Synagogue d'Altkirch
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| Synagogue d'Altkirch | |
Synagogue d'Altkirch en 2008 | |
| Présentation | |
|---|---|
| Culte | Judaïsme |
| Type | Synagogue |
| Début de la construction | 1834 |
| Géographie | |
| Pays | |
| Région | Alsace |
| Département | Haut-Rhin |
| Commune | Altkirch |
| Coordonnées | 47° 37′ 16″ nord, 7° 14′ 13″ est |
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La synagogue d'Altkirch est un bâtiment datant de la première moitié du XIXe siècle, inscrit à l'inventaire général du patrimoine culturel. Il constituait le lieu de culte de la communauté juive d'Altkirch, jusqu'à ce que cette communauté vienne à se réduire considérablement puis s'éteindre. Le Consistoire Israélite du Haut-Rhin met en vente le bâtiment en 2022 qui est acquis par un particulier.
Histoire de la communauté juive d'Altkirch
La présence des Juifs dans le Haut-Rhin est mentionnée dans les archives départementales à partir du XIIIe siècle. 21 communautés y ont existé au Moyen Âge, dont celle d'Altkirch, probablement créée dans le premier quart du XIVe siècle[1]. Les persécutions anti-juives de la première moitié du XIVe siècle ne semblent pas avoir touché la population juive d'Altkirch. Du moins, elles n'y ont pas laissé de trace historique, que ce soit le mouvement insurrectionnel de paysans pauvres, les Judenschläger (ou tueurs de Juifs), mené en 1338 par un aubergiste surnommé Armleder, ni les massacres de 1349 liés à la peste noire, les Juifs étant alors accusés d’avoir empoisonné les puits[2]. Cependant, en 1349, les Juifs d'Altkirch pourraient avoir quitté la ville pour se réfugier à Bâle[3].
Ensuite, différents écrits mentionnent explicitement la présence de Juifs à Altkirch : émigration de familles juives d’Altkirch vers Bâle (1365) et vers Mulhouse (1410), obligation faite aux Juifs d'Altkirch de produire leurs dettes (1396), emprisonnement de toute la population juive d'Altkirch pour une affaire d'impôts (1435)[3]. La dernière mention connue d'une présence juive à Altkirch au Moyen Âge date de 1469[3]. Elle a dû précéder de peu la fin de la communauté juive médiévale.
Environ trois siècles se passeront avant qu'une présence juive ne réapparaisse à Altkirch vers 1805. A la déclaration des prises de nom patronymique des Juifs de 1808, Altkirch compte 8 familles juives, soit 53 personnes. Pour l'essentiel, ces familles viennent probablement des villages de la Baronnie d'Altkirch (Froeningen, Hirsingue, Luemschwiller, Pfastatt, Seppois-le-Bas, Zillisheim) où des Juifs furent présents au moins depuis la seconde moitié du XVIIe siècle. Cette communauté se dote rapidement d'un lieu de culte, dans le secteur de la place des Trois-Rois, peut-être au 3 rue des Trois-Rois où se trouveraient les vestiges du bain rituel (mikvé).
En 1834 débute l'édification de l'actuelle synagogue. À partir de 1844, Altkirch est le siège d’un rabbinat desservant également Wittersdorf, Luemschwiller, Hirsingue et Hagenbach[4].
La croissance de la communauté juive est alors rapide. Ainsi le recensement de 1883 dénombre 272 Juifs à Altkirch. La population juive d'Altkirch aurait atteint et dépassé 300 personnes à partir de 1846 et au moins jusqu'en 1861[5].
Néanmoins, dans la première moitié du XIXe siècle, un fort climat d’antisémitisme règne dans la région et les Juifs se rendant au marché (foire aux bestiaux) d’Altkirch sont régulièrement attaqués sur les routes. Le éclatent des émeutes anti-juives. Ces exactions très violentes, appelées Juden Rumpel ou Judenrumpell, prirent la forme d'un saccage des maisons juives, heureusement sans perte de vie humaine à la différence des pogroms d'Europe de l'est. Répandues dans toute l'Alsace, les exactions du Juden Rumpel frappèrent tout particulièrement les communautés juives de Durmenach et de ses environs où quasiment toutes les maisons furent pillées et incendiées. Nombre d’habitants juifs de Durmenach vont alors se réfugier à Altkirch ou à Bâle[6]. Ce sera la dernière émeute antisémite en France. Elle a été largement popularisée par les lithographies de l'imprimeur d'Altkirch, Benoît Boehrer[7].
La nouvelle synagogue[8] est fortement endommagée au cours des émeutes de 1848, de même que des habitations juives[9]. La municipalité doit payer 9 200 francs de réparations. En 1864 la municipalité d'Altkirch propose un cimetière[10] à sa communauté juive, laquelle dispose également d’une école et d’un bain rituel.
Des familles entières quittent la région après l’invasion prussienne de 1870 puis en raison de l’industrialisation. La communauté juive d'Altkirch ne compte plus que 116 personnes en 1936[1].
Sous l'occupation allemande, les Juifs quittent Altkirch entre juillet et . La synagogue est alors transformée en cinéma. Malgré les déportations, une communauté juive se recrée à Altkirch après 1945, qui survivra quelque temps du fait de l'apport des toutes petites communautés rurales proches, quittées par leurs Juifs. Mais, petit à petit, comme toutes les communautés juives du Sundgau, la communauté juive d'Altkirch va s'éteindre. Le dernier Juif d’Altkirch est décédé à l’été 2016. Il n’y a aujourd'hui plus d’offices religieux à la synagogue d’Altkirch
Elle est mise en vente en 2022[11] et acquise par des particuliers pour en faire leur résidence[12].