Utéroglobine

From Wikipedia, the free encyclopedia

Appelée Utéroglobine (UGB), Blastokinine, Clara Cell 10 (CC10), CC16, ou encore CCSP, SCGB1A1 est le premier membre de la sous-famille 1A des sécrétoglobines. Cette différence de dénomination s’explique du fait qu’elle ait été « redécouverte » dans différents tissus, mais également de par ses variations de poids moléculaire. SCGB1A1 représente la référence des sécrétoglobines, ayant été la première à avoir été mise en évidence et étant l’une des plus abondantes, en particulier dans les voies aériennes[1].

Chez l’homme, l’utéroglobine est principalement retrouvée dans l’épithélium des voies respiratoires, au sein des cellules club, anciennement appelées cellules de Clara ; il s’agit de l’une des principales protéines sécrétées par ce type cellulaire. Les pneumocytes de type II participent également à sa sécrétion[2],[3]. Cette dernière permet, entre autres, de protéger l’épithélium duquel elle provient.

Retrouvée uniquement chez les mammifères, elle est spécifiquement exprimée dans les cellules club, présentes dans l’épithélium bronchique, en grande partie à la jonction des bronches et bronchioles. Il s’agit par ailleurs de la protéine la plus abondante dans l’espace air-liquide des voies aériennes, et se retrouve dans le surfactant pulmonaire[4]. SCGB1A1 est également présente dans les sécrétions de l’endomètre utérin et dans celles de la prostate[5].

SCGB1A1 : Utéroglobine

SCGB1A1 est une protéine homodimérique en forme de boomerang avec une cavité hydrophobe, permettant la liaison à des ligands tels que les hormones stéroïdes, les rétinoïdes, ou encore certains médiateurs de l’inflammation (CXCL8/IL8)[5],[6]). Le gène codant pour la protéine est localisé sur le chromosome 11, et est composé de 3 exons ainsi que de 2 introns[7].

Physiologie

Le taux de SCGB1A1 circulant augmente de la naissance jusque l’âge adulte, sans doute en lien avec l’augmentation de la taille des poumons. Dans l’enfance, on retient un taux plus élevé de SCGB1A1 dans le sérum chez les jeunes filles, mais cette différence s’estompe chez l’adulte[7]. Ces variations sont certainement liées à la filtration glomérulaire[8]. Il existe également une variation circadienne. Certains facteurs, modifiables ou non, sont à prendre en compte pour interpréter le taux circulant de SCGB1A1 : âge, le sexe, la fonction rénale[9], l’IMC ou encore le tabagisme maternel.

Fonctions

L’on sait que SCGB1A1 présente un rôle important dans l’homéostasie du milieu dans lequel elle se trouve. Et bien que son rôle physiologique ne soit pas totalement connu, nombre de ses fonctions ont déjà pu être mises en évidence.

Immunologie

  • Action anti-inflammatoire

Liaison et séquestration des médiateurs inflammatoires (prostaglandines, phospholipase A2…) dans les maladies des voies respiratoires. SCGB1A1 joue un rôle important à la fois dans la médiation de l’inflammation, mais également dans la mise en place de la réponse immunitaire[4].

  • Influence sur l’action et le développement des macrophages alvéolaires

Etudiée chez des souris KO du gène, l’absence du gène scgb1a1 conduit à une activation des voies de l’inflammation plus rapide que chez leurs homologues sauvages. A l’inverse, la supplémentation exogène de SCGB1A1 résulte en une réduction de la réponse inflammatoire des macrophages alvéolaires[4].

  • Immunomodulation

La protéine SCGB1A1 est immunomodulatrice par inhibition de la synthèse d’INF-gamma, de TNF-alpha et d’IL-1[5].

La protéine SCGB1A1 tempère l’activité chimiotactique des neutrophiles, au moins en partie en neutralisant l’IL8[6]. Chez des souris KO scgb1a1, une hyperneutrophilie est observée, qui régresse dès qu’est injectée la protéine recombinante humaine déficiente[10].

Rôle dans la réparation de l’épithélium[2]

Rôle dans la protection face à la détérioration de la fonction pulmonaire

Le taux de CCSP dans la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) est inversement proportionnel à la fonction respiratoire du sujet. ; de fait, un taux élevé de SCGB1A1 circulante dans le sang serait de meilleur pronostic et associé à un déclin plus lent de la VEMS[8].

Activité anti-tumorale

L’ajout de SCGB1A1 recombinante inhibe la prolifération des lignées de cellules cancéreuses[5].

Protection contre le stress oxydatif[5]

Liaison à la progestérone et autres hormones stéroïdes

Induite par la progestérone, la SCGB1A1 se lie à la progestérone et à d’autres hormones stéroïdes, en particulier dans l’endomètre des lagomorphes. En revanche, ce rôle est mineur chez d’autres animaux et chez l’homme.

Liaison à la fibronectine

Il est possible d’observer des complexes de fibronectine et d’IgA dans les reins lorsqu’il existe un déficit en SCGB1A1, ce qui conduit alors à des glomérulopathies chez la souris, similaire à celle du syndrome de Goodpasture. SCGB1A1 a donc non seulement un rôle dans les poumons, mais également dans les reins[2].

Liaison à la phosphatidylcholine et au phosphatidylinositol

Protection du surfactant de l’hydrolyse par la phospholipase 2[2]

L’hydrolyse du surfactant génère des acides gras libres, et conduit in fine à l’inactivation de la sécrétion du surfactant[3], et contribue donc au développement de pathologies telles que la dysplasie bronchopulmonaire[11]. SCGB1A1, en inhibant la phospholipase A2, préserve la sécrétion et la fonction du surfactant, SCGB1A1 a donc un rôle considérable dans l’approvisionnement des voies respiratoires inférieures en surfactant.

Cible de fixation des polychlorobiphényles (PCB)

L’utéroglobine présente une forte affinité aux PCB, dont les structures sont similaires. Les PCB se lient à SCGB1A1 par effet d’oxydoréduction, ce qui entraîne un effet toxique des particules chimiques provenant de polluant. L’accumulation de PCB se retrouve principalement dans les poumons et les reins, organes représentés par une forte concentration d’utéroglobine, et conduit au développement de pathologies respiratoires et inflammatoires[12],[13]. L’absence de SCGB1A1 n’entraînant pas l’accumulation de PCB, elle pourrait être utile pour déterminer la quantité de métabolites polluants retenus dans les cellules club[13],[14].

Rôle dans les pathologies

Concepts et espoirs thérapeutiques

Références

Related Articles

Wikiwand AI