Vénètes
peuples antiques
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Le terme Vénètes est utilisé par les auteurs grecs et latins de l'Antiquité pour désigner différents peuples.
Présentation


Les différents Vénètes de l'Antiquité
- Les Vénètes de Gaule
Ce peuple gaulois est connu à travers les mentions qu'en fait Jules César dans ses Commentaires sur la Guerre des Gaules, les présentant comme des navigateurs, disposant de navires d’une certaine dimension. Au Ier siècle av. J.-C., les Vénètes résident autour du golfe du Morbihan et ont donné leur nom à la ville de Vannes (Gwened en breton) et au pays Vannetais (Bro-Gwened ou Broereg en breton). Les Vénètes ont parfois été alliés de la Confédération armoricaine bien que Jules César ne les intègrat pas à sa liste des peuples d'Armorique. Avant l'invasion romaine, ils concurrençaient les Pictons, peuple plus méridional, notamment pour la maîtrise de l'embouchure de la Loire, point de passage d'une des routes de l'étain vers le sud de l'Europe; d'autre part, ils étaient en conflit avec la confédération armoricaine au nord, détentrice de mines d'étain.
Leur puissance provenait du contrôle du commerce de l'étain[réf. nécessaire], dont ils évincèrent les Pictons. Par ailleurs, ils produisaient et exportaient le sel, dont ils tiraient de grands bénéfices.
Leur domination maritime était suffisamment forte pour leur créer de nombreux ennemis, notamment pictons. César utilisera habilement ces ennemis pour construire la flotte qui les vaincra. Leur défaite face à César affaiblira considérablement leur puissance économique, politique et militaire, notamment par le massacre de leur Sénat, par l'interdiction de commercialiser le sel, par la destruction de leur industrie et par des annexions de territoires par leurs voisins. Il semble aussi y avoir trouvé la plus grande source de son enrichissement personnel en Gaule, par la mise en esclavage d'un très grand nombre de prisonniers, revendus en Italie.
Un autre groupe vivait en Vénétie, dans le nord est de l'Italie, depuis l'Antiquité. Au début du Moyen Âge, il a donné son nom à Venise. Il était aussi appelé vénète (ενετοί, /enetoi/) par les Grecs (dans l'Iliade certains sont localisés en Paphlagonie). Il parlait une langue indo-européenne (peut-être italique[1]), le vénète.
Des auteurs[Lesquels ?] les considèrent apparentés aux Vénètes de Gaule. Cette théorie se fonde sur des ressemblances linguistiques, entre autres dans l'onomastique, mais ces traits communs peuvent être expliqués par la parenté des langues italiques et des langues celtiques; on ne peut donc pas trancher.
- Les Vénètes d'Europe centrale
Enfin, le nom Vénète ou Vénède était également donné par les Germains à un peuple d'Europe centrale qui sera finalement slavisé, les Wendes.
Les Vénètes ont été présents un peu partout en Europe sous différentes variantes de leur nom avant d'être assimilés par d'autres peuples conquérants, et leur ethnonyme précède celui de Celte dans l'historiographie de l'Antiquité[2], cette dernière dénomination ayant pris naissance avec la civilisation de Hallstatt. Tacite, au IIe siècle, note que les Vénètes habitent sur les marges orientales de la Germanie, à l'est de la Vistule, d'où distinction faite en Vénètes de la Vistule. Jordanes explique que les Slaves se sont appelés Vénètes.
En 2011, une étude[3] a montré qu'il existait une corrélation assez remarquable entre la répartition géographique d'une maladie génétique (La dysplasie ventriculaire droite arythmogène (DVDA)) et les différents foyers de peuplement Vénètes : bassin de la Vistule, golfe de l’Adriatique et Massif Armoricain en particulier. Ceci mettant en lumière le flux migratoire de ce peuple à travers les âges depuis leur site d'implantation initiale en Asie Mineure à partir du XIIIe siècle av. J.-C.
