Système d'éducation à trois vitesses

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Au Québec, le système d'éducation à trois vitesse[1] désigne la stratification du système scolaire en trois niveaux distincts[2] :

  1. École publique avec un cheminement régulier. Les écoles publiques sans programmes particuliers ou de sélection accessible à tous les élèves de la zone de desserte, sans frais particulier ni de processus d'admission.
  2. Programmes publics sélectif ou particuliers. Les écoles publiques qui offrent des programmes spéciaux tels que arts-études et sport-études. Elles comportent souvent des critères d'admission et des frais additionnels.
  3. École privée subventionnée. Les établissements d'éducations privés qui demande des frais de scolarité et des processus d'admission et de sélectivités.

Cette stratification engendre un déséquilibre entre les milieux public et privé, puisqu'une majorité des élèves doués ou aisés vont vers les écoles privées. Conséquemment, les élèves en difficultés et à besoin particulier se retrouvent surreprésenté dans les écoles publiques causant une surcharge pour les enseignants.

De plus, les programmes publics particuliers sont réservés aux élèves avec les meilleurs notes tandis que les élèves moins prestigieux se contentent du cheminement régulier. Cela cause une deuxième séparation entre les programmes publics particuliers et les programmes de cheminement régulier[3].

Le rapport de 2017 du Conseil supérieur de l'éducation fait état de trois déséquilibres: l'école à trois vitesses, des écoles plus ou moins inclusives et des modalités de scolarisation plus ou moins inclusives[4].

D'un point de vue sociologique, un système à trois vitesses peut avoir comme conséquence d'accroître les inégalités en éducation. Selon une étude du mouvement « L'école ensemble », fondée sur des données de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), le Québec possède le système scolaire le plus inéquitable au Canada[5].

Selon le professeur et sociologue Guy Rocher, le système à trois vitesses résulte d'une négligence collective à l'égard des écoles publiques à filière générale[6]. Selon lui, le système à trois vitesses produirait « une pédagogie qui privilégie l’écrit dans un espace-temps rigide, que ce soit pour répondre aux exigences dominatrices du programme ou pour réussir dans les trop nombreux examens imposés par le ministère. Cette conception de l’enseignement et de l’évaluation des élèves favorise les meilleurs, les plus scolaires, les plus rapides, aux dépens des autres ».

L'efficacité réelle du système à trois vitesses est fréquemment remise en question, puisque selon les statistiques en éducation, le Québec a le taux de décrochage le plus élevé au Canada[7]. Selon le professeur Égide Royer de la Faculté des sciences de l'éducation de l'Université Laval, il est aussi possible que le système d'éducation à trois vitesses puisse contribuer à fausser l'échantillonnage de réussite des élèves québécois dans les enquêtes internationales en matière de compétences en lecture, en sciences et en mathématiques[8].

Fait à noter, les écoles privées elles-mêmes sont financées à hauteur de 75 % par le ministère public car investir une telle proportion de sommes d'argent dans les écoles privées permet ultimement au gouvernement de réduire d'environ 25 % les coûts investis dans le système public pour chaque enfant qui va à l'école privée[9].

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