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Tenture de l'Histoire du Roy

série de tapisseries Gobelins conçue par Charles Le Brun From Wikipedia, the free encyclopedia

La tenture de l' Histoire du Roy est une suite de quatorze tapisseries réalisée à la Manufacture des Gobelins à l'initiative de Charles Le Brun et de Jean-Baptiste Colbert pour montrer les premières années du roi Louis XIV, entre et . La série a ensuite été augmentée de trois tapisseries.

Exposition de 12 tapisseries du Mobilier national en 2026 au Grand Palais.

Histoire

L'hôtel des Gobelins, le long de la Bièvre, dans le faubourg Saint-Marcel de Paris est acheté par Colbert le .

Carton d'une tapisserie par Pierre Dulin.

Charles Le Brun a été anobli en , puis nommé directeur de la Manufacture des Gobelins en et Premier peintre du roi en . Il avait commencé à réaliser en une Histoire d'Alexandre à la demande de Louis XIV pour orner les châteaux royaux et reproduits en tapisserie. Assez rapidement Colbert et Louis XIV ont eu l'idée de relater en une suite de tapisseries les évènements glorieux des premières années du règne de Louis XIV. Des suites de tapisseries semblables avaient déjà été réalisées : tenture Les Chasses de Maximilien, tenture des Fêtes des Valois ou de la Vie d'Henri III, des scènes de la vie de Laurent le Magnifique, etc.

Le château de Versailles expose les tapisseries de cette suite comprenant des pièces des troisième et de la sixième suites de la tenture déposées par le Mobilier national en . Douze pièces de la tenture du Mobilier national sont également exposées dans en au Grand Palais, avec les tapis de la grande galerie du Louvre réalisés eux par la manufacture de la Savonnerie[1].

Les sept tentures

La première tenture est réalisée entre 1665 et 1681 ; elle est présentée au roi lors de la Fête-Dieu en 1677, presque achevée. Six autres tissages sont réalisés entre 1681 et 1736[2].

1- La première tenture à fils d'or est réalisée sur les dessins de Charles Le Brun et Adam Frans Van der Meulen. Elle a été réalisée en haute-lisse et livrée au Garde-Meuble de la Couronne en deux fois, les douze premières en ou , les deux dernières en .

En , cette tenture est à Paris. En , 8 pièces de cette tenture est au Garde-Meuble. En , elle se trouve au magasin des Gobelins, en 16 pièces, en effet, L'inventaire donne pour les dimensions de l'ensemble : 5,02 m de hauteur et 112,63 m de longueur. En , les 14 pièces sont au Garde-Meuble.

2- Une deuxième tenture à fils d'or a été commencée à la demande de Colbert mais a été arrêtée par Louvois, successeur de Colbert, en . Seules trois pièces ont été tissées. En et , ces trois pièces sont au Garde-Meuble, à Paris, avec l'indication : superbes. Elles sont toujours au Garde-Meuble en .

3- Une troisième tenture à fils d'or est entreprise en basse lisse. Elle comprend 13 pièces. Elle a été presque entièrement réalisée dans l'atelier de Jean Mozin. Des premiers paiements pour cette tenture apparaissent dans les Comptes des Bâtiments, en , mais la tapisserie de la "Visite du Roy aux Gobelins" n'est pas terminée en . Elle a dû être achevée en . En , elle est dispersée entre le palais du Louvre et le palais de Luxembourg. En , elle est toujours dispersée et seules deux pièces sont au Garde-Meuble. En , deux pièces sont manquantes : "Prise de Douai" et la "Satisfaction donnée par l'Espagne".

