Tactiques de l'infanterie romaine
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Les tactiques de l'infanterie romaine font appel à différents types de formation, de déploiement et de manœuvre mis en œuvre depuis les débuts de la République romaine jusqu'à la fin de l'Empire. L'armée romaine fut l'instrument de la puissance de Rome.
La « façon romaine » de faire la guerre était caractérisée par une puissante infanterie lourde organisée en légions soumises à un entraînement efficace et à une discipline rigoureuse. La puissance de l'armée romaine reposait également sur sa logistique bien organisée et sur son organisation flexible. Les autres puissances autour de la Méditerranée, Carthage, la Macédoine, les tribus gauloises et germaniques ou l'Empire Parthe furent repoussées voire vaincues par les légions romaines qui surent s'adapter aux tactiques de leurs adversaires.
L'histoire militaire romaine ne fut pas une suite ininterrompue de victoires, Rome connut des défaites et parfois des désastres militaires. Néanmoins jusqu'au IIIe siècle, elle parvint à maîtriser ses adversaires. Face à de nouveaux adversaires et tiraillée par des tensions internes, l'armée romaine ne parvint pas à s'adapter et l'infanterie lourde, pilier du système militaire romain, disparut.
Les tactiques et les stratégies militaires romaines évoluèrent de celles d'une petite tribu guerroyant pour une domination locale à des opérations massives englobant un empire de taille continentale. Cette évolution fut affectée par les changements dans la politique, la société et dans la vie économique mais elle fut soutenue par une « façon romaine » de faire la guerre. Cette approche incluait une tendance à la standardisation, à l'emprunt et à l'adaptation du matériel étranger, une flexibilité des tactiques et des méthodes, un sens aigu de la discipline et une cohésion apportée par l'idéal de citoyenneté romaine incarné par la légion romaine[1].
Il est difficile de former un tableau synthétique des tactiques romaines du fait de la durée (plus de 1 000 ans) de l'existence de la légion, on peut néanmoins distinguer plusieurs phases[2] :
- Forces militaires basées principalement sur une forte infanterie de citoyens aux origines tribales et sur l'utilisation des premières phalanges à l'époque de la monarchie romaine. (Voir [[Histoire militaire de la Rome antique#La monarchie romaine (-753|753 av. J.-C. - -509|509 av. J.-C.)|Histoire militaire romaine sous la monarchie]])
- Sophistication croissante lors de l'expansion de l'hégémonie romaine à l'extérieur de l'Italie. (Voir Histoire militaire romaine sous la république)
- Raffinement, standardisation et rationalisation sous l'influence de Caius Marius avec l'incorporation plus large des citoyens et la professionnalisation de l'armée.
- Continuation de l'expansion, de la flexibilité et de la sophistication de la fin de la république aux débuts de l'empire (Voir Histoire militaire romaine sous l'empire)
- Barbarisation grandissante, tourmente et affaiblissement de l'infanterie lourde au profit de la cavalerie et de l'infanterie légère (Voir Fœdus)
- Disparition de l'Empire romain d'Occident et fragmentation en petites troupes locales. Cela inclut également le renversement des statuts de la cavalerie et de l'infanterie dans l'Empire romain d'Orient. Les cataphractaires formaient l'élite de l'armée tandis que l'infanterie était reléguée à un rôle auxiliaire.
Organisation, commandement et logistique
Structure de commandement
Une fois que le soldat avait fini son entraînement, il était assigné à une légion de 6 000 hommes dont le nombre variait entre 23 et 40. La légion était divisée en dix cohortes. Les cohortes étaient divisées en trois manipules, chacune divisée en deux centuries. La première cohorte d'une légion regroupait généralement les soldats les plus expérimentés. De nombreuses légions étaient regroupées pour former une force terrestre ou « armée »[3].
Une armée était commandée par un magistrat détenteur de l'imperium (consul, un proconsul ou un préteur voire un dictateur en cas d'urgence sous la République). Un promagistrat ou un légat de légion pouvait uniquement commander une seule légion et non une armée consulaire composée de plusieurs légions et d'unités alliées. Au début de la République, il était possible pour une armée d'avoir un commandement dual avec différents consuls prenant alternativement le commandement. Les légats de légion étaient des sénateurs qui assistaient le commandant d'armée. Les tribuns militaires commandaient les cohortes, les centurions commandaient les manipules et les centuries.
