Le domaine de Herbrand du modèle est défini au moins par un élément constant (afin d'être non vide) et est constitué de tous les termes que l'on peut former à partir des constantes et des fonctions utilisées dans les formules considérées. On définit un modèle de Herbrand en attribuant la valeur vraie à certains prédicats définis sur ces termes.
Exemple 1 : On considère la formule
, où a est une constante. Le domaine de Herbrand est constitué du singleton
. On forme alors la formule
qui est fausse, donc F est réfutable (sa négation est prouvable).
Exemple 2 : On considère la formule
. Le domaine de Herbrand est
. On forme alors
qui est vraie dans un modèle où l'on donne la valeur vraie à
, puis on forme
qui est vraie dans un modèle où l'on donne la valeur vraie à
. Ayant épuisé le domaine de Herbrand, le calcul se termine et F est satisfiable dans le modèle précédemment défini.
Exemple 3 : On considère la formule
. Le domaine de Herbrand est constitué de
. On forme alors
qui possède un modèle en attribuant la valeur vraie à P(a) mais fausse à P(f(a)). Puis, en prenant les deux premiers éléments du domaine a et f(a), on forme
qui ne peut posséder de modèle à cause de la conjonction fausse
. Donc F ne possède pas de modèle. F est réfutable et sa négation est prouvable.
Exemple 4 : On considère la formule
dont on veut montrer qu'il s'agit d'un théorème. Après avoir renommé les variables x et y dans la deuxième partie de G afin d'éviter d'avoir des variables liées de même nom, on obtient une forme prénexe équivalente à G :




La formule prénexe F équivalente à ¬G est :

dont la forme skolémisée est :

La formation des formules Q1 en prenant pour (y, t) le couple (a, a) puis de Q2 en prenant (y, t) = (f(a), a) conduit à
qui est fausse dans tout modèle. F est réfutable et G est un théorème.
Exemple 5 : On considère la formule
. Par un procédé comparable à l'exemple précédent, on obtient pour forme prénexe équivalente à G :
.
La formule prénexe F équivalente à
est :

dont la forme skolémisée est :

Elle est satisfiable en donnant la valeur vraie à tout P(u, f(u)) et fausse à tout P(g(u, v), v), où u et v décrivent le domaine de Herbrand
, et en donnant une valeur arbitraire aux autres prédicats. Cependant, le calcul successif des formules correspondantes Q1, Q2… ne se termine pas. F est satisfiable et donc G n'est pas un théorème, mais la démarche précédente ne permet pas de le montrer par un calcul en un nombre fini d'étapes.