4- Une quatrième tenture à fils d'or est entreprise aux Gobelins, en haute lisse, sauf une qui est tissée en basse lisse. Elle est commencée en . La dernière pièce est livrée en janvier . Elle comprend au total 20 pièces car six sont des entre-fenêtres composés de la partie centrale des grands tableaux.
En , sur ordre du roi, quatre grandes pièces à fils d'or et quatre entre-fenêtres sont données au duc de Brunswick. Elles ont dû être détruites dans l'incendie du château de Brunswick, le .
En , dix grandes pièces et deux entre-fenêtres sont livrées au duc de Saint-Aignan pour son ambassade à Rome. Ces pièces sont complétées par huit pièces réalisées de et . Elles sont renvoyées au directeur des Bâtiments, à Paris, en , par De Troy, directeur de l'Académie de France à Rome, mais il manquait 3 pièces, restées à Paris pour décorer l'hôtel particulier du duc de Saint-Aignan. Il reste alors à Paris, 12 grandes pièces et 6 entre-fenêtres. Puis les 12 grandes pièces sont prêtées en au cardinal de la Rochefoucauld pour son ambassade à Rome. Elles sont restées à Rome jusqu'au . En , les pièces de l'ambassade de France à Rome sont dans l'hôtel du cardinal de Bernis car il considérait qu'elles appartenaient au roi, puis ces pièces disparaissent. Une pièce, "Alliance des Suisses" est réapparue en vente en 1896 et achetée par le gouvernement suisse. En , des 20 pièces initiales, il ne reste plus dans l'inventaire du Garde-Meuble qu'une grande pièce et un entre-fenêtre.

5- Une cinquième tenture sans or est réalisée en haute lisse entre et . Elle comprend trois pièces : "Construction des Invalides", "Doge de Gênes", "Baptême du Dauphin". Une pièce est donnée au duc de Brunswick en , les deux autres sont livrées au Garde-Meuble en . Elles sont toujours au Garde-Meuble en .

6- Une sixième tenture à fils d'or, en basse lisse, est réalisée entre et . Elle comprend 14 pièces et 2 entre-fenêtres. La tenture est restée jusqu'à la Révolution dans le magasin des Gobelins.

7- Une septième et dernière tenture, sans or, en basse lisse, est entreprise à partir de . Elle est arrêtée en . Elle ne comprend que 6 pièces.

Description de la tenture

La tenture initiale est constituée de 14 pièces initiales sur les dessins de Charles Le Brun et Adam Frans Van der Meulen. Ces pièces comprennent sept exploits militaires, quatre victoires diplomatiques, deux moments liés à l’histoire de la couronne et un événement civil (La visite du roi à la Manufacture des Gobelins)[2].

Outre les 14 pièces initiales, 11 nouveaux sujets ont été commandés, mais seulement trois ont été tissés, la Construction des Invalides, La Satisfaction du Duc de Gênes et le Baptême du Dauphin[3]. Les autres sujets envisagés étaient : L'entrée de Louis XIV et Marie-Thérèse à Douai, L'établissement de l'Académie des Sciences et la fondation de l'Observatoire (Le Brun), Le passage du Rhin (Le Brun et Van der Meulen), Louis XIV à Notre-Dame pour remercier Dieu de la guérison d'une grande maladie (Vernansal), La naissance du duc de Bourgogne (Dieu[4]), L'audience donné par le roi à l'ambassadeur de Perse[5], Institution de l'ordre militaire de Saint-Louis (Marot)[6].

Six entrefenêtres ont également été tissés entre et  : L'entrevue des rois, L'audience du Légat, La prise de Lille, La réduction de Marsal, Le siège de Tournay, et La défaite de l'armée espagnole. Ils peuvent être confondus avec les grandes pièces à cause de la similitude de leur nom[5].

Le sacre du Roy

Le premier sujet représente le Sacre de Louis XIV, qui eut lieu le dans le chœur de la cathédrale de Reims. L'évêque de Soissons Simon Legras (assisté de l'abbé Pierre Duflos qui tient sa crosse) place sur la tête du jeune roi (représenté de dos) la couronne dite « de Charlemagne », aux côtés des pairs de France et des grands ecclésiastiques[7] : à gauche sont représentés les pairs laïcs, à savoir de gauche à droite le maréchal de Villeroy, le duc de Bournouville, le duc de Roannez, le duc de Candale, le duc d'Elbœuf, le duc de Vendôme. On distingue également à gauche Thomas de Savoie, prince de Carignan, tenant le bâton de Grand Maître. À droite sont représentés les ecclésiastiques : de droite à gauche on distingue le cardinal Mazarin (qui regarde le spectateur), le cardinal Grimaldi (de dos), François III de Harlay de Champvallon, archevêque de Rouen, Anne de Levis Ventadour, archevêque de Bourges, Henri de Baradas, archevêque de Noyon, Félix Vialart, évêque de Châlons, et Choart de Buzenval, évêque de Beauvais, qui tend la main. Près du roi, on reconnait son frère le duc d'Orléans, ainsi que François Faure, évêque d'Amiens, tenant le livre des Évangiles ouvert. De chaque côté de l'évêque de Soissons sont représentés le maréchal d'Estrées tenant l'épée (il endosse le rôle de connétable, étant premier maréchal de France), et Mathieu Molé, garde des Sceaux[8]. Le Brun a représenté les tapisseries qui ornaient le chœur de la cathédrale, issues de la tenture des « Actes des Apôtres » tissée à Bruxelles d'après les cartons de Raphaël (on distingue à droite la pièce évoquant La mort d'Ananias). On observe également l'autel orné d'un grand crucifix et de six chandeliers, et la tribune à droite où prend place la reine-mère Anne d'Autriche, tandis qu'à gauche a été dressée la « tente de Confession » où le roi s'est "réconcilié" avant de communier[8].