Logistique
La logistique romaine était l'une des plus efficaces de l'antiquité. Parmi ses missions, l'envoi d'agents pour acheter toutes les provisions nécessaires, la construction de routes et de stocks de ravitaillement ou la location de navires pour transporter les troupes par mer. L'équipement lourd et le matériel (tentes, armes supplémentaires, équipement, etc.) était transporté par des mules et des chariots tandis que les troupes transportaient leur équipement individuel. Comme toutes les armées, l'armée romaine exploitait les ressources locales parfois en pillant les ressources des paysans ayant la malchance d'habiter à proximité du front. De même que pour la plupart des forces militaires, un assortiment de marchands, d'escrocs, de prostituées et d'autres fournisseurs de services variés suivaient la route des troupes romaines[4].
L'infanterie romaine à la bataille
Préparations initiales et mouvements vers la bataille
La marche d'approche. Une fois que la légion était déployée pour l'opération, la marche commençait. L'approche du champ de bataille se faisait en plusieurs colonnes pour améliorer la manœuvrabilité. Une forte avant-garde composée d'éclaireurs, de cavaliers et d'infanterie légère précédait généralement le corps d'armée principal. Celle-ci avait pour mission de repérer le terrain et les emplacements pour construire le camp. Des unités étaient également déployées sur les flancs pour protéger le corps principal composé de l'infanterie lourde et du convoi de matériel et de ravitaillement.
Construction du camp fortifié. Les légions en campagne établissaient un campement puissamment fortifié composé de palissades et de fossés offrant une base pour le stockage du ravitaillement, le campement des troupes et pour la défense. Un camp était toujours mis en place même s'il n'allait être utilisé que pour une seule nuit. Les camps étaient reconstruits à chaque fois que l'armée se déplaçait et étaient tous construits sur le même modèle. Il y avait toujours quatre portes connectées par deux routes se croisant au centre du camp où se trouvaient les tentes de commandement et un autel pour les cérémonies religieuses. Tout était standardisé, depuis l'emplacement des équipements aux tâches des officiers qui devaient mettre en place les sentinelles et les ordres de marches pour les jours suivants. Le camp pouvait atteindre une centaine d'hectares pour les plus grands et pouvaient abriter jusqu'à 20 000 hommes. Un glacis de 50 mètres de large était mis en place autour du camp pour empêcher toute attaque surprise[5].
Levée du camp et marche. Après un petit-déjeuner, les trompettes annonçaient le départ. Les tentes étaient rangées, l'équipement était chargé sur les mules et les unités étaient formées. Le camp était brûlé et détruit pour empêcher son utilisation par l'ennemi. Il existait cependant des camps permanents qui n'étaient évidemment pas détruits à chaque fois[6].
Renseignement. Les officiers romains exploitaient toujours les renseignements utiles particulièrement lors des sièges ou d'affrontements imminents. L'information était récoltée par des espions, des collaborateurs, des diplomates, des émissaires et des alliés. Les messages interceptés par les Romains lors de la deuxième guerre punique furent exploités pour déployer deux armées pour intercepter l'armée d'Hasdrubal Barca avant qu'il ne puisse renforcer l'armée d'Hannibal. Les officiers gardaient également un œil sur Rome car des rivalités politiques avaient déjà provoqué l'échec de campagnes militaires. Des éclaireurs étaient envoyés pour repérer les points faibles de l'adversaire, capturer des prisonniers et intimider les populations locales[4].
Moral. Si le lieu de la bataille potentielle était proche, les déplacements se faisaient prudemment. Les officiers étudiaient les lieux et l'opposition tandis que les troupes se préparaient physiquement et mentalement à la bataille. Des sacrifices aux dieux et l'annonce d'un bon présage étaient faits. Des parades étaient parfois réalisées pour tester les réactions ennemies et pour accroître le moral des soldats.
