Trois leçons sur la société post-industrielle

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Trois leçons sur la société postindustrielle est un livre de Daniel Cohen, économiste français né en 1953, publié en . Cet article présente un résumé de l'œuvre.

  • Le capitalisme du XXe siècle s’est construit autour de la grande firme industrielle. Le capitalisme du XXIe siècle voit l’explosion de cette firme industrielle : on a recours aux sous-traitants pour les tâches réputées non essentielles. Ce sont désormais les salariés qui subissent les risques et les actionnaires qui s’en protègent.
  • Avec l’avènement d’une société de services, la matière travaillée par l’Homme est l’Homme lui-même. Cependant, l’économie tertiaire n’est nullement débarrassée du monde des objets : ils continuent de croître en volume au même rythme qu’avant. L’espoir de Jean Fourastié (d’un travail libéré de la dureté liée au monde physique des objets) n’est donc pas encore advenu.
  • Dans la « nouvelle économie » (celle des NTIC – Nouvelles technologies de l’information et de la communication : 3e révolution industrielle), c’est la première unité du bien fabriqué qui est onéreuse : un logiciel est cher à concevoir mais peu cher à fabriquer. Karl Marx dirait que la source de la plus-value n’est plus dans le travail passé à produire le bien mais dans le travail passé à le concevoir. La conception en amont et la prescription en aval deviennent le cœur de l’activité des pays riches. L’étape intermédiaire de fabrication est externalisée.

Leçon 1 : l’ère des ruptures

  • Tous les siècles il y a, autour des années 70, une vague d’innovations (liées aux « grappes d’innovations » de Schumpeter). 1770 : Machine à vapeur de Watt, machine à tisser de Hargreaves, métallurgie ; 1870 : électricité, téléphone, moteur à explosion ; 1970 : l’ordinateur et Internet (69 : Arpanet ; 71 : Intel et le microprocesseur ; 76 : commercialisation d’Apple II). Toutes ces innovations sont des General Purpose Technologie.
  • Selon Philippe Askenazy, les Nouvelles formes d'organisation du travail (NFOT) doivent faire preuve d’adaptabilité, de polyvalence des salariés et doivent déléguer les responsabilités aux niveaux hiérarchiques inférieurs (mis en œuvre par le toyotisme dans les années 60). Cela explique la forte augmentation des inégalités que nous avons connues pendant les années 1980 : le travail non qualifié devient surabondant et sa rémunération doit baisser. Le problème est que la condition ouvrière reste fermée sur elle-même car elle est à présent privée de l’accès aux échelons intermédiaires qui lui permettraient d’y échapper. Avec la hausse de la valeur du travail (salaire ouvrier multiplié par sept en un siècle), nous assistons également à la « chasse au muda » (muda : gaspillage en japonais).
  • La contradiction du fordisme, qui a engendré son déclin, est le fait qu’il ne suffit pas de doubler le salaire de l’ouvrier pour qu’il gagne en productivité (idée du salaire d’efficience, qui est la réelle cause du 5$ / day), mais il faut le doubler par rapport à ce qu’il pourrait gagner ailleurs. Ce système ainsi généralisé, le fordisme ne peut que dépérir : les limites du fordisme sont atteintes lorsque l’inflation salariale ne débouche plus que sur l’inflation tout court (et non pas sur une augmentation des gains de productivité). Ainsi les années 1970 sont marquées par la « productivity slow down ».
  • De plus le travail à la chaîne a été conçu pour une population illettrée. Aujourd’hui, les ouvriers ont eu accès à l’éducation et refusent de travailler dans les mêmes conditions. C’est ce qu’a illustré la crise de mai 68 : on remet en cause les institutions (notamment la structure éducative). La jeunesse est à présent une force sociale autonome !
  • On assiste aussi à une révolution financière. Après le krach de 1929, le pouvoir de la bourse avait été largement délégitimé. Grâce aux stock-options, les chefs d’entreprise se comportent finalement comme des actionnaires, marquant ainsi le développement d’un « capitalisme actionnarial ». Ainsi, tout au long des années 1980, la mode est au « downsizing » (casse les conglomérats industriels, vendent les filiales, sous-traitent les tâches non essentielles). Puis à partir des années 1990, des conglomérats recommencent à se former avec une succession importante de fusions-acquisitions.

Leçon 2 : la nouvelle économie-monde

Leçon 3 : existe-t-il un modèle social européen ?

Voir aussi

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