L'entrevue des rois de France et d'Espagne

La deuxième pièce de la tenture représente L'Entrevue avec le roi d'Espagne après la Paix des Pyrénées, dite aussi « rencontre de l'île des Faisans » les 6 et , pendant laquelle Philippe IV d'Espagne et Louis XIV se rejoignent sur cette petite île de la Bidassoa, à la frontière entre les deux royaumes, afin de ratifier la paix signée le , et transmettre au roi de France sa future épouse l'infante Marie-Thérèse (leur mariage avait eu lieu par procuration le )[9]. Au centre de la composition prennent place les deux souverains, à l'instant où ils se jurent solennellement l'exécution du traité. Ils sont accompagnés des plénipotentiaires : don Luis de Haro (vêtu de noir) côté espagnol, et le cardinal Mazarin côté français. On remarque l'infante Marie-Thérèse, encore vêtue selon la mode espagnole, d'une grande robe de satin blanc en broderies de jais. Elle porte dans les cheveux un bouquet d'émeraudes en poires et diamants, que lui avait offert le roi. Dans la délégation espagnole, on distingue le peintre Diego Velasquez (maréchal des Logis du roi d'Espagne, il avait été l'ordonnateur des décors de la grande tente de conférence, côté espagnol), don Pasro d'Aragon, le marquis d'Aytonne, le marquis de Malepique, le marquis de Lèche (fils de Luis de Haro), le comte de Moserci, ainsi que don Fernando Voues de Canto-Carrero et Pimentel. Du côté français, outre Mazarin, sont représentés Anne d'Autriche et sa dame d'honneur la duchesse de Navailles, Monsieur frère du roi, Turenne, le maréchal de Grammont, et le prince de Conti[10].

Le mariage du Roy

La troisième pièce représente le mariage du couple royal, célébré dans l'église de Saint-Jean-de-Luz le . Y sont dressés deux hauts dais de velours violet fleurdelisés (ici Le Brun a retiré les fleurs de lys des dais), le velours recouvrant également les tapis, chaises et carreaux. Le roi est vêtu de noir, tandis que la reine est en grand habit royal, portant une couronne fermée. Au centre est représenté Jean Dolce, évêque de Bayonne, au moment où il remet l'anneau au roi. Derrière le roi sont représentés le cardinal Mazarin (son parrain, faisant office de Grand Aumônier), ainsi que la reine-mère entourée de Monsieur et du duc de Vendôme. Derrière la reine sont représentés Joseph Zongo Ondoleï, évêque de Fréjus (en bleu), ainsi que mesdemoiselles de Valois et d'Alençon (filles de Gaston d'Orléans) portant la traîne de la reine. À leurs côtés figure la grande Mademoiselle, dont la traine est portée par Philippe Mancini, duc de Nevers[11].

