Théorème de Hille-Yosida

From Wikipedia, the free encyclopedia

En théorie des semi-groupes (en), le théorème de Hille-Yosida est un outil puissant et fondamental reliant les propriétés de dissipation de l'énergie d'un opérateur non borné à l'existence et l'unicité et la régularité des solutions d'une équation différentielle (E)

.

Ce résultat permet notamment de donner l'existence, l'unicité et la régularité des solutions d'une équation aux dérivées partielles plus efficacement que le théorème de Cauchy-Lipschitz-Picard, plus adapté aux équations différentielles ordinaires.

Einar Hille (1894-1980) à droite
Kōsaku Yosida (1909-1990)

Définitions

La théorie des semi-groupes doit son origine à l'étude du flot d'une équation différentielle ordinaire autonome en dimension finie ainsi que de l'exponentielle d'opérateurs.

Soit un espace de Banach ; on dit que la famille d'opérateurs linéaires est un semi-groupe (fortement continu) si :

La condition 4 est équivalente à ce que .

Si on remplace 4 par : on dit que est uniformément continu.

On retrouve (vaguement) avec cette définition la notion de famille à un paramètre de difféomorphismes bien connue en théorie des équations différentielles ordinaires.

On définit le générateur infinitésimal d'un semi-groupe fortement continu comme l'opérateur non borné  :

Dans le cas où et la famille d'opérateurs (définie classiquement par sa série) est un semi-groupe fortement continu de générateur infinitésimal : c'est pourquoi on note parfois abusivement .

On dit que le semi-groupe est de contraction si .

Propriétés des semi-groupes de contraction

Théorème 1  Soit un espace de Banach, un semi-groupe de contraction sur et son générateur infinitésimal. Alors :

  1. le flot
  2. et on a , le flot et vérifie
  3. est fermé de domaine dense.

Théorème 2 (Caractérisation des générateurs infinitésimaux)[réf. nécessaire]  Soit un opérateur non borné sur . On a l'équivalence :

  1. est le générateur infinitésimal d'un semi-groupe de contraction
  2. est dense et pour toute condition initiale il existe une unique solution de (E).

De plus, sous cette hypothèse, la solution est à valeurs dans et vérifie ainsi que (inégalités d'énergie).

On commence à voir apparaître le lien entre le problème (E) et la notion de semi-groupe. Pour préciser, il faut maintenant introduire la notion d'opérateur dissipatif.

Opérateurs dissipatifs

Définitions

  • Un opérateur est dissipatif si . Dans le cas où est hilbertien on montre que A est dissipatif si et seulement si .

Remarque: Si est un opérateur dissipatif alors l'opérateur est injectif car .

  • Si de plus , est surjectif on dit que est maximal-dissipatif (ou m-dissipatif). On peut montrer que , est surjectif si et seulement si
.

En pratique pour montrer qu'un opérateur est m-dissipatif on montre d'abord à la main qu'il est dissipatif et on résout ensuite un problème variationnel pour une valeur bien choisie (par exemple avec le théorème de Lax-Milgram, voir exemple de l'équation de la chaleur traité plus bas).

Dans ce cas l'opérateur est un isomorphisme (a priori non continu) de et on note , qu'on appelle la résolvante de A. De plus,

, .

Nous allons voir que cette propriété de continuité peut être améliorée (on va rendre moins fine la topologie sur en munissant d'une norme ).

Propriétés des opérateurs m-dissipatifs

Propriété 1: si est m-dissipatif alors c'est un opérateur fermé.

Corollaire 1 : pour on pose . Alors est une norme pour laquelle est un espace de Banach et .

Propriété 2 : si est un espace hilbertien et est m-dissipatif alors il est à domaine dense.

Propriété 3 : réciproquement si est de domaine dense, dissipatif, fermé et tel que son adjoint est dissipatif alors est m-dissipatif.

Corollaire 3 : toujours dans le cadre hilbertien

  1. si est dissipatif autoadjoint à domaine dense alors il est m-dissipatif,
  2. si est anti-adjoint à domaine dense alors il est m-dissipatif.

Remarque : dans ce dernier résultat, la condition de dissipativité n'est pas nécessaire car anti-adjoint entraîne que donc la dissipativité, voir l'exemple de l'équation des ondes plus bas.

Théorème de Hille-Yosida

Exemples

Articles connexes

Related Articles

Wikiwand AI