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Val d'Orcia

vallée italienne From Wikipedia, the free encyclopedia

Le val d'Orcia est une vaste vallée italienne traversée par la rivière Orcia qui lui donne son nom. Située dans la province de Sienne, en Toscane, au nord-est du mont Amiata et voisine de l'Ombrie, son paysage est emblématique de la Toscane, marqué d'argile et du tuf (collines argilo-sableuses du Pliocène). Son arbre emblématique est le cyprès.

Faits en bref Massif, Pays ...
Val d'Orcia
Image illustrative de l’article Val d'Orcia
Massif Apennins
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Région Toscane
Province Sienne
Communes Castiglione d'Orcia, Montalcino, Pienza, Montepulciano, Radicofani, San Quirico d'Orcia
Coordonnées géographiques 42° 58′ nord, 11° 42′ est
Géolocalisation sur la carte : Italie
(Voir situation sur carte : Italie)
Val d'Orcia
Géolocalisation sur la carte : Toscane
(Voir situation sur carte : Toscane)
Val d'Orcia
Orientation aval nord-ouest
Longueur
Type Vallée fluviale
Écoulement Orcia
Voie d'accès principale SR 2
Patrimoine mondial Patrimoine mondial
Numéro
d’identification
1026
Année d’inscription
Critères (iv) (d) et (vi) (d)
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PaysDrapeau de l'Italie Italie
Numéro
d’identification
1026
Année d’inscription (28e session)
Faits en bref Pays, Subdivision ...
Vallée de l'Orcia *
Image illustrative de l’article Val d'Orcia
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Subdivision Province de Sienne, Toscane
Numéro
d’identification
1026
Année d’inscription (28e session)
Type Culturel
Critères (iv) (vi)
Superficie 61 188 ha
Zone tampon 5 660 ha
Région Europe et Amérique du Nord **
* Descriptif officiel UNESCO
** Classification UNESCO
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Prospère jusqu’au haut Moyen Âge, la vallée se dégrade ensuite en une zone inhospitalière, avant de subir une profonde transformation au cours du xxe siècle qui lui donne son aspect actuel, classé au patrimoine mondial de l’humanité de l’Unesco en 2004.

Histoire

Origines

Le sol du val, en grande partie argileux, se forme pendant le Pliocène à la suite d’un retrait de la mer. Il est peu perméable à l'eau et pauvre en air, si bien qu’il se fend en saison sèche ; en revanche, après des pluies prolongées, il devient visqueux et, en raison de la stagnation des eaux, provoque des phénomènes d'asphyxie chez les plantes et les cultures herbacées. En raison de ces caractéristiques et du manque de travaux adéquats de régulation des eaux, les terrains argileux du fond de la vallée, plus faciles à exploiter, ont toujours été utilisés pour des cultures exclusivement herbacées. Les terrains les plus escarpés ont servi de pâturage aux troupeaux, tandis que les zones collinaires comptent des cultures d’oliviers et de vigne[1].

Ce territoire fut certainement habité durant la période étrusque ; les fouilles archéologiques du début du xxie siècle ont mis au jour des vestiges importants, qui l'indiquent comme une zone riche et peuplée. C'est en outre un point de passage sur la route qui va des zones intérieures (sud de la Toscane, Ombrie) à la mer Tyrrhénienne[1].

Moyen Âge

Au haut Moyen Âge, la Via Cassia s'étant transformée en marécage sur le tronçon Chiusi-Arezzo, le transit des hommes et des marchandises se déplace vers l'ouest et le nouvel itinéraire, connu sous le nom de « Via francigena », allant de Viterbe à Acquapendente puis à Sienne, passe nécessairement par le val d'Orcia. À cette époque, la vallée se couvre de tours, de fermes fortifiées, de forteresses et de châteaux, ainsi que de nombreuses églises romanes, de monastères et de relais de poste. Beaucoup de ces fortifications existent encore, tandis que des anciens complexes monastiques il ne reste que l'abbaye de Sant'Antimo, près de Montalcino, et parmi les relais de poste celui de Radicofani (1584), qui fonctionna jusqu'à la fin du xixe siècle[1],[2].

