Remarquons d'abord que :
- pour tout point x de [0, 1] et tout réel t tel que γ(x) = p(t), il existe un « relèvement local de γ » (défini et continu sur un voisinage de x dans [0, 1]) prenant en x la valeur t : il suffit de choisir un voisinage sur lequel γ n'atteint pas la valeur –γ(x) et d'utiliser que p est un homéomorphisme de ]t – π, t + π[ dans le cercle privé du point –γ(x) ;
- si deux relèvements locaux de γ, définis respectivement sur deux sous-intervalles J1 et J2 de [0, 1], coïncident en un point commun, alors leur différence est nulle sur tout l'intervalle J1∩J2 d'après le théorème des valeurs intermédiaires, puisqu'elle est nulle en ce point et ne peut prendre pour valeurs que des multiples entiers de 2π.
L'ensemble J des réels x de [0, 1] pour lesquels γ possède sur [0, x] un relèvement d'origine t0 est donc un sous-intervalle de [0, 1] de la forme [0, c[ ou [0, c], et γ possède sur J un unique relèvement Γ d'origine t0.
Il reste à montrer que J = [0, 1]. Soit Γ ' un relèvement local de γ sur un intervalle J' voisinage de c dans [0, 1]. En un point arbitraire de J∩J', ce relèvement Γ ', quitte à lui ajouter un multiple adéquat de 2π, coïncide avec Γ ; il coïncide alors sur J∩J', ce qui permet d'étendre Γ en un relèvement sur J∪J'. Par maximalité, J contient donc J'. Par conséquent, J est un voisinage dans [0, 1] de son extrémité c, ce qui prouve que c est égal à 1 et appartient à J.
On suppose
avec
. Alors par analyse-synthèse, si
, on a nécessairement :
, ce qui implique que
. On vérifie alors que
définit bien un relèvement de
et qu'elle est de classe
sur
.