Valérie Rey-Robert

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Valérie Rey-Robert
Valérie Rey-Robert aux Assises nationales contre les violences sexistes (novembre 2022)
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (50 ans)
LyonVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
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Directrice de thèse
Catherine Labrusse-Riou (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Valérie Rey-Robert, née le à Lyon, est une essayiste féministe française.

Alors salariée d'une entreprise de modération sur Internet[1], Valérie Rey-Robert est connue depuis le début des années 2000 par son blog féministe Crêpe Georgette[2]. Selon Libération, elle devient « en dix ans une référence en matière de féminisme et de problématiques liées au genre »[3].

En , elle publie l'ouvrage Une culture du viol à la française : Du « troussage de domestique » à la « liberté d’importuner » aux éditions Libertalia[3],[4]. Un an et demi après le début du mouvement #MeToo, l'autrice revient dessus[5] et analyse les rapports qu'entretient la société française avec le viol[6],[7]. Elle critique le concept de galanterie[8] et se positionne contre la drague, qu'elle définit comme « l’appropriation des femmes et de leur temps dans l’espace public par les hommes », et qu'elle juge anti-féministe[9].

Au printemps 2019, les journalistes Aude Lorriaux, Nassira El Moaddem et Marie Kirschen décortiquent l'ouvrage dans le podcast Le Deuxième texte[10].

Lors de la mise au jour de la Ligue du LOL en 2019, elle affirme avoir été victime de cyberharcèlement au début des années 2010. Elle avait écrit un article sur son blog pour évoquer ce sujet en 2014 intitulé « Les sales petits mecs »[11],[12]. En 2019, elle déclare qu'ils ont été engagés comme journalistes dans des grandes rédactions « parce qu’ils harcelaient, parce qu’il y en avait beaucoup pour trouver drôle ce qu’ils faisaient »[11], et que devenus journalistes ils ont été vus même par des féministes comme « des gars cools et féministes »[13]. Le 20 février 2019, lors d'un podcast en compagnie de Victoire Tuaillon et Mélanie Wanga, elle déclare : « Les boys clubs sont partout, et si vous ne le voyez pas, c’est que vous êtes dedans »[14].

Pendant les présentations publiques de son essai Une culture du viol à la française, Valérie Rey-Robert s'aperçoit que le public intéressé ne comporte que 15 % d'hommes, alors que 98 % des violeurs sont des hommes. Elle décide alors d'écrire un nouvel essai, Le sexisme : une affaire d’hommes, où elle veut responsabiliser les hommes et montrer les liens entre quête toxique de virilité et violences sexistes. L'ouvrage est publié en 2020. Elle y affirme que la première étape consiste à ce que les hommes admettent l'existence du sexisme et de la culture du viol. En interview, elle déclare : « Force est de constater que le sexisme est supporté par les femmes et que ce sont les hommes qui sont sexistes. Tant qu’ils n’étudieront pas leur propre comportement, leur propre construction, ce qui crée le sexisme, on n’avancera pas ». Elle propose de mettre en place « dès le plus jeune âge » une éducation des enfants à l'école qui ne soit pas elle-même sexiste, notant par exemple que « les professeurs ont beaucoup plus tendance à interroger les garçons et à interrompre les filles »[15],[16].

En 2022, dans Télé-réalité : la Fabrique du sexisme, l'essayiste montre combien les clichés sexistes sont présents dans la téléréalité. Notamment, les participants se comportent selon des « codes rigides » définissant ce qui serait masculin ou féminin[17],[18],[19].

En 2024 est publié Vulgaire, qui décide ?, un ouvrage collectif dirigé et co-signé par Valérie Rey-Robert avec cinq autres féministes, Daria Marx, Jennifer Padjemi, Taous Merakchi, Lexie Agresti, et Marie de Brauer. Dans l'introduction, Valérie Rey-Robert écrit que le jugement de vulgarité est un « outil de stigmatisation et de contrôle social ». Les six autrices analysent le jugement de vulgarité sous divers angles, celui du racisme, de la grossophobie, de la transphobie, etc.[20],[21],[22].

Culture du viol

S'appuyant sur la définition du sociologue Eric Fassin, Valérie Rey-Robert déclare : « La culture du viol est cette atmosphère où l’acte est permis, excusé, banalisé, déculpabilisé ». La culpabilisation des victimes et les excuses trouvées aux coupables font partie de cette culture[23],[24]. Tout au long des 300 pages de son ouvrage Une culture du viol à la française. Du « troussage de domestique » à la « liberté d’importuner », elle analyse les préjugés qui conduisent justement à déresponsabiliser les agresseurs et rendre responsable les victimes[3]. Elle relaie un sondage de 2015 indiquant que pour 40% des Français, la responsabilité d'un violeur est diminuée si la victime se comportait de manière « provocante » en public[3]. Elle rapporte l'histoire de la policière qui, accueillant la plainte pour viol de trois mannequins en 2017, a déclaré que vu leur métier il fallait s'y attendre[25]. Elle note aussi que l'industrie pornographique, même si elle ne déclenche pas directement de passage à l'acte, participe à banaliser et excuser le viol[23].

Elle ajoute d'une façon plus générale : « Les idées reçues sur les violences sexuelles, les violeurs et les victimes, se transmettent de génération en génération, évoluent avec le temps, imprègnent toute la société. C’est pourquoi il s’agit d’une culture du viol[23],[26]. »

Elle donne comme exemple de préjugé classique sur les violences sexuelles l'idée du « viol commis par un inconnu monstrueux, dans l’espace public » alors que 90 % des viols sont commis par des proches. Ce type de préjugé, qui impute le viol à des déviants, empêche de le voir chez les proches et donc une remise en question[27],[25],[28]. Elle note l'influence des représentations dans le cinéma, les séries ou les livres : « Dans une série comme New York, unité spéciale, les violeurs sont systématiquement trouvés, arrêtés et condamnés », alors que dans les faits seulement 1 % des violeurs le sont[27]. Elle déclare également : « Il y a des stratégies d’atténuation de la réalité. En France, on fait beaucoup appel à la figure du libertin, du gentleman avec une sexualité rude. Les rapports amoureux fondés sur une forme de violence feraient partie du patrimoine national[27]. »

Publications

Notes et références

Liens externes

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