Déploiement pour le combat
Disposition en ligne triple
L'infanterie romaine se déployait face à l'ennemi et à l'époque de la République, elle se déployait en trois lignes dans une formation appelée « triplex acies », chacune d'entre elles avait généralement huit rangs en profondeur. Les hastati formaient la première ligne (la plus proche de l'ennemi), les principes tenaient la deuxième ligne et les vétérans triarii occupaient la troisième ligne. Ceux-ci empêchaient la panique ou une retraite non autorisée des premiers rangs et étaient parfois utilisés comme réserve dans la bataille. En cas de défaite imminente, les première et deuxième lignes se reformaient derrière la ligne des triarii en vue d'une contre-attaque ou d'une retraite ordonnée. Comme recourir aux triarri n'arrivait que dans les cas extrêmes, l'expression latine ad triarios rediisse (tomber sur les triarii) signifiait une situation désespérée[1].
Dans ce système en trois lignes, les écrivains romains expliquent que les manipules adoptaient une formation en quinconce lors du déploiement mais avant l'engagement. Dans la première ligne, les manipules d'hastati laissaient des espaces entre elles. Les principes de la deuxième ligne et les triarii de la troisième faisaient de même en se positionnant derrière les espaces laissés par la ligne devant eux. L'infanterie légère ou les vélites se tenaient en une ligne continue mais désordonnée[7].
Les manœuvres étaient très complexes du fait de la poussière soulevée par des milliers de combattants et des cris des officiers tentant de maintenir l'ordre. Plusieurs milliers d'hommes devaient se positionner à la bonne place aux côtés de l'infanterie légère et de la cavalerie. Une fois en position, la ligne de front pouvait atteindre plus d'un kilomètre[4].
La disposition en trois lignes resta la règle pendant plusieurs siècles. La réforme marianique supprima les divisions fondées sur l'âge et la classe sociale. Les vélites furent progressivement intégrés dans le corps des légionnaires et la réforme standardisa les armes et réorganisa les légions sur de grandes unités manœuvrantes comme les cohortes. La taille moyenne des légions augmenta et la professionnalisation se généralisa[8].
Manœuvre
Lorsque l'armée approchait de l'ennemi, les vélites en première ligne lançaient leurs javelots et se repliaient à travers les espaces aménagés entre les manipules. Il s'agissait d'une innovation importante car auparavant les tirailleurs devaient se replier à travers leurs propres lignes et y causaient une forte confusion ou s'échappaient sur les côtés. Lorsque les vélites s'étaient repliés, les centuries arrières avançaient pour combler les espaces et former une ligne continue[9].
À ce moment, la légion formait une ligne solide face à l'ennemi prête à engager le combat. Lorsque l'ennemi était suffisamment près, les hastati chargeaient et si le combat tournait en leur défaveur, ils se repliaient derrière les principes qui reformaient une ligne continue. S'ils ne parvenaient pas à briser l'ennemi, ils se repliaient à leur tour derrière les triarii et toute l'armée pouvait quitter le champ de bataille de manière organisée. D'après certains auteurs, les triarii formaient une ligne continue dont le mouvement vers l'avant permettait aux unités de se reformer pour retourner au combat[5].
Le système des manipules permettait d'engager tous les ennemis sur n'importe quel terrain, à la différence de formations plus anciennes comme la phalange, en associant la flexibilité et la force grâce à son déploiement en lignes. Le manque d'un puissant corps de cavalerie fut cependant l'un des gros défaut de l'armée romaine.
Formations
La formation ci-dessus était la formation standard mais elle pouvait être adaptée aux circonstances comme le montre le diagramme ci-dessous :

Le combat
Après s'être positionnées comme décrit ci-dessus, les premières lignes lançaient leurs pila sur les soldats ennemis à une distance de 30 mètres. Même s'ils pouvaient provoquer la mort ou des blessures, leur rôle était de se planter dans les boucliers pour les rendre inutilisables du fait de leur encombrement. Ils étaient également conçus pour se plier et se casser et donc empêcher leur réutilisation par l'ennemi. Après avoir lancé leurs pila, les soldats dégainaient leurs glaives et engageaient le combat. L'accent était mis sur l'utilisation du bouclier pour offrir un maximum de protection tout en attaquant l'ennemi. Lors du combat, la discipline, l'équipement et l'entraînement offraient souvent un avantage décisif aux légionnaires. Dans de nombreuses batailles, particulièrement vers la fin de l'Empire, les Romains utilisaient des armes de siège comme les balistes ou les onagres en préparation du combat. Ces machines tiraient des traits ou des pierres sur les formations ennemies (bien que de nombreux historiens s'interrogent sur l'efficacité de telles armes). À la suite de ce tir de barrage, les lignes romaines avançaient, tiraient leurs pila et engageaient le combat. Une autre tactique usuelle était de provoquer l'adversaire en lançant de fausses charges et en soumettant l'ennemi à un tir de flèches provenant d'archers montés pour l'attirer dans une embuscade.