L'audience de l'ambassadeur d'Espagne

La quatrième pièce représente L'Audience du comte de Fuentès, cérémonie tenue dans le Grand Cabinet du roi au Louvre le , à la suite d'un incident diplomatique survenu à Londres entre les ambassades française et espagnole. Ici, le Grand Cabinet du roi n'est pas représenté tel quel par Ballin, l'auteur du carton peint d'après Le Brun. On distingue à gauche la Diane à la biche et l'Apollon du Belvédère (qui ne se trouvaient pas dans cette pièce du palais) ainsi que deux tableaux de Carrache aux murs : La Pêche et La Chasse (aujourd'hui au musée du Louvre), qui n'ont été offerts au roi qu'en 1665. On remarque également une balustrade qui se trouvait en réalité dans la chambre de parade. En revanche, on observe la présence au centre d'un buste en marbre de Minerve, et d'un grand vase d'argent contenant un oranger (un grand vase des Arts libéraux de Veaucourt). Du côté du roi sont représentés Monsieur le duc d'Orléans, et Piccolomini (le nonce du pape), avec à l'arrière le duc de Saint-Aignan. Face au roi, le comte de Fuentès vient présenter les excuses du roi d'Espagne, tandis que derrière lui prennent place divers ambassadeurs, ainsi que le prince de Condé, et au centre le comte d'Armagnac (alors grand Écuyer de France)[12].

L'entrée du roi à Dunkerque

La cinquième pièce est la première à traiter d'un événement martial. Elle représente L'Entrée du roi dans Dunkerque. La ville avait été prise par Turenne après la bataille des Dunes le . Le roi y était entré une première fois en , mais avait cédé la ville aux Anglais, en accord avec un traité d'alliance. La ville est par la suite rétrocédée à la France par le roi Charles II, moyennant la somme de 3 500 000 livres, et Louis XIV y exécute une seconde entrée solennelle, qui est le moment choisi ici. Le roi montre la ville avec son bâton de commandement, suivi de Turenne, du maréchal de Saint-Aignan François de Beauvilliers, et du duc d'Orléans[13].

La réduction de Marsal

La sixième pièce évoque la Réduction de Marsal le , faisant suite au siège de la ville. La scène représentée montre l'envoyé du duc de Lorraine (le prince de Lixen, Jacques-Henri de Lorraine) remettant les clefs de la ville au roi. Le roi est à cheval, accompagné de son frère le duc d'Orléans, du duc de Guiche, du maréchal de la Ferté, et de Vauban, qui a dirigé les travaux du siège. Le prince de Lixen est accompagné de divers plénipotentiaires lorrains[14].

Le Renouvellement de l'alliance entre la France et les Cantons suisses

La septième pièce représente Le renouvellement de l'Alliance suisse, qui avait été signée le à Soleure, mais nécessitait une confirmation à Paris. La délégation suisse avait été reçue au Louvre le , mais la pièce représente ici l'acte solennel tenu le dans la cathédrale Notre-Dame[15]. Au centre de la composition prend place le cardinal Barberini (grand aumônier de France) et l'évêque de Chartres Ferdinand de Neufville de Villeroy. Derrière le roi sont représentés Olivier Lefèvre d'Ormesson, Monsieur frère du roi, le Prince de Condé, le duc d'Enghien, et le duc de Vendôme (de dos). Derrière le délégué des treize cantons suisses Jean-Henri Waser, bourgmestre de Zurich, sont notamment figurés Antoine de Graffenried, ainsi que Monsieur de Sainctot, introducteur des ambassadeurs (représenté de dos). Le Brun a représenté le roi et le bourgmestre prêtant serment en même temps, alors qu'en réalité Louis XIV a attendu que les treize délégués s'exécutent. Dans les tribunes à droite, on remarque la présence de la reine Marie-Thérèse, de la reine-mère Anne d'Autriche, et d'Henriette d'Angleterre. Le décor de la cathédrale est sensiblement le même que celui figuré dans la pièce du Mariage du roi : Le Brun a représenté quatre pièces des Actes des Apôtres de Raphaël (La Pêche miraculeuse et La donation des clefs à saint Pierre à gauche, et La mort d'Ananias et la Prédication de saint Paul à Athènes à droite). On remarque également les mêmes ornements de l'autel[16].

