Théâtre de Pierre Albert-Birot

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Photographie en noir et blanc d'un homme de 43 ans portant une grande marionnette au bout de son bras
Pierre Albert-Birot portant une marionnette conçue pour la pièce Matoum et Tévibar en 1929

Pierre Albert-Birot a contribué à faire évoluer le théâtre contemporain tant comme dramaturge que comme metteur en scène et comme théoricien.

Dès 1916, Albert-Birot produit une réflexion théorique importante sur la dramaturgie, le jeu et la mise en scène, autour de principes « farouchement anti-réaliste[s] »[1]. Il rédige plusieurs notes sur le théâtre dans SIC, jusqu'à aboutir à un manifeste pour un « théâtre nunique ». Il défend également le mélange des tonalités, la synthèse des arts, et dessine une conception du théâtre comme art total[2],[3] :

« On ne reculera devant aucun contraste, aucune diversité, aucun inattendu, acrobaties, chants, pitreries, tragédie, comédie, bouffonnerie, projections cinématographiques, pantomimes, le théâtre nunique doit être un grand tout simultané, contenant tous les moyens et toutes les émotions capables de communiquer une vie intense et enivrante aux spectateurs. »

Au même moment, il souhaite déconstruire et repenser l'espace scénique, en imaginant « un cirque dont le public occupera le centre tandis que sur une plateforme périphérique tournante se déroulera la majorité du spectacle relié encore au public par des acteurs parsemés dans son enceinte ». Cette idée sera reprise par Apollinaire qui, selon Geneviève Morin, l'emprunte directement à Albert-Birot[4],[5], dans le prologue des Mamelles de Tirésias. En outre, Albert-Birot, défend dans un premier temps l'abolition de la distinction entre l'espace scénique et celui dévolu au public[6], avant de finalement réaffirmer, en 1923, la nécessité d'une séparation la plus nette, afin de « signifier que ce qui se passe derrière la rampe est d'une vérité autre que la vérité quotidienne[3] ». Enfin, il se prononce contre l'existence de tout décor, ce dernier devant être remplacé par une création lumière[7].

Albert-Birot s'est particulièrement attardé sur le rôle de la direction d'acteur, en collaboration avec sa femme[8],[9], toujours selon des principes anti-naturalistes, réclamant « un acteur en carton qui ne sente pas et qui marche mal[10] », au point de préférer parfois aux comédiens l'usage de marionnettes[4]. Amateur de Guignol, il entretient des relations avec les marionnettistes Paul Jeanne, Robert Desarthis et Gaston Cony[11], animateur aux Buttes-Chaumont du « Guignol de la Guerre », qu'il encourage à remettre Guignol « à sa place dans l'Art dramatique[12] ».

Mise en scène

Comme metteur en scène, Albert-Birot met partiellement en pratique ces principes dès 1917, quand Apollinaire lui confie la création des Mamelles de Tirésias. Cette dernière se fait dans des conditions incertaines à cause du contexte de guerre. Le budget est réduit, le décor en papier. Les seins de Thérèse s'envolant devaient être représentés par des ballons gonflés à l'hélium, le gaz étant réservé à l'armée, on se contente de balles de tissu pressé[13].

Écriture et répertoire

Notes et références

Bibliographie

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