Avantages de la formation en trois lignes
Flexibilité
Certains auteurs antiques comme Polybe laissent supposer que les légions pouvaient combattre avec des espaces dans leurs rangs. Cependant, la majorité des sources rapportent que la formation d'une ligne continue était la plus utilisée[10]. Les avantages des espaces étaient évidents lors des déplacements car ils permettaient plus facilement de contourner les obstacles. Toutes les armées antiques espaçaient leurs unités comme les Carthaginois qui repliaient leurs tirailleurs dans les espaces avant la bataille. Même les organisations plus souples comme celles des tribus germaniques chargeaient en petits groupes distincts plutôt qu'en ligne[4].
Néanmoins, la formation romaine en quinconce était plus élaborée car les intervalles étaient plus larges et mieux organisés que dans les autres armées. De plus chaque espace était couvert par les unités de la ligne suivante. Une pénétration de ces espaces ne se faisait pas sans heurts car elle devait affronter les unités de première ligne et les unités de seconde ligne[11]. Les espaces permettaient également de renforcer les unités combattantes avec des troupes fraîches ce qui permettait de maintenir la pression vers l'avant.
Combinaison d'un front continu avec des espaces de combat
Les intervalles n'étaient pas utilisés dans le cas d'espaces limités comme au sommet d'une colline ou dans un ravin lorsque l'étalement des unités n'était pas possible. Ils ne l'étaient pas non plus dans le cas de formations particulières comme dans la formation en pointe mentionnée plus haut ou lors d'un encerclement comme lors de la bataille d'Ilipa ou lors de la bataille de Zama quand toutes les unités furent disposées sur une unique ligne pour la poussée finale. Durant le chaos de la bataille, les espaces étaient graduellement comblés par le repli des unités de première ligne et l'avancée des unités de seconde ligne créant une ligne plus ou moins solide. Ainsi les espaces disparaissaient souvent au cours de la bataille[12].
Certains historiens considèrent que les intervalles étaient principalement utiles lors des manœuvres. Avant le combat, chaque échelon de légionnaires formait une ligne continue. Si les choses se déroulaient mal pour la première ligne, elle pouvait se replier à travers les espaces de la seconde qui se reformait ensuite. Il restait enfin la dernière ligne des triarii, qui pouvaient protéger le repli de l'armée ou permettre aux unités de se reformer[13]. Selon certains auteurs, les armées de Jules César utilisaient peu la formation en quinconce et les légions formaient trois lignes continues. Le soutien était assuré par des petits groupes de soldats de seconde ou troisième ligne qui « filtraient » vers l'avant pour relever leurs camarades épuisés qui pouvaient se replier de la même manière[12],[14]. Les unités romaines restaient ainsi flexibles en adaptant leurs formations à la situation[14].
Espacement des lignes et endurance
L'une des caractéristiques unique de l'infanterie romaine était la profondeur de ses intervalles. La plupart des armées antiques se déployaient en formations peu profondes comme les phalanges. Les phalanges comprenaient de nombreux rangs de soldats pour accroître la résistance et la puissance de l'impact mais leur approche se faisait généralement en une ligne massive en opposition avec la formation en triple ligne des Romains. Cette formation permettait de canaliser l'ennemi durant une longue durée et de concentrer la puissance jusqu'à ce que l'ennemi se disperse. Le déploiement des deuxièmes et troisièmes lignes nécessitait une attention particulière. Déployées trop tôt, elles s'empêtreraient dans le combat frontal et se fatigueraient. Déployées trop tard, elles pourraient être balayées si la première ligne commençait à se briser. Un contrôle précis devait être maintenu et les triarii recevaient parfois l'ordre de s'agenouiller pour empêcher un repli prématuré. Les commandants romains étaient par conséquent mobiles et se déplaçaient sans cesse pour envoyer des renforts s'il n'y avait plus de messagers. Le grand nombre d'officiers et la grande autonomie des sous-unités comme les manipules ou les centuries amélioraient la coordination des mouvements[15].