L'audience du légat Chigi

La huitième pièce représente L'Audience du nonce Chigi, neveu du pape Alexandre VII, venu remettre des lettres de créances de son oncle à Fontainebleau, le , à la suite d'un affrontement entre la France et le Saint Siège ayant entraîné l'occupation des États avignonnais. La scène se passe dans la chambre du roi à Fontainebleau, où est installé le roi, assis dans l'alcôve, écoutant le cardinal lire la lettre du pape. Derrière le roi prennent place le duc de Navailles (capitaine de la Garde écossaise), le duc de Guise (grand chambellan), et le duc de Saint-Aignan (premier gentilhomme de la chambre). Monsieur, frère du roi, apparaît au premier plan à droite. Derrière le cardinal Chigi sont représentés le duc d'Harcourt, grand écuyer (qui en tant que prince étranger a le droit d'être représenté la tête couverte dans la pièce de tapisserie), et Monsieur de Bonneuil, introducteur des ambassadeurs, qui apparaît de dos[17]. La cheminée au centre de la pièce est plus simple que dans le carton peint préparatoire. Le mobilier de la chambre se compose notamment d'un grand cabinet d'ébène, et la salle est ornée d'une tenture murale décorative, ornée de grands rinceaux, festons et enfants d'or. Le tissu du lit, des sièges et des coffres était originellement en Gros de Naples blanc orné de broderies d'oiseaux et de fleurs de la Chine. Le Brun s'est permis de changer les couleurs des tissus. À gauche apparaît l'un des quatre grands guéridons d'argent créés par Bonnaire[18].

Louis XIV dans la tranchée au siège de Tournai

La neuvième pièce évoque Le siège de Tournai tenu en , pendant la guerre de Dévolution. La pièce place la scène au , tandis que le roi, représenté à l'arrière-plan, est personnellement engagé dans les combats, et s'expose au feu des ennemis pour reconnaître le terrain. On reconnaît à ses côtés Turenne tentant de le retenir et qui avait, selon les mots de Quincy dans son Histoire militaire de Louis XIV, menacé de quitter son commandement si le roi ne se décidait pas à se mettre à l'abri. La ville capitule quatre jours plus tard[19].

Le siège de Douai

La dixième pièce montre également l'engagement héroïque du roi dans la bataille en représentant Le siège de Douai, où le , le roi prend part aux opérations, aux côtés du maréchal de Duras et de Turenne. Le Brun s'est attaché à décrire au premier plan des officiers et des gendarmes blessés juste à côté du roi[20].

La prise de la ville de Lille

La onzième pièce de la tenture illustre La prise de Lille, le . Le marquis d'Humières (qui a pris la ville au nom du roi), accueille Louis XIV (monté sur un cheval « Isabelle » et tenant le bâton de commandement) et sa troupe, composée de Monsieur frère du roi, Turenne, et Vauban. La ville capitule dans la nuit du 27 au . À l'arrière-plan sont figurés l'abbaye de Fives, et au loin la ville de Lille[21].

La déroute de Marsin

La douzième pièce représente le combat du canal de Bruges, du , où la défaite du commandant espagnol, le comte de Marsin, marque la fin de la campagne de Flandres. Le roi est représenté aux côtés du prince de Condé et du marquis de Créquy (de dos, en rouge), avec le marquis de Bellefonds[22].

Le Roy Louis XIV visitant les Manufactures des Gobelins

La treizième pièce de la tenture est sans doute la plus célèbre et la plus fréquemment commentée, car elle illustre le mécénat royal de Louis XIV et glorifie son action auprès de la manufacture des Gobelins, où la tenture a été tissée. Elle représente La visite du roi aux Gobelins le , dans un moment d'accalmie entre deux opérations militaires[23]. Le roi et sa suite apparaissent sur le perron, dans la cour de la manufacture, aux côtés de Monsieur le duc d'Orléans, du Grand Condé, du duc d'Enghien, de Colbert (représenté de profil), et de Le Brun lui-même, mis en avant de face, tenant son chapeau à la main. Devant le souverain, Le Brun a créé un échantillon des plus prestigieuses créations de la manufacture. Au fond de la cour est représenté l'arc de triomphe bâti spécialement pour l'occasion, surmonté du carton du Passage du Granique de la tenture de l'Histoire d'Alexandre. Près du roi, on peut reconnaître Claude de Villiers et son fils présentant un grand vase en or. À droite, Domenico Cucci et Caffieri achèvent d'installer l'un des grands cabinets à colonnes torses, ornés de pampres de vigne en cuivre doré et pilastres d'écaille (plus tard signalés dans la collection du duc d'Aumont). Au premier plan, Du Tel soutient l'un des quatre brancart d'argent. Un grand plat ovale en argent (représentant La prise de Dôle, davantage que celle de Tournai pourtant citée dans les inventaires) est porté par Monsieur Merlin. Au premier plan à gauche est figuré un grand vase en argent (qui apparait également dans la tenture des Maisons royales, dans la pièce représentant Le château de Madrid). À l'extrême gauche apparaît une torchère de Bonnaire. Au centre de la composition, on distingue une riche table, créée par les Magliorini, Branchi, et Giachetti. Au fond, non loin du roi, on peut reconnaître Baudouin Yvart présentant un grand tableau. À l'extrême droite apparaissent peut-être Delacroix (tenant un tapis enroulé) et Mozin. Sur les murs, de part et d'autre de l'arc, on distingue deux pièces de la suite des Maisons royales. Cette pièce, particulièrement célèbre, est l'une des illustrations les plus fastueuse du riche mécénat de Louis XIV, évoquant notamment l'impressionnante collection de mobilier d'argent du roi, fondue en grande partie en 1689 et aujourd'hui totalement disparue[23].

