Natif de Saint-Philibert, Roland Veilleux commence sa carrière dans le monde de la couture au sein de la Lutfy Whitewear Co. En 1969, il est nommé gérant de l'usine de Saint-Georges[3]. Il devient par la suite directeur général des deux usines beauceronnes de Lutfy, soit celles de Saint-Georges et Beauceville pendant sept ans.
En 1974, en compagnie de deux associés, il fonde les Vêtements sports R.G.R à Saint-Georges. Les débuts seront modestes : 18 employés dans une usine de 6 000 pi2. La croissance sera toutefois rapide. L'entreprise agit en sous-traitant pour les grandes marques locales et internationales qui font confectionner leur vêtements par l'entreprise beauceronne. Au fil du temps elle se spécialise dans les pantalons de denim.
La crise économique des années 1980 ne freine pas l'expansion de l'entreprise qui achète des compétiteurs en difficultés, telle la défunte usine de Chemise Harmel de Saint-Prosper, renommée Jeans 767 par M. Veilleux.
Au début des années 1990, R.G.R compte une dizaine d'usines, principalement au Québec, mais aussi au Nouveau-Brunswick. L'entreprise profite pleinement de la signature de l'Accord de libre-échange nord-américain et exporte aux États-Unis. C'est le sommet. Le palmarès des 500 plus grandes entreprises du Québec du Journal Les Affaires de juillet 2000 classe R.G.R au 79e rang avec ses 1 805 employés et revenus annuels de 100 millions[4].
Le début des années 2000 amène une rude concurrence asiatique. RGR tente de s'adapter en ouvrant une usine au Viet Nam, sans succès. Les fermetures d'usines se succèdent. En 2011, ne reste plus que 5 usines employant un total de 400 personnes dans les trois sites de Saint-Georges, celui de Saint-Honoré et celui de Saint-Joseph-de-Beauce quand l'entreprise met fin a ses activités. La concurrence asiatique et la hausse du prix du coton ayant été insurmontables[5].