Taux d'intérêt naturel
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Le taux d'intérêt naturel (ou TIN) est le taux d'intérêt qui permet de maintenir l'inflation stable et un niveau de demande assurant le plein emploi de manière non inflationniste. Concept économique créé par l'économiste suédois Knut Wicksell au XIXe siècle, il a été repris par la science économique contemporaine et est utilisé par les banques centrales dans la calibration de leur politique monétaire.
Taux d'intérêt naturel chez Wicksell (1898)
Le taux d'intérêt naturel est théorisé par Knut Wicksell dans son ouvrage Interest and Prices (1898)[1]. Il soutient qu'un système économique atteint son équilibre lorsqu'il atteint un taux d'intérêt hypothétique, qui est dit « neutre ». Ce taux est le taux d'intérêt qui, sur le marché monétaire, « est égal au rendement anticipé du capital ajusté du risque » (Michel Aglietta)[1]. Ce taux est déterminé par le système économique dans la mesure où il est celui qui permet d'utiliser au maximum les facteurs de production de l'économie « en sorte qu'aucune tension ne se fait jour dans l'équilibre épargne/investissement »[1].
Taux d'intérêt naturel chez Woodford (2003)
Le taux d'intérêt wicksellien est repris par Michael Woodford en 2003. Il s'agit du taux d'intérêt qui permet un niveau de demande qui assure le plein emploi et, en même temps, une inflation stable. Le taux d'intérêt naturel maintient la production à son niveau potentiel[2]. En d'autres termes, le TIN « place l'économie sur un sentier de plein emploi et d'inflation stable [...] [il peut] être assimilé au taux d'intérêt que l'on obtiendrait si les prix et les salaires s'ajustaient de telle sorte que le niveau de l'activité économique soit à son niveau de plein emploi »[3].
Le taux d'intérêt réel est déterminé indépendamment de la politique monétaire. Il s'agit d'un état de fait du système économique. Lorsque le taux directeur réel (c'est-à-dire ajusté à l'inflation) est en-dessous du taux d'intérêt naturel, cela signifie que la politique monétaire est stimulante[4]. Si le taux d'intérêt réel est au-dessus du taux d'intérêt naturel, cela signifie que la politique monétaire est trop restrictive : la banque centrale doit faire baisser le taux d'intérêt pour atteindre le plein emploi et garder l'inflation stable[3].
Il existe toutefois un effet autorégulateur. Lorsque le taux d'intérêt est inférieur au taux d'intérêt naturel, l'investissement augmente car le coût du capital est inférieur à son rendement. Cela produit de l'inflation, et fait augmenter le taux d'intérêt naturel. A contrario, lorsque le taux d'intérêt est supérieur au taux d'intérêt naturel, l'économie ralentit ou entre en récession[5].
Le TIN évolue en fonction des grandes variables de l'économie. Si le taux d'épargne augmente mais que l'investissement n'augmente pas en proportion, le TIN chute, par exemple. Il en va de même dans le cas d'un ralentissement de la croissance de la productivité qui réduit l'incitation des entreprises à investir[4].