Louis XIV mène le siège de Dole

La quatorzième pièce de la tenture, la dernière de la première série, représente La prise de Dole, le , montrant la capitulation de la ville, précédant de peu la fin de la « première » conquête de la Franche-Comté, qui aboutira à la signature du traité d'Aix-la-Chapelle le . Le roi se tient aux côtés du prince de Condé, du duc de Roquelaure, et du duc d'Enghien, tandis qu'un officier à pied reçoit ses ordres[24].

Le baptême du Dauphin

L'établissement de l'hôtel royal des Invalides

La satisfaction du Duc de Gênes

Liste des différentes pièces tissées

La tenture

Davantage d’informations Sujet, Date de l’événement ...
Description de chaque tapisserie
Sujet Date de l’événementCartonnier TentureAtelierDate du tissageDimensions LocalisationImage
Le Sacre du Roy[25] 1re (HL)Jans père
Jans fils
-4,95 × 6,89 m Mobilier national[26]
3e (BL) Mozin - 3,9 × 5,72 m Versailles[27]
4e Le Blond
6e (BL) Delacroix - 3,85 × 5,75 m Mobilier national[28]
7e De La Fraye
L'Entrevue des rois de France et d'Espagne[29]
  • Mathieu le père
1re (HL)Jans père
Jans fils
-5,15 × 6,97 m Mobilier national[30]
3e (BL) Mozin - 3,78 × 5,59 m Mobilier national[31]
4e Souet
6e Le Blond
7e Monmerqué
Le Mariage du Roy 1re (HL)Jans fils-5,08 × 6,8 m Mobilier national[32]
3e (BL) Mozin - 3,85 × 5,75 m Versailles[33]
4e Le Blond
6e (BL) Le Blond - 3,95 × 5,95 m Mobilier national[34]
7e Le Blond
L'Audience de l'ambassadeur d'Espagne, ou
Satisfaction faite à Louis XIV par
l'ambassadeur d'Espagne[35]
1re (HL)Jans fils-5,05 × 6,93 m Mobilier national[36]
3e Mozin
4e Souet
6e (BL) De La Croix fils - 3,82 × 5,72 m Versailles[37]
L'Entrée du roi à Dunkerque[38] 1re (HL)Lefèbvre-5,23 × 6,95 m Mobilier national
2e (HL) Jans fils - 4,95 × 6,85 m Versailles[39]
3e (BL) Mozin - 3,9 × 5,85 m Versailles[40]
4e Souet
6e (BL) Monmerqué - 3,71 × 5,74 m Ambassade de France à Lisbonne[41]
7e (BL) Le Blond - 4,12 × 5,9 m Mobilier national[42]
La Réduction de Marsal[43] 1re (HL)Jans fils-5,2 × 6,85 m Mobilier national[44]
3e (BL) Mozin - 3,9 × 5,7 m Versailles[45]
4e De La Croix père
6e (BL) Monmerqué 3,8 × 5,8 m Mobilier national[46]
7e (BL) Le Blond - 4,14 × 5,63 m Mobilier national[47]
Le Renouvellement de l'alliance
entre la France et les Cantons suisses à
Notre-Dame de Paris[48]
1re (HL)Henri Laurent
Jans fils
-5,07 × 6,95 m Mobilier national[49]
3e (BL) Mozin - 3,8 × 5,85 m Versailles[50]
4e De La Croix père 3,87 × 5,85 m Musée national de Zurich[51]
6e (BL) Monmerqué - 3,82 × 5,6 m Ambassade suisse à Paris[52]
7e De La Croix
L'Audience du légat Chigi[53]
  • Mathieu le père (HL)
1re (HL)Lefèbvre-5,12 × 7,25 m Louvre[54]
2e (HL) Jans fils - 5,15 × 7,15 m Mobilier national[55]
3e (BL) Mozin - 3,9 × 5,95 m Versailles[56]