Quelle que soit la formation utilisée, l'écoulement des unités et la poussée vers l'avant restaient constantes :
- "Lorsque la première ligne dans son ensemble avait fait de son mieux et devenait épuisée et affaiblie par les pertes, elle laissait sa place aux unités fraîches de seconde ligne qui progressivement se frayaient un passage jusqu'au combat. Dans le même temps, les unités épuisées de première ligne, une fois reposées et réorganisées retournaient au combat. Cela ne laissait pas présager un repli mais plutôt une fusion des deux lignes où les soldats des deux lignes combattaient ensemble. Comme l'ennemi ne recevait aucun repos et était continuellement opposé à des troupes fraîches, il s'épuisait et finissait par céder."[12]
Commandements suivant le déploiement

Quel que soit le déploiement, l'armée romaine se caractérisait par sa flexibilité, sa discipline et sa cohésion. Différentes formations étaient utilisées selon la situation tactique. Les commandements suivants étaient utilisés pour changer de formation :
- Au commandement repellere equites (« repousser les cavaliers »), les légionnaires se disposaient en carré tenant leurs pila comme des lances entre leurs boucliers et se tenaient épaule contre épaule.
- Au commandement eicere pila, les légionnaires lançaient leurs pila vers l'ennemi.
- Au commandement cuneum formate, l'infanterie formait une pointe pour charger et briser les lignes ennemies.
- Au commandement contendite vestra sponte, les légionnaires adoptaient une attitude offensive et attaquaient tous les soldats qu'ils rencontraient.
- Au commandement orbem formate, les légionnaires formaient un cercle autour des archers. Cette formation était utilisée lorsqu'un petit nombre de légionnaires étaient encerclés par l'ennemi.
- Au commandement ciringite frontem, les légionnaires tenaient leurs positions.
- Au commandement frontem allargate, une formation plus souple était adoptée.
- Au commandement testudinem formate, les légionnaires formaient la tortue. Cette formation était lente mais offrait une excellente protection contre les flèches et étaient donc utilisée lors des sièges ou en face d'archers. Elle était cependant peu efficace en combat rapproché et elle n'était utilisée que lorsque l'ennemi était suffisamment loin pour pouvoir adopter une autre formation avant le combat.
Guerre de sièges et fortification
Assiéger les villes
- De oppido expugnando était une tactique utilisée pour le siège des villes. Elle était divisée en trois phases :

- Dans la première phase, les ingénieurs (la cohors fabrorum) construisaient un camp fortifié près de la ville avec des murs de circonvallations et de contrevallations pour empêcher la sortie des assiégés ou l'arrivée de renforts comme lors du Siège d'Alésia. Les romains menaient parfois des travaux de sape.
- Lors de la seconde phase, les onagres et les balistes tiraient pour couvrir l'avancée des tours de siège pleine de légionnaires prêts à prendre d'assaut les remparts. Les formations de tortues approchaient avec des béliers et des échelles pour franchir les murailles.
- La troisième phase incluait l'ouverture des portes de la ville à la cavalerie et au reste de l'armée pour terminer la capture de la ville.
Fortifications terrestres. Les Romains furent quasiment les seuls dans l'antiquité à mettre autant l'accent sur les fortifications terrestres. Les légionnaires emportaient tous une pioche ou une pelle et un panier en osier pour transporter la terre. Ils creusaient des tranchées, construisaient des palissades et des voies d'assaut. Les opérations de Jules César à Alésia sont bien connues. La ville gauloise était entourée d'une double série de murailles destinées à bloquer la sortie des assiégés et à empêcher l'arrivée des renforts. Un réseau de camps et de fortins accompagnait ces fortifications. César fit dévier une rivière pour remplir un fossé de 6 mètres de profondeur. Des chausse-trappes étaient répandus sur le sol pour dissuader un assaut. Pour contrer l'infanterie gauloise, César comptait fortement sur la cavalerie germanique[16].
La puissance des campements romains avait déjà été noté dans d'autres situations, les Romains creusaient parfois des tranchées pour protéger leurs flancs lorsqu'ils étaient inférieurs en nombre. En Bretagne, des jetées étaient construites pour attaquer les points forts gaulois dans les estuaires. Vers la fin de l'Empire, l'utilisation de tels types de fortifications diminua suivant le déclin de l'infanterie lourde.
