Théologie de l'environnement
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La théologie de l'environnement ou théologie environnementale (anglais : environmental theology) est un courant de la théologie et de la métaphysique qui questionne la relation entre Dieu et l'environnement, à la lumière des problèmes et des avancées contemporains de l'écologie.
« The disclosure of God's relationship to the world is essential to an environmental theology. »
— Johnson, 1994 ; Rust, 1971.
Lynn White, Jr est généralement associé aux travaux de recherche sur la théologie de l'environnement, parce que son travail dans les années 1960 a déclenché un regain d'intérêt à grande échelle pour ce domaine. Son article « Les Racines Historiques de notre Crise Écologique » (1967) est le plus cité dans la revue de la littérature à ce sujet.
Les travaux en théologie de l'environnement regroupent habituellement deux lignes de pensée. Une première ligne concerne le système de croyance et l'autre le système de comportement. Il est généralement constaté que les documents étroitement liés à la théologie de l'environnement ne définissent pas directement le terme (Jacobus, 2001). Une distinction doit être faite : la théologie est un système de croyance et l'éthique est un système de comportement.
Les bases de la théologie de l'environnement
La théologie de l'environnement inclut généralement une compréhension de la relation de Dieu à l'univers ou à la Création, et une cosmologie. Robert J. Jacobus divise les possibilités en trois conceptions de la relation physique de Dieu avec l'environnement[1]. La première est que le Dieu créateur existe à l'extérieur du monde physique (Timm, 1994). La deuxième est que Dieu existe à l'intérieur de l'environnement (McFague, 1993, Tobias, 1994). La troisième conception stipule Dieu comme une entité n'existe pas (Berry, 1994 ; Callicott, 1994 ; Swimme, 1994 ; Wei-ming, 1994). Trois variantes de ces types de base peuvent être identifiées dans la littérature. La première est que la personne de Dieu pourrait être nettement séparée de l'environnement et exister aussi à l'intérieur de l'environnement (White, 1994). Une deuxième variante soutient que Dieu et la nature existent en tant déités séparées (Griffin, 1994). La troisième variante nie que Dieu soit une entité cognitive et conçoit l'environnement en tant que déité créatrice. Si Dieu est extérieur au Dieu-environnement, alors le Dieu Créateur est en relation avec l'environnement en tant qu'entité distincte, tandis que si Dieu est intérieur à l'environnement, on ne peut pas faire de distinction entre la personne de Dieu et l'environnement, et la notion de Créateur elle-même peut devenir problématique. Un point de vue mystique, commun à plusieurs traditions religieuses qui unissent ces catégories, consiste à dire que Dieu crée en permanence l'univers, et que l'univers est une expression directe de l'être de Dieu, plutôt qu'un objet créé par Dieu en tant que sujet.
Du point de vue environnemental, les visions du monde correspondantes sont que (1) la nature est créée, (2) la nature est divine et (3) la nature est émergente. Trois théologies de l'environnement émergent, (1) Dieu existe éternellement et l'environnement est la création de Dieu, (2) l'environnement est Dieu (Nelson, 1990) et (3) l'environnement a émergé de conditions physiques (Fraley, 2000). Mais Robert S. Corrington va jusqu'à dire que Dieu est une propriété émergente du cosmos lui-même[2].
Il n'y a pas de distinction claire entre la théologie de l'environnement et l'écothéologie, bien que le terme de théologie environnementale pourrait désigner une théologie dans laquelle l'éthique de l'environnement est mise en place avant la compréhension de la signification de Dieu.
Dans la tradition biblique
La révélation de la relation de Dieu au monde constitue le socle d’une théologie de l’environnement. Dans la tradition biblique, dès le récit de la Genèse, la création est présentée comme l’œuvre de Dieu, qualifiée de « bonne » à chaque étape, et confiée à l’humanité non pour l’exploiter sans limite, mais pour la « garder et la cultiver » (Gn 2,15). Cette responsabilité implique une vocation de stewardship, c’est-à-dire de gestion respectueuse et solidaire de l’ensemble de la création. L’idée que Dieu demeure présent dans le monde, non seulement comme créateur initial mais comme soutien permanent de la vie, confère à la nature une dimension sacrée : elle devient signe de la présence divine et lieu de révélation[3],[4].
Dans la théologie chrétienne contemporaine, cette conviction a été renforcée par l’« écologie intégrale » mise en avant notamment par le pape François dans son encyclique Laudato si’. Il y affirme que la crise écologique actuelle est inséparable de la crise spirituelle et sociale, et que la sauvegarde de la maison commune repose sur une compréhension renouvelée du rapport entre Dieu, l’humanité et la création. Protéger l’environnement devient ainsi un acte de foi, une manière concrète de répondre à l’appel de Dieu à aimer et préserver la vie sous toutes ses formes.
En ce sens, la théologie de l’environnement n’est pas une discipline marginale, mais une réflexion fondamentale sur la relation trinitaire de Dieu au monde : le Père comme créateur, le Fils comme médiateur incarné dans la création, et l’Esprit Saint comme souffle de vie qui la vivifie et la renouvelle. Cette perspective permet de comprendre l’écologie non seulement comme une exigence éthique ou politique, mais comme une dimension intrinsèque de la foi chrétienne et de la spiritualité[5],[6].