Origine du nom
Le nom des celtes Veneti serait basé sur la racine celtique *veni- signifiant 'lignée', 'race', 'clan', 'famille' (cf. irlandais fine, 'tribu' ; vieux breton guen, 'race, 'famille', breton gouenn, 'race', tous issus de *ueniā), dérivé en -et-[4],[5]. Les Venetes seraient ainsi, « ceux du clan » : la rusticité de cet ethnonyme plaide pour son ancienneté.
Le terme celtique remonte à l'indo-européen *ven(i)- désignant 'le clan, 'la famille' et 'ceux qui y sont apparentés'. Le thème indo-européen est également l'origine du germanique *weniz (cf. le vieil haut allemand wini, le vieux norrois vinr, le norvégien venn, 'ami', etc.). Il en reste également une trace italique dans le latin vindex de *veni-diks[6].
Il est possible également d'y reconnaître un dérivé *venet-, 'apparentés', 'amicaux', 'marchands'[7].
L'ethnonyme armoricain aurait la même origine linguistique que les différentes attestations du même type :
- dans la zone celtique : le lac de Constance était le Venetus Lacus, il y avait la tribu des Venedoti au Pays de Galles (Venedotia > Gwynnedd) ou encore les toponymes tels Vieu (Ain, de Venetoni-magus ou Vénès (Tarn, Venetium 1358), etc.
- et en dehors, là où sont généralement attestées des langues indo-européennes en Europe, y compris peut-être en Hittite, où une source est mentionnée comme « -Wa-na-at-ti-ja-ta », et d'où également le terme Weshesh, Ouashasha ou Weshnesh pour désigner l'un des peuples de la mer. Il s'agit des Vénètes d'Italie, du nom des Wendes et du nom de Venät donné par les Finnois (de langue non-indo-européenne) aux Russes et de différents toponymes.
Cette récurrence est tellement frappante qu'on a proposé le nom de Venetes comme désignation des indo-européens d'Europe[6].
Hypothèses concernant les origines des Vénètes


André Martinet fait l'hypothèse suivante : les Vénètes, peuple de langue indo-européenne étaient localisés vers la fin du IIIe millénaire av. J.-C. et le début du IIe millénaire av. J.-C. aux environs de la Pologne actuelle[8]. À cette époque, les dialectes[9] qui allaient donner naissance aux langues celtiques, italiques, germaniques et slaves devaient encore être largement inter-compréhensibles. Une partie d'entre eux a dû suivre les Celtes vers l'ouest, pour finalement être complètement celtisée, alors que d'autres étaient entraînés vers le sud dans le sillage des Italiques, dont ils subiront également l'influence linguistique. Enfin, certains restent sur place, où ils sont probablement progressivement germanisés[10], avant de subir les pressions des Slaves, avec lesquels ils finiront par se fondre (au Ve siècle). Les Germains continuent alors de désigner leurs voisins du Sud-Est, qui sont maintenant des Slaves, par le nom de « Wendes ».
Toutefois, selon une source classique, les commentaires de Servius sur l’Énéide de Virgile, les Vindeliciens ont par la suite été Liburniens, qui eux-mêmes étaient sûrement liés aux Vénètes. Une référence dans Virgile semble se référer à des Vénètes comme étant liburniens, à savoir que le « royaume le plus secret des Liburniens » doit avoir été l'objectif auquel Anténor, est, dit-on, parvenu. Ainsi, il semble que les anciens Liburniens ont englobé une large bande de l'est des Alpes, de la Vindélicie à la côte dalmate en passant par la Norique. L'historien romain Tite-Live (59 av. J.-C. - 17 ap. J.-C.), lui-même originaire de la ville vénète de Patavium (Padoue), affirme que le chef troyen Anténor, avec un grand nombre de Paphlagoniens qui avaient été expulsés de leur patrie par une révolution, ont migré vers l'extrémité nord de la côte adriatique, où ils ont par la suite fusionné avec les populations autochtones connues sous le nom d'Euganei (Euganéens), probablement de même origine que les Ligures Ingauni.