Tibère est le plus jeune fils de Constant II et de Fausta, elle-même fille du patrice Valentin. Si son frère aîné, Constantin IV, est le premier à être élevé au rang de coempereur en 654, Tibère est lui-même élevé à cette dignité en 659 avec son frère Héraclius, juste avant le départ de Constant pour l'Italie. La cérémonie de couronnement intervient entre le 27 avril et le 9 août, probablement à la Pentecôte (le 2 juin). En 663, Constant, qui essaie de repositionner la capitale en Sicile, tente d'y faire venir ses fils mais cela provoque un soulèvement à Constantinople, mené par Théodore de Colonée et André, qui oblige les trois frères à rester dans la cité impériale.
A la mort de Constant en 668, Constantin IV devient l'empereur principal mais doit composer avec ses frères pendant treize ans. Il finit par essayer de les démettre, ce qui provoque une rébellion dans les Anatoliques, soutenue par une partie de l'armée. Celle-ci marche vers Chrysopolis et envoie une délégation à Constantinople, demandant le maintien des deux frères comme coempereurs. L'argument utilisé joue sur la comparaison avec la Sainte Trinité, estimant que l'empire terrestre doit lui aussi être gouverné par trois empereurs distincts. Méfiant, Constantin IV envoie l'un de ses officiers les plus loyaux, Théodore de Colonée. Il doit saluer l'engagement des soldats et se montrer conciliant, pour les inciter à baisser les armes. Il invite également les principaux officiers pour échanger avec le Sénat byzantin. Les rebelles, apparemment satisfaits, acceptent de se retirer alors que leurs représentants vont à Constantinople. Mais une fois dans la cité, Constantin IV les fait arrêter et les pend à Sykai.
Rapidement, les deux jeunes frères de Constantin IV font l'objet de sa défiance. Il craint la menace qu'ils peuvent faire peser sur son pouvoir mais également sur la succession de son fils, Justinien, qu'il souhaite promouvoir. Pour rendre Héraclius et Tibère inaptes à la fonction impériale, il les fait mutiler en leur tranchant le nez, à la fin de l'année 681. De même, il ne fait plus figurer leurs portraits sur les pièces de monnaie. Il y est désormais le seul à être représenté. Le destin ultérieur de Tibère et d'Héraclius est inconnu.