Synagogue d'Olmütz (1897-1939)
From Wikipedia, the free encyclopedia

La synagogue d'Olmütz ou synagogue d'Olomouc a été inaugurée en 1897 et détruite en par des nazis locaux, le soir même de l'occupation de la Tchécoslovaquie par les troupes allemandes.
Olmütz fait partie jusqu'en 1918 de la monarchie autrichienne puis de l'Autriche-Hongrie et devient tchécoslovaque après la Première Guerre mondiale sous le nom tchèque d'Olomouc. Le , la Wehrmacht occupe la ville, qui reprend son nom d'Olmütz et est intégrée au protectorat de Bohême-Moravie. Après la Seconde Guerre mondiale, la ville est rendue à la Tchécoslovaquie et reprend le nom d'Olomouc. Actuellement Olomouc est une capitale régionale de 102 000 habitants au centre de la Moravie, en Tchéquie.
Au Moyen Âge jusqu'à l'expulsion de 1454
La présence de marchands et négociants juifs est attestée au moins depuis le XIe siècle. Le marchand juif Yitzhak Dorbelo fait référence dans ses écrits de voyage à l'existence d'un quartier juif vers 1140 dans une ville qu'il dénomme Almiz ou Olmiz. Dans les années 1239-1246, Olmütz devient une ville royale. Une charte, signée par l'empereur Rodolphe Ier de Habsbourg le , indique clairement que les dépenses municipales, y compris le coût des fortifications doivent être supportées par tous les citoyens y compris les Juifs résidant dans la ville. Le Registre juif, écrit en latin et consignant tous les prêts effectués par les Juifs a été conservé pour la période 1413-1420[1]. En 1445, un document mentionne un Vogt (préfet) juif du nom de Nicolas l'Apothicaire et un autre daté de 1434 indique qu'Augustinian, fuyant la ville de Proßnitz, a acheté à la juive Gail Aronova, une maison située dans la Judengasse, en face de la Judenschul (synagogue).
C'est la fin de la période faste pour la communauté juive. Entrainé par les sermons du moine franciscain Jean de Capistran, le roi Ladislas Ier promulgue le , un décret expulsant les Juifs d'Olmütz[2] de Mährisch Neustadt (actuellement Uničov) et de la plupart des autres villes royales de Moravie et donnant leurs maisons, synagogues et cimetières à la municipalité. Les Juifs doivent avoir quitté la ville au plus tard le 11 novembre, en laissant leurs biens, en contrepartie de quoi, les autres citoyens se voient obligés de payer au roi la taxe annuelle juive de 40 fois 60 groschens, due pour les fêtes de la Saint-Georges et de la Saint-Gall. Les Juifs expulsés trouvent refuge dans les villes féodales avoisinantes de Proßnitz (Prostějov), Tobitschau (Tovačov), Prerau (Přerov), Leipnik (Lipník nad Bečvou) et de Mährisch Aussee (Úsov), où se créent des communautés juives. Pendant quatre siècles, les Juifs ne pourront s'installer dans aucune ville royale, et plus tard dans aucun bourg fortifié. Exceptionnellement, la société juive Witte obtient en 1622, un bail de l'empereur Ferdinand II pour battre monnaie à l'hôtel de la Monnaie d'Olmütz.
En 1745, l'impératrice Marie-Thérèse réaffirme l'interdiction aux Juifs de résider à Olmütz. Des taxes importantes, le Leibmaut, sont perçues sur les Juifs désirant obtenir l'autorisation d'entrer en la ville pour participer à des marchés. Les Juifs ont l'autorisation certains jours de mener leurs affaires mais uniquement dans les faubourgs de la ville, principalement à Bělidla, où des documents prouvent l'existence entre 1792 et 1861, d'une auberge publique juive, louée par Lazar Flamm et d'une salle de prière privée au début du XIXe siècle. L'interdiction stricte est occasionnellement levée à cette époque, mais contre paiement d'une redevance spéciale très élevée.
Aux XIXe et XXe siècles jusqu'à la Seconde Guerre mondiale
Ce n'est qu'à partir de 1848, que la population juive obtient ses pleins droits civils, avec une liberté totale de résidence. Rapidement de nombreuses familles juives des petites villes et villages alentour s'installent dans les grandes villes, maintenant accessibles, à la recherche de meilleurs conditions économiques.
En 1865, est fondée à Olmütz la Izraelitische Cultusverein (Association cultuelle israélite), et en 1892, celle-ci acquiert le statut de communauté religieuse indépendante. D'autres sociétés religieuses existent aussi à la fin du XIXe et au début du XXe siècle dans le faubourg Paulowitz (Pavlovičky) et dans les villes voisines de Sternberg (Šternberk), Mährisch Neustadt (Uničov) et Littau (Litovel).
En 1897, Olmütz accueille le premier congrès sioniste qui se tient dans l'Empire autrichien et reçoit Theodor Herzl. La communauté possède de nombreuses associations caritatives, culturelles et sportives: une Hevra Kaddisha (Société du dernier devoir), l'Association caritative féminine fondée en 1893, une association d'éducation physique et sportive créée en 1901 et renommée Club sportif TJ Makkabi en 1927. En 1906, la communauté possède 46 associations charitables avec des ressources totales de 62 000 couronnes. Pendant la Première Guerre mondiale, celles-ci doivent faire face à un afflux de réfugiés juifs en provenance de Galicie.
En 1869, il y a 747 Juifs vivant à Olmütz, en 1880 on en compte déjà 1 254, et en 1900 1 676. Lors du recensement de 1921, il y a 2 077 citoyens de confession juive. Enfin en 1930 leur nombre atteint 2 198[3].
La Seconde Guerre mondiale et la Shoah
Après l'entrée des troupes allemandes en Tchécoslovaquie le , et sa transformation en protectorat de Bohême-Moravie, les citoyens d'origine juive sont graduellement privés de leurs droits civils puis de leurs biens. Lors de cinq convois, le (nom de code: Aaf)[4]; le (Aag)[5]; le (Aam)[6]; le (Aao)[7] et le (AE7)[8], 3 498 Juifs d'Olmütz et des alentours sont déportés au camp de concentration de Theresienstadt et de là vers les camps d'extermination de l'Est.
Le petit nombre de Juifs survivants, revenus à Olomouc, rétablissent rapidement une nouvelle communauté religieuse. Leur nombre va s'amenuiser en raison d'une émigration vers Israël, et en 1962, la communauté d'Olomouc est rattachée à celle d'Ostrava, ville située à une centaine de kilomètres. Les transformations démocratiques en République tchèque à partir de 1989, entraine un renouveau des pratiques et cérémonies religieuses à Olomouc, et le , une communauté religieuse autonome est rétablie, couvrant les districts d'Olomouc, de Šumperk, de Jeseník, de Bruntál et de Přerov.
Le , l'ambassadeur d'Israël en République tchèque dévoile une plaque, œuvre du sculpteur Miloš Brückner, à la mémoire des victimes juives du nazisme. Cette plaque est fixée sur le mur de l'école élémentaire de la rue Hálek, où les Juifs d'Olomouc avaient été regroupés avant d'être déportés en 1942.



