Thérèse Romer

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Nom de naissanceTheresa Renata Romer
Date de naissance (99 ans)
Lieu de naissanceVarsovie Pologne
NationalitéCanadienne
Thérèse Romer
Illustration.
Fonctions
Interprète, horticultrice, fondatrice de Maisons anciennes du Québec (APMAQ), de la Société d’Horticulture et d’Écologie de Deux-Montagnes et de FloraQuebeca
Biographie
Nom de naissance Theresa Renata Romer
Date de naissance (99 ans)
Lieu de naissance Varsovie Pologne
Nationalité Canadienne
Conjoint Pierre De Bellefeuille
Profession Photographe, pigiste, horticultrice, traductrice et interprète
Distinctions Le Pavot honorifique de l'APJQ en 2001

Membre d'honneur de l'AIIC en 2009

Thérèse Romer, alias Renia Romer, née Theresa Renata Romer le 26 mai 1926 à Varsovie, en Pologne, est l’une des premières interprètes indépendantes du Canada et co-fondatrice du premier cabinet d’interprétation de Montréal, Inter-Info Associés.

Épouse du député Pierre De Bellefeuille, elle est aussi derrière la création des jardins de la Maison Chénier-Sauvé de Saint-Eustache et la fondation de plusieurs organismes québécois, notamment Maisons anciennes du Québec, la Société d’Écologie et d’Horticulture de Deux-Montagnes ainsi que FloraQuebeca.

Jeunesse à l'internationale

Theresa Renata Romer est la fille de Tadeusz Romer, diplomate et politicien Polonais, et de Zofia Wankowicz, infirmière récipiendaire de la Croix de Valeur pour son courage au sein de la Croix Rouge pendant la Première Guerre mondiale[1].

Theresa quitte la Pologne avant même ses 2 ans alors que son père prend des postes d’ambassadeur en France et en Italie à la fin des années 1920 et au début des années 1930. C’est suite à l'assignation de Tadeusz comme ambassadeur de Pologne à Tokyo en 1937 que Theresa étudie aux côtés des filles de plusieurs figures politiques et diplomatiques japonaises. En juillet 1941, le gouvernement nippon ferme l’ambassade de Pologne à Tokyo et la famille Romer quitte le pays en novembre de la même année. Theresa, ses parents, ainsi que ses sœurs, déménagent alors à Shanghai où Tadeusz prend la charge de Haut-Commissaire aux Réfugiés. De nouveau sur la route à partir de 1942, la famille passe son temps entre Londres et Moscou puisque Tadeusz devient d’abord ambassadeur de Pologne en Union Soviétique puis ministre des affaires étrangères du gouvernement polonais en exil[1],[2],[3].

Poussée par ses talents pour les langues et ses connaissances interculturelles acquises à l’international pendant toutes ces années,Theresa rejoint l’Université d’Oxford à l’âge de 19 ans en 1945. C’est là qu’elle reçoit, en 1949, un diplôme en droit civil. C’est aussi là qu’elle rencontre Mieczyslaw Piotr (Mietek) Nitoslawski, vétéran polonais né en Russie et ayant lui aussi rejoint le département de droit d’Oxford. Après la guerre, Tadeusz accepte un poste comme professeur de français à l’Université McGill et vient s’établir avec son épouse à Montréal en 1948. Theresa, encore aux études à Oxford, viendra s'établir à son tour au Canada deux ans plus tard[1],[4].

Carrière d'interprète indépendante

Theresa, qui francise son nom en Thérèse, arrive à Montréal avec son mari en 1950. Intellectuelle parlant déjà plusieurs langues, elle trouve d’abord un emploi au sein du Département d’études slaves de l’Université de Montréal. Elle part de l’université en 1955 pour trouver un poste au sein de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI)[5]. Peu après, Romer quitte définitivement l’OACI et devient l’une des premières interprètes indépendantes du Canada en février 1962 en joignant l'AIIC (Association Internationale des Interprètes de Conférences). Cette carrière l’emmènera à pratiquer partout à travers le monde. C’est aussi à cette période qu’elle fonde, en compagnie d’autres interprètes de la première heure, le premier cabinet d’interprétation privé de Montréal, Inter-Info Associés[6]. Aujourd’hui encore, elle est considérée comme l’une des fondatrices du monde de l’interprétation au Canada[7].

