Il fut notamment ministre des Finances et du Commerce de 1966 à 1976 sous la présidence de Sangoulé Lamizana, période durant laquelle il instaura une politique de rigueur budgétaire connue sous le nom de «garangose».
Jeunesse et formation
Tiémoko Marc Garango naît le à Gaoua[1], chef-lieu de la province du Poni (région du Sud-Ouest).
Il est titulaire d'une licence en droit public et sciences politiques.
Carrière militaire
Sa carrière commence par un engagement volontaire dans l'armée française en 1946. Enfant de troupe, il participe aux guerres coloniales françaises avec deux séjours en Indochine (1951-1953 et 1954-1957) puis un séjour durant la guerre d'Algérie (1959-1961). Il suit également les cours de l'École nationale des sous-officiers d'active de Saint-Maixent en 1958[3].
Il intègre l'armée voltaïque en 1963 au grade de lieutenant. En 1965, il entame une formation de spécialisation en France. Il entre au Centre d’enseignement militaire supérieur de Paris (École supérieure de l’intendance) puis à l’École des commissaires de l'air à Salon-de-Provence. Il est nommé intendant-adjoint de l’armée voltaïque le [3].
Parcours politique et diplomatique
À la suite du soulèvement populaire du 3 janvier 1966 qui porte les militaires au pouvoir, Tiémoko Marc Garango est nommé ministre des Finances et du Commerce[4],[5] dans le premier gouvernement formé par le général Sangoulé Lamizana. Il occupe cette fonction pendant dix ans, jusqu'en 1976.
Parallèlement à ses fonctions ministérielles, il exerce d'importantes responsabilités diplomatiques et financières. En 1966, il est nommé ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de Haute-Volta (non résident) auprès de la République de Chine (Taïwan). Il est gouverneur du Fonds monétaire international (FMI) de 1966 à 1976 et devient le premier président de la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) de 1968 à 1970. De 1972 à 1975, il préside le comité des ministres des Finances chargé de la réforme des institutions de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA).
Après son départ du gouvernement, il poursuit sa carrière diplomatique. Il est ambassadeur en République fédérale d’Allemagne de 1977 à 1981[1], puis ambassadeur auprès des États-Unis de 1981 à 1983.
Durant la Révolution démocratique et populaire (1983-1987), il connait une période d'internement administratif. Il revient aux affaires publiques en 1990 en tant que vice-président du Conseil économique et social et président de la Commission de concertation État/secteur privé. Enfin, il exerce la fonction de médiateur du Faso de 1994 à 2000[6].
La « Garangose »
En tant que ministre des Finances, Tiémoko Marc Garango hérite en 1966 de finances publiques déficitaires. Il met en place une politique d'austérité budgétaire et de rigueur drastique, rapidement surnommée la «garangose» par la population[7].
Cette politique de redressement financier est formalisée dans un rapport présenté en conseil des ministres le 7 février 1966. Elle vise à résorber le déficit par la réduction du train de vie de l'État et l'assainissement de la gestion publique. Bien que difficile, cette politique est créditée d'avoir rétabli les fondamentaux économiques de la Haute-Volta. Le président Thomas Sankara reprendra et amplifiera plus tard certains aspects de cette rigueur budgétaire[5].
Un institut pour la gouvernance et le développement (IGD) porte son nom à Ouagadougou[8].
Distinctions
Tiémoko Marc Garango est titulaire de plusieurs décorations nationales et étrangères.
123Jean-Pierre Béjot, «La mort du général Tiémoko Marc Garango, emblématique ministre des finances burkinabè (1/2)», La Dépêche diplomatique, (lire en ligne)
↑Jean-Pierre Béjot, «La mort du général Tiémoko Marc Garango, emblématique ministre des finances burkinabè (2/2)», La Dépêche diplomatique, (lire en ligne)
123Jean-Pierre Béjot, «La mort du général Tiémoko Marc Garango, emblématique ministre des finances burkinabè», La Dépêche diplomatique,
↑Décret no3/PRES du 8 janvier 1966, Journal officiel de Haute-Volta.
12Pascal Zagré, Les Politiques économiques du Burkina Faso: une tradition d'ajustement structurel, Paris, Karthala, , 244p., p.68