri.to/ « transcrit », constitución /kons.ti.tu.'θion/ « constitution », perspicaz /pers.pi.'kaθ/ « perspicace », extremo /eks.'tre.mo/ « extrême », etc., et non */tran.'skri.to/, etc., en vertu de la structure de l'attaque.
Le castillan utilise à l'écrit quatre consonnes géminées dont il convient d'analyser le poids. Deux ne sont que des digrammes ne représentant qu'une seule consonne chacun : rr (écrit r en début de mot) valant /rː/ réalisé [r] (vibrante roulée apico-alvéolaire ; le /r/ simple est une battue, [ɾ] : les deux phonèmes s'opposant par le nombre de battements, c'est phonologiquement une opposition de quantité) et ll valant /ʎ/. Ainsi, un découpage syllabique ne doit pas considérer ces deux digrammes comme des suites de consonnes, mais comme des consonnes simples : perro /'pe.rːo/ « chien », calle /'ca.ʎe/ « rue », raro /'rːa.ro/ « étrange ».
Enfin, les deux autres géminées, à savoir cc et nn, notent chacune deux consonnes : /kθ/ dans le premier cas, /nn/ dans le second (et non /nː/, qui n'existe pas dans la langue). Il convient donc d'appliquer les règles générales pour savoir comment couper : accidente /ak.θi.'den.te/ « accident », perenne /pe.'ren.ne/ « pérenne », etc.
Évidemment, le digramme ch ne compte que pour une seule consonne, soit /č/ : chupar /ču.'par/ « sucer », et la lettre double x pour deux consonnes, /ks/, à l'intervocalique, comme dans éxito /'ek.si.to/ « réussite », mais optionnellement une seule, /s/, devant une autre consonne : explicar /es.pli.'kar/ ou /eks.pli.'kar/ « expliquer ».