Le traité concernait l'alliance suédo-transylvaine et prévoyait en outre la partition de la Pologne.
Le roi Charles X Gustave de Suède était en butte avec la résistance croissante des troupes de la Couronne depuis le printemps 1656 (batailles de Warka, de Kłecko, de Łowicz, de Prostki), et inquiété par la déclaration de guerre moscovite de mai 1656, ainsi que par l'alliance subséquente entre le roi de Pologne Jean II Casimir Vasa et le tsar Alexis Ier (traité de Vilnius). Cherchant des alliés, il signe d'abord le traité de Labiau avec l'Électeur de Brandebourg, puis se tourne vers l'ambitieux prince de Transylvanie Georges II Rákóczi.
À Radnot, les deux souverains s'engagent à participer conjointement à la guerre contre la Pologne et conçoivent de partager son territoire en diverses sphères d'influence.
Quant à Bogdan Khmelnitski, la décision quant au transfert des territoires à lui a été reportée, d'autant plus qu'aucun représentant de Chmielnicki n'a participé aux pourparlers (art. 6)[1]; initialement, lui étaient promis les provinces ukrainiennes de la Pologne-Lituanie.
Le document a été signé par Sternbach et Gotthard Vellingk au nom de Charles Gustave, et par János Kemény et le chancelier Mihály Mikes au nom du prince de Transylvanie. Les Frères polonais, persécutés dans la République, ont joué un rôle important dans la préparation du traité.
Souvent, suivant l'avis de l'historien cracovien Władysław Konopczyński, le traité de Radnot est présenté comme annonciateur des partages qui eurent lieu 120 ans plus tard, mais des travaux plus récents[2] soulignent qu'il s'agissait essentiellement d'une alliance entre deux partis inégaux en termes de puissance (Empire suédois et Transylvanie), et mettant en plus en jeu les intérêts contradictoires (et parfois très flous dans le cas de Khmelnytsky) des autres alliés. La division de la Pologne-Lituanie n'était qu'un projet, que la politique pro-polonaise et anti-suédoise du tsar Alexis Ier, du khan tatarMehmed IV Giray et de l'empereur Ferdinand III de Habsbourg rendait purement illusoire.