Tiburce Sébastiani
général et homme politique français
From Wikipedia, the free encyclopedia
Jean André Tiburce, vicomte Sébastiani de La Porta, né à La Porta (Haute-Corse) le et mort à Bastia (Haute-Corse) le , fut un militaire français du XIXe siècle. Député de la Corse de 1828 à 1837, et pair de France, il était le frère du maréchal et homme politique Horace Sébastiani[1],[2],[3].
| Pair de France | |
|---|---|
| - | |
| Député français | |
| - |
| Vicomte Sebastiani |
|---|
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Nationalité | |
| Formation | |
| Activités |
Homme politique, officier, militaire |
| Famille | |
| Fratrie | |
| Parentèle |
Tiburce Eugène Sébastiani (d) (oncle) |
| Religion | |
|---|---|
| Grade militaire | |
| Distinctions |
Biographie
Jeunesse
Tiburce Sébastiani naît à La Porta (Haute-Corse) le . Il est le fils de Joseph-Marie Sébastiani, tailleur et artisan aisé[4], et de la signora Maria Piétra Francesca Alterice Franceschi. Son frère aîné est le futur maréchal Horace Sébastiani. Tiburce se mariera plus tard à Marie Laetitia Paravicini, le . En 1789, lors de la révolution française, la famille Sébastiani est contrainte de passer en France afin de fuir les troubles révolutionnaires de Corse. Tiburce est alors élève du Prytanée de Paris, puis de l'École militaire de Fontainebleau (Saint-Cyr), d'où il sort en avec le grade de sous-lieutenant au 1er régiment de Dragons[2].
Guerres napoléoniennes
Lieutenant au 1er régiment de Dragons, il participe entre 1809 et 1811 aux expéditions du Portugal dirigée par le général Junot, où il prend part à la bataille de Vimeiro, puis d'Espagne, sous les ordres de son frère le général Horace Sébastiani, où il se distingue aux batailles de Ciudad Real (es), de Santa-Cruz, de Talaveira, d'Almonacid, au passage de la Sierra Morena (où il est élevé au grade de Chevalier de la légion d'honneur le )[5] et à la prise de Malaga. Il reçoit le commandement de colonnes mobiles, à la tête desquelles il combat tour à tour les Espagnols et les Anglais, notamment à Motril, dont il s'empare, et sous les murs de Gibraltar[2].
Appelé par Napoléon en 1812 à la Grande Armée, il est nommé capitaine au 17e régiment de Dragons le , puis est nommé aide de camp du comte de Narbonne le . Il fait la campagne de Russie en qualité de chef d'escadron du 11e régiment de chasseurs à cheval (nommé le ) et montre de la bravoure à la bataille de la Moskowa. Il fait également partie de l'avant-garde qui pénètre dans Moscou en et reçoit un coup de sabre au cou lors d'un combat devant la ville le .
Il fait ensuite la campagne d'Allemagne, où il obtient le grade de chef de bataillon au 32e régiment d'infanterie légère le puis au 11e régiment d'infanterie légère le . Le , il est fait colonel du 29e régiment d'infanterie légère à la bataille de Dresde et combat à Leipzig et à Hanau. Il participe à la campagne de France de 1814 (au cours de laquelle il reçoit un coup de feu à la jambe gauche à Montereau le ), puis est nommé au commandement du 11e régiment d'infanterie légère le .
Maintenu dans ses fonctions lors du retour de Napoléon lors des Cent-Jours, il combat avec l'armée du Nord en Belgique et participe à la bataille de Ligny le . Très affaibli, il ne peut prendre part deux jours plus tard à la bataille de Waterloo. Après un dernier combat livré à la Patte-d'Oie pour protéger la retraite de l’armée française, il se retire avec les restes de l'armée derrière la Loire. Il est finalement mis en non activité au licenciement le [2].
Sous la restauration
Au retour des Bourbons, il se rend dans son pays natal, et, trois ans plus tard, en 1818, il reçoit le commandement de la légion-corse (le 7 avril 1819). Nommé maréchal de camp à l'ancienneté, le 30 juillet 1823, il ne tarde pas à être mis en non-activité à cause de ses idées politiques et surtout à cause de l'attitude politique de son frère[2].