Horticultrice et environnementaliste

Thérèse Romer et son nouveau mari François Bellefeuille font l’acquisition en 1980 de la Maison Chénier-Sauvé de Saint-Eustache. C’est sur ce terrain que madame Romer découvre sa passion pour l’horticulture. Elle crée sur le terrain un jardin d’espèces indigènes du Canada. La Maison Chénier-Sauvé est une demeure qui a été construite sur une terre ayant appartenu au patriote Jean-Olivier Chénier et dans ce qui fut la maison de l’ancien maire local George Lauzon et du défunt premier ministre du Québec, Paul Sauvé. C’est là que Thérèse se laissera aller à la découverte des plantes sauvages du Canada et à différentes techniques de jardinage. Ces jardins hors du commun contiennent encore aujourd’hui plus de 300 espèces indigènes du Canada. Leur qualité exceptionnelle en fait l’une des raisons pour lesquelles la municipalité de Saint-Eustache a plus tard fait l’acquisition de la maison Chénier-Sauvé, pour le transformer en un musée qui peut toujours être visité aujourd’hui[8].

Thérèse Romer ne s’arrête cependant pas là. En 1985, elle fonde la Société d’Horticulture et d’Écologie de Deux-Montagnes[9]. En 1995, elle dépose un mémoire, dans le cadre de la Commission des Laurentides sur l’avenir du Québec, mettant de l’avant l’importance de la préservation environnementale et écologique du Québec. En 1996, elle cofonde, avec Isabelle Dupras, FloraQuebeca, un organisme qui sensibilise le public et les horticulteurs aux risques des récoltes abusives[10],[11],[12].

En 2001, madame Romer reçoit le Pavot honorifique, une distinction remise par l’Association des petits jardins du Québec en reconnaissance de son action remarquable au sein des cercles horticoles. À titre de journaliste pigiste, elle collabore à plusieurs journaux et revues dont Quatre-temps, revue publiée par le Jardin botanique de Montréal, ainsi que dans la revue Fleurs, Feuilles, Fruits. Elle a aussi longtemps écrit des chroniques dans le magazine La Terre de chez nous au sujet de la flore sauvage québécoise[13],[14].

La famille Romer-Bellefeuille a d’ailleurs fait don, en 2021, d’une terre de 137 hectares de la municipalité de Bolton-Est, en Estrie, au Corridor appalachien. Ce don, protégeant le terrain à perpétuité, a permis la création du parc naturel de la Forêt-Romer[15].

Protectrice du patrimoine bâti

Au moment où le couple Romer-Bellefeuille fait l’acquisition de la maison Chénier-Sauvé, demeure dont la construction remonte à 1890, le monde du patrimoine culturel est en changement au Québec[16]. Influencée par ce courant, Thérèse Romer fait le lien entre la sauvegarde du patrimoine et implication des propriétaires et voit la nécessité de créer un organisme qui assurerait la création de liens entre ceux-ci afin de partager leur passion, mais aussi les meilleures pratiques du milieu, leurs connaissances en conservation, entretien et préservation, etc[17].

C'est ainsi que madame Romer fonde l’Association des Propriétaires de Maisons Anciennes du Québec (APMAQ) en 1980. À ses débuts, l’association avait pour but principal de permettre l’échange d’expériences entre propriétaires de maisons anciennes[18]. Pendant huit ans, soit de 1980 à 1988, Thérèse Romer assume le rôle de secrétaire générale et de rédactrice en chef de La Lucarne, le bulletin d’information de l’association qui est avant tout un instrument d'échange, de sensibilisation, et d'information sur le patrimoine bâti, et qui est publiée de façon trimestrielle depuis 1982. D’abord limitée à la grande région de Montréal, l’APMAQ prend progressivement de l’ampleur pour atteindre toutes les régions du Québec[19]. Toujours active, l'association aujourd'hui nommée Maisons anciennes du Québec fait partie de la Table Québécoise de concertation des organismes nationaux en patrimoine bâti, avec plusieurs autres acteurs tels Action Patrimoine, la Fédération Histoire Québec et Héritage Montréal[20],[21].

Distinctions

Notes et références

Voir aussi

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