Théorie des cycles d'affaires de Hawtrey
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La théorie des cycles d'affaires de Hawtrey est une théorie explicative des cycles économiques mise au point par Ralph George Hawtrey dans les années 1930. Elle se fonde sur une analyse du rôle de la monnaie et de la politique monétaire sur les décisions de stockage et de déstockage des entreprises pour expliquer la succession de phases d'expansion économique et de phases de récession.
Principes et postulats
Ralph George Hawtrey met en avant une explication monétaire des cycles économiques. L'évolution des taux d'intérêt appliqués dans l'économie joue un rôle sur la gestion des stocks des entreprises et de leurs commandes, et est le moteur premier derrière les cycles des affaires[1].
La théorie se fonde sur un postulat concernant les agents économiques placés au cœur de la théorie, qui sont les « commerçants », c'est-à-dire toutes les entreprises mettant à la vente (producteur comme détaillant). Ces entreprises doivent supporter un coût singulier qui est celui de fonds de roulement, nécessaires pour acquérir et maintenir les stocks des marchandises qu'ils cherchent à vendre. Les commerçants ont ainsi recours au crédit bancaire et sont sensibles aux évolutions du taux d'intérêt que les banques pratiquent. Par extension, les commerçants sont ainsi soumis à la politique monétaire menée par les banques centrales, qui fixent le taux directeur qui se répercute sur les banques[1].
Un autre postulat de la théorie est que la masse monétaire est élastique à l'activité : elle s'accroît en situation de croissance, et se contracte en situation de récession[2].
Mécanisme
La hausse du coût de financement des entreprises affecte leur taux de marge opérationnelle, qui se répercute sur leurs commandes aux autres entreprises, provoquant leur baisse, ainsi qu'une utilisation des stocks déjà constitués. De moins en moins de salaires sont versés, d'où une baisse de la demande et des prix[1].
Les deux facteurs déterminants sont l'évolution de la demande effective d'une part, et de l'évolution des liquidités présentes dans le système économique de l'autre. En ce qui concerne l'évolution de la quantité de liquidités et leur utilisation, Hawtrey soutient que les entreprises réduisent leur demande de crédit auprès des banques et remboursent leurs emprunts, ce qui réduit la quantité de monnaie en circulation. De plus, les agents économiques vont moins mobiliser les liquidités dont ils disposent et vont les garder inactives[1].
Une dépression a lieu lorsque se produit une « impasse du crédit », c'est-à-dire lorsque la dynamique du crédit est enrayée, que les entreprises ne demandent plus de crédit bancaire faute de débouchés suffisants pour leur production. Dans une telle situation, les banques modifient la composition de leur portefeuille en se tournant vers des achats de titres à long terme[1].
Politique préconisée
Pour répondre à une telle situation, Hawtrey déduit la nécessité que la banque centrale réduise ses taux d'intérêt afin de stimuler la production de crédit[1].
Critiques
Absence de prise en compte de la demande effective
La théorie de Hawtrey a été critiquée par John Maynard Keynes sur le fondement de l'importance qu'elle accorde au facteur monétaire et aux taux d'intérêt, par rapport à la demande effective, c'est-à-dire la consommation[3].
Inapplicabilité contemporaine
La théorie des cycles d'affaires de Hawtrey a été critiquée pour son inapplicabilité contemporaine. Elle se fonde en effet sur des postulats datant de l'époque de l'étalon-or et cohérents avec lui[1].
Notes et références
- 1 2 3 4 5 6 7 Laurent Ferrara et Valérie Mignon, Les cycles économiques: une analyse empirique, Economica, coll. « Corpus », (ISBN 978-2-7178-7300-9)
- ↑ Giuliano M. Probst, Confrontation des théories de la sous-consommation et de la surcapitalisation au cours du cycle économique, FeniXX, (ISBN 978-2-402-60805-3, lire en ligne)
- ↑ Gérard-Marie Henry, Keynes, FeniXX, (ISBN 979-10-376-2572-4, lire en ligne)