4e (BL) De La Croix fils - 3,7 × 6,05 m Mobilier national[57]
6e (BL) Le Blond - 3,8 × 5,88 m Mobilier national[58]
7e Le Blond
Louis XIV dans la tranchée au siège de Tournai[59] 1re (HL)Jans fils-5,15 × 6,9 m Mobilier national[60]
3e (BL) Mozin - 3,85 × 5,9 m Versailles[61]
4e De La Croix fils
6e (BL) De La Croix fils - 3,75 × 5,8 m Mobilier national[62]
7e (BL) Cozette - 4,15 × 5,4 m Strasbourg[63]
Le Siège de Douai[64] 1re (HL)Jans fils-4,9 × 6,85 m Mobilier national[65]
2e (HL) Lefèbvre - 5 × 6,92 m Mobilier national[66]
3e Mozin
4e De La Croix fils
6e (BL) De La Croix fils - 3,83 × 5,82 m Versailles[67]
7e (BL) Cozette - 4,13 × 5,42 m Mobilier national[68]
La Prise de la ville de Lille par
l'armée de Louis XIV[69]
1re (HL)Lefèbvre-5,23 × 6,95 m Mobilier national
3e (BL) Mozin - 3,9 × 5,85 m Versailles[70]
4e De La Fraye
6e (BL) De La Croix fils - 3,67 × 5,76 m Mobilier national[71]
7e Cozette
La Défaite de l'armée espagnole près
du canal de Bruges, ou déroute de Marsin[72]
1re (HL)Jans fils-5,2 × 6,94 m Mobilier national[73]
3e (BL) Mozin - 3,85 × 5,76 m Versailles[74]
4e (BL) De La Croix père - 3,8 × 5,8 m Galerie Deroyan[3]
6e (BL) Monmerqué - 3,65 × 4,5 m Ministère de l'Agriculture[75]
7e (BL) Le Blond - 4,2 × 5,9 m Mobilier national[76]
Le Roy Louis XIV visitant les
Manufactures des Gobelins
1re (HL)Jans fils-5,23 × 7,11 m Mobilier national[77]
3e Mozin
4e De La Fraye
6e (BL) Le Blond - 3,75 × 5,8 m Versailles[78]
7e Le Blond
Louis XIV mène le siège de Dole[79] 1re (HL)Jans fils-5,23 × 6,95 m Mobilier national
3e (BL) Mozin - 3,85 × 6,2 m Versailles[80]
4e Souet
6e (BL) De La Croix fils - 3,85 × 6,2 m Hôtel de Brienne[81]
Le Baptême du Dauphin
  • J. Christophe
5e (HL) De la Tour - 5,05 × 6,7 m Mobilier national[82]
Établissement de l'hôtel royal des Invalides 5e (HL) De la Tour - 5,05 × 6,65 m Mobilier national[83]
La Satisfaction du Duc de Gênes[84]
  • Hallé
5e (HL) De la Tour
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Les entrefenêtres

Davantage d’informations Sujet, Date ...
Sujet DateCartonnier TentureAtelierDate du tissageDimensions LocalisationImage
L'entrevue des rois Simon Renard de
Saint-André
4e (BL) Souet
6e (BL) Monmerqué - 3,7 × 3 m Ambassade de France à Ankara[85]
L'audience du Légat 4e (BL) De la Croix fils - 3,7 × 3,35 m Ambassade de France à Ankara[86]
La prise de Lille 4e (BL) Souet
6e (BL) De la Croix fils
La réduction de Marsal Michel Ballin 6e (BL) Monmerqué 3,7 × 2,65 m Ministère de l'Agriculture[87]
Le siège de Tournay 4e (BL) De la Croix fils
La défaite de l'armée espagnole 4e (BL) De la Croix fils
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Notes et références

Annexes

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