Union des femmes belges contre l'alcoolisme
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L'Union des femmes belges contre l'alcoolisme est une association belge de mobilisation, de sensibilisation et de lutte contre la surconsommation d'alcool par les classes ouvrières en activité de 1899 à 1951. Considérée comme l'une des premières associations féministes de Belgique, elle se revendique apolitique.
L'objectif de l'Union des femmes belges contre l'alcoolisme est de sensibiliser et mobiliser les femmes contre la surconsommation de boissons alcoolisées, et les protéger contre les violences d'un homme alcoolique dans leur famille. Son action, dirigée par des philanthropes, est orientée vers la classe ouvrière et la jeunesse[1],[2],[3].
L'association fait appel aux ressources des classes aisées. L'Union des femmes belges contre l'alcoolisme chercher à diminuer les maladies, la criminalité et de la violence liées à la consommation d'alcool[4].
L'association lutte, en outre, en faveur du droit de vote pour les femmes en Belgique, pas encore entériné à ce moment-là[5]. Elle considère que ce droit de vote est nécessaire pour obtenir des lois réglementant la consommation d’alcool[6],[7].
Histoire
Création
L'Union des femmes belges contre l'alcoolisme est créée dans un contexte de montée progressive de l'alcoolisme en Europe Occidentale.
Elle est fondée en 1899, par Joséphine Nyssens (de son nom d’épouse, Joséphine Keelhof) avec l’aide de sa nièce Marguerite Nyssens[8]. Parmi les fondatrices, figurent Euphrosine Beernaert, Lily Carter, Marie Parent et Léonie La Fontaine[3]. Le siège social est au 19 rue du Président à Bruxelles[9]. L'Union est mixte, rassemblant des femmes et des hommes, et regroupe des partisans de la tempérance et des partisans de l'abstinence totale envers l'alcool[3].
Actions diverses
Le projet d'établir des cafés et bars dits de tempérance apparaît dès 1901. L'Union ouvre un « restaurant hygiénique » à Bruxelles, au Grand Sablon, auquel s'ajoute une bibliothèque[3]. En 1902, l'association ouvre son premier café « de tempérance » rue Saint-Léonard, à Liège. Devant le succès, elle organise une fancy-fair : les fonds recueillis doivent permettre d'ouvrir un second établissement. Le bénéfice est de 7 675 francs belges. L'association ouvre un second café, plus grand que le précédent, rue de la Régence. Les deux cafés se situent dans la province de Liège[4].
Depuis la création de l'Union, en 1899, le Comité distribue des abonnements de journaux, de brochures et d'« almanachs de tempérance ». En 1902-1903, le « Général Vent », commandant de la position de Liège, accepte de répandre ces « almanachs de tempérance » dans les casernes, pour empêcher les jeunes soldats belges de boire[4]. Des almanachs seront distribués à partir de 1911 dans les écoles[3].
Des fêtes cinématrographiques sont organisées en 1909 et 1910[3].
L'Union participe à la fondation du Conseil national des femmes belges en 1905[3].
L'Union a peu de moyens, le gouvernement leur fournit 400 francs belges. Leur champ d'action se restreint progressivement[4].
Scission
À la suite de dissensions internes, l'Alliance des femmes contre les abus de l'alcool, association concurrente, est fondée en 1905 par Marie Parent[3]. Les deux organisations se rassembleront avant la Première Guerre mondiale, sous le nom de Comité national contre l'alcoolisme[3].
Entre deux-guerres
En 1918, Marguerite Nyssens, avec l’aide de Marie Hettema-Nyssens, remet sur pied l'association. Elle y reste activera jusqu’en 1940[8].
La loi Émile Vandervelde, qui réglemente la vente d'alcool, entre en vigueur en 1919.