Par ordonnance du , il est ensuite envoyé en Grèce en tant que maréchal de camp pour participer à l'expédition de Morée, sous les ordres du Maréchal Maison, vers la fin de la guerre d'indépendance grecque. À la tête de la 1re brigade des forces expéditionnaires, il libère des troupes d'occupation turco-égyptiennes d'Ibrahim Pacha la ville de Coron (le )[6]. Il quitte finalement le sol grec après six mois de mission dans le Péloponnèse, après avoir totalement libéré la Grèce de l'occupant. À son retour en France le , il est promu par le roi Charles X Commandeur de l'Ordre royal et militaire de Saint-Louis, puis Grand-commandeur de l'Ordre du Sauveur par le nouvel État grec indépendant. Il est cependant remis en disponibilité.
Mais à la suite de la révolution des « Trois Glorieuses » de juillet 1830, Sébastiani reçoit de la monarchie de Juillet le grade de lieutenant-général le . Il reçoit le commandement de la 3e division (), puis de la 1re division () d'infanterie du corps expéditionnaire de l’Armée du Nord du maréchal Gérard, et fait la campagne de Belgique, où il participe au siège d'Anvers entre novembre et .
Sébastiani est nommé par la suite Inspecteur général d'infanterie et commandant de plusieurs divisions et arrondissements militaires entre 1832 et 1842 (de Saint-Omer, de Bastia, et de Marseille). Il est enfin appelé à commander la 1re division militaire de Paris le , poste qu'il conserve jusqu’à la veille de la révolution de février 1848. Cessant ses fonctions après la révolution, il est mis a la retraite le et se retire en Corse.
Activités parlementaires
Peu de temps avant son départ pour l’expédition de Morée, le , le grand collège de la Corse avait envoyé Sébastiani siéger à la Chambre des députés (par 20 voix sur 35 votants)[3]. Il vote avec le parti constitutionnel dans l'opposition à Charles X.
À la suite de la révolution des « Trois Glorieuses » de juillet 1830, Sébastiani est réélu député le (par 22 voix sur 37 votants)[3]. Réélu député le dans le premier collège de la Corse (Ajaccio) (par 93 voix sur 97 votants, 148 inscrits), puis le (par 97 voix sur 98 votants, 150 inscrits), il ne cesse de soutenir de ses votes le gouvernement de Louis-Philippe[3]. Nommé Pair de France le , il suit au Luxembourg la même ligne de conduite.
Très attaché à la monarchie de juillet, il fait un accueil très réservé aux démarches de M. Pietri chargé, en 1847, de présenter aux Chambres la pétition du roi Jérôme demandant l'autorisation de rentrer en France. M. Piétri doit lui rappeler qu'il avait pris, en 1831, devant les électeurs de la Corse, l'engagement de « travailler à la rentrée de la famille Bonaparte en France », pour le rendre favorable à l'objet de sa mission[1].
Tiburce Sébastiani se retire en Corse après la révolution de 1848 et reste à l'écart de la politique. Il est élevé au grade de Grand-croix de la Légion d'honneur du [5]. Il décède à Bastia (Haute-Corse) le [1].
Décorations et titres
- Décorations françaises :
- Décorations étrangères :
Vicomte (par lettres patentes du ).- Pair de France le .
Annexes
Bibliographie
- « Sébastiani (Jean André Tiburce, vicomte) », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Edgar Bourloton, 1889-1891 [détail de l’édition] [texte sur Sycomore] ;
- Sébastiani (Tiburce, vicomte), « Biographies et nécrologies des hommes marquants du XIXe siècle », Volume 2, p. 193, Victor Lacaine et H.-Charles Laurent, 1845.
- Sébastiani Tiburce, « Dictionnaire des colonels de Napoléon », pp. 787-788, Danielle et Bernard Quintin (préface de Jean Tulard), éditions SPM-Lettrage, Paris, 2013.
Liens externes
- Archives conservées par : Service historique de la Défense (GR 7 YD 1103, FRSHD_PUB_00000355.pdf)
- Ressources relatives à la vie publique :
- Service historique de l'armée de terre – Fort de Vincennes – Dossier S.H.A.T. Côte : 7 Yd 1 103.
- Cote S.H.A.T., état de services, distinctions sur « web.genealogie.free.fr : Les militaires »(Archive.org • Wikiwix • Google • Que faire ?) (consulté le )