The Britons

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The Britons est une organisation britannique antisémite et xénophobe, fondée en juillet 1919 par Henry Hamilton Beamish et John Henry Clarke[1]. Elle s’inscrit dans un ensemble de structures éditoriales successives publiant sous diverses dénominations, notamment Judaic Publishing Co., puis The Britons et The Britons Publishing Society. Ces entités se consacrent principalement à la diffusion, au Royaume-Uni, d’ouvrages, brochures et supports de propagande caractérisés par une rhétorique antisémite systématique. Dans l’historiographie du mouvement politique britannique du début du XXe siècle, l’organisation est généralement associée aux premiers courants du fascisme britannique, dont elle constitue l’un des vecteurs précoces. Des publications attribuées à sa première appellation sont attestées pour les années 1920, 1921 et 1922.

Dans son analyse historiographique, l’historien Sharman Kadish qualifie The Britons de formation se distinguant par un degré de radicalité particulièrement élevé dans la diffusion de la propagande antisémite au début des années 1920, tout en indiquant qu’elle constitue, en Grande-Bretagne, la première organisation explicitement instituée en vue d’un tel dessein[2].

Histoire

Le groupe s’institue à Londres en 1919 sous l’impulsion de Henry Hamilton Beamish, lequel élabore, au cours de son séjour prolongé en Afrique du Sud, une représentation du monde marquée par l’antisémitisme. Beamish rédige les statuts de l’association, dont la constitution est officiellement établie lors d’une assemblée restreinte réunissant quatorze participants et placée sous la présidence de John Henry Clarke[3]. L’organisation tient par la suite des séances mensuelles dans la capitale britannique et se dote de sa propre structure éditoriale, The Judaic Publishing Company Ltd., appelée à constituer un vecteur majeur de diffusion de littérature antisémite et conspirationniste[4]. Parallèlement, Beamish s’engage dans le Silver Badge Party, puis quitte définitivement la Grande-Bretagne au cours de la même année, à la suite d’une condamnation au versement de dommages-intérêts consécutive à la diffusion d’une affiche jugée diffamatoire visant Alfred Mond. Dans ce contexte, il adopte progressivement une posture antisémite virulente et s’investit dans des activités de propagande nazie[4].

Les milieux britanniques se maintiennent sous l’autorité directrice de John Henry Clarke, praticien acquis aux doctrines de l’homéopathie, lequel occupe successivement les fonctions de président et de vice-président, aux côtés de Beamish, établi en Rhodésie du Sud, qui conserve quant à lui la présidence effective depuis la constitution du groupe jusqu’à sa disparition en 1931. Dans ce cadre, Clarke favorise l’établissement de liens fonctionnels avec la frange droitière du Parti conservateur et contribue parallèlement à l’agrégation de diverses personnalités, parmi lesquelles figurent Arthur Kitson et le brigadier-général R. B. D. Blakeney.

Le groupe avance comme finalité déclarée l’exclusion de l’ensemble des Juifs de Grande-Bretagne, au moyen d’une politique d’émigration contrainte vers la Palestine mandataire. L’admission en son sein demeure strictement conditionnée à la justification d’une ascendance britannique limitée aux grands-parents, exigence paradoxale au regard de la dénomination « Britons » que l’organisation s’attribue. Son activité se concentre essentiellement sur la production et la diffusion de publications périodiques, parmi lesquelles figurent notamment Jewry über alles, The British Guardian et The Investigator, cette dernière paraissant à partir de 1937 et se distinguant par l’adoption d’une iconographie de la croix gammée ainsi que par une devise récurrente formulée en ces termes : « Pour la Couronne et la Patrie, le Sang et le Sol ». Ces organes de presse accueillent des contributions émanant de figures associées aux formes les plus radicales et notoires de l’antisémitisme de l’époque, dont Joseph Banister et George Clarke, 1er baron Sydenham de Combe, ainsi que des traductions d’écrits du théoricien racial nazi Alfred Rosenberg[5].

La maison d’édition diffuse parallèlement des pamphlets antisémites, au nombre desquels figure une version des Protocoles des Sages de Sion fallacieusement attribuée à Victor E. Marsden. La réalité chronologique contredit toutefois cette paternité littéraire, l’intéressé étant décédé le 28 octobre 1920 ; si Norman Cohn situe le premier tirage des Britons en 1921, les fonds de la British Library conservent un exemplaire subsistant daté de 1922, attestant l’implication de la Britons Publishing Society. L’historiographie demeure lacunaire quant au parcours de cet ancien correspondant du Morning Post, occultant les mécanismes ayant conduit à l'apposition de son patronyme sur cet ouvrage. En août 1921, Philip Graves, journaliste au Times, démontre formellement le caractère plagiaire du texte, dont la traduction originale émane de George Shanks pour le compte d'Eyre & Spottiswoode. Selon les travaux de Nick Toczek, The Britons acquièrent, contre le versement de 30 livres sterling, les clichés d’imprimerie ainsi que les droits de diffusion du libelle intitulé The Jewish Peril: The Protocols of the Learned Elders of Zion[6]. Nonobstant cette révélation, la société pérennise la commercialisation de l’ouvrage tout au long de son existence, totalisant 85 rééditions[7]. Dès 1922, sous l'appellation de Britons Publishing Company, cette officine étend son activité en fournissant un substrat idéologique à diverses mouvances fascistes et antisémites outre-Manche, notamment la British Union of Fascists, et ce, jusqu’en 1975.

Privée de ressources financières, l’association The Britons se réduit, après le décès de Clarke en 1931, à la seule fonction de conseil d’administration de la maison d’édition, sous la présidence effective de l’avocat James D. Dell jusqu’en 1949[8]. Durant la Seconde Guerre mondiale, l’organisation demeure pour l’essentiel inerte. Elle connaît par la suite une tentative de revitalisation sous la direction d’Anthony Gittens, puis d’A. F. X Baron. Le conseil d’administration initie la publication d’une revue antisémite d’extrême droite, Free Britain, à laquelle apportent leur contribution Arnold Leese et Colin Jordan[9]. L’entité politique cesse néanmoins de subsister dans les années 1950.

Voir aussi

Références

Pour en savoir plus

Liens externes

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