Durant le Moyen Âge le val d’Orcia est très probablement riche en forêts, mais un déboisement radical, une activité pastorale continue — surtout des moutons et un peu de bovins — et l’absence d'ouvrages d'entretien hydraulique finirent par appauvrir et ensauvager le terrain, qui devint un agglomérat confus de calanques et de collines blanches argileuses (biancane (it)), couvert d'arbustes[2]. Les incursions militaires continuelles et les épisodes de guerre qu'elle dut subir entre le xve siècle et le xviie siècle contribuèrent également au dépeuplement de la vallée et à sa dégradation géomorphologique[2].

La dégradation de la vallée s'accentue vers la fin du xviiie siècle, lorsque commence l’assainissement du val di Chiana, qui permettait des trajets plus faciles et plus rapides, alors que jusqu’au début du xixe siècle, le val d’Orcia est la seule zone de transit intérieur, dans la partie occidentale de l'Italie, entre Florence et Rome. Ainsi, une bonne partie de tous les Européens qui, entre le XVIIIe siècle et le XIXe siècle, entreprennent le « Grand Tour » et viennent en Italie, passèrent par cette vallée désolée et déserte. Ces voyageurs mettaient plus d’une journée à traverses ses trente kilomètres, à tel point que, dans leurs carnets de voyage, ils en parlent comme d'un lieu sauvage et inhospitalier[2].

xxe siècle : Assainissement

En 1923, le marquis Antonio Origo achète le domaine de la Foce, puis quelques années plus tard celui de Castelluccio. Il entreprend de grands travaux de transformation foncière, facilités par la création, en 1929, du Consorzio per la Trasformazione Fondiaria della Val d’Orcia (Consorcium pour la transformation foncière du val d’Orcia), constitué sur la base d’une loi de 1923. Origo en reste le président pendant 30 ans[3], et réussit à impliquer de nombreux propriétaires de la vallée, qui jusque là s’étaient contentés de vivre e leur rentes. Il met à profit ses capacités entrepreneuriales et réussit à rendre son domaine productif, donnant l’exemple pour les autres propriétaires. Outre l'extension de la surface cultivée en blé, prévue dans les projets du régime fasciste, et la construction d'un réseau routier fonctionnel, le marquis mène également à bien d’autres objectifs relevant de ce que le régime appelait l’« assainissement humain » : il crée ainsi trois écoles maternelles, appelées, en souvenir de Maria Montessori, « Maisons des enfants », un dispensaire médical fonctionnant 24 heures sur 24, et un centre de loisirs doté d'un petit théâtre[4],[5].

Le val d’Orcia du xxie siècle est ainsi le résultat d’énorme investissements publics et privés qui, en soixante ans environ, ont produit l’image d’un bel environnement, en apparence naturel, donnant l’impression que le paysage s’est transformé sans détruire son aspect ancien. Le sentier bordé de cyprès, immortalisé sur des milliers de photos, est une « tradition inventée » : l’architecte anglais Cecil Pinsent, hôte des marquis Origo et concepteur de nombreux bâtiments de la propriété le dessina en s'inspirant de la peinture siennoise des XIVe et XVe siècles[6].

Des paysages naturels d’origine du val d’Orcia ne restent au xixe siècle que 400 à 500 hectares de collines argileuses (biancane)[7].

2004 : Reconnaissance par l’Unesco

Le val d'Orcia est classé le comme parc « naturel, artistique et culturel », faisant partie de la liste du patrimoine de l'humanité établie par l’Unesco, pour l'état de conservation de ses paysages[8],[9].

Cette motivation est critiquée comme historiquement fausse : l’Unesco — qui ne fait probablement que reprendre le dossier de candidature — affirme que le paysage a inspiré la peinture de la Renaissance alors qu’il date du xxe siècle ; au contraire, c’est la peinture pré-Renaissance qui a inspiré certaines transformations qui lui ont donné son aspect actuel[10],[8].

Géographie

Le val d'Orcia est constitué des communes de Castiglione d'Orcia, Montalcino, Pienza, Radicofani et San Quirico d'Orcia. Les autres bourgs importants sont Contignano, Monticchiello, Bagno Vignoni, Rocca d'Orcia, Campiglia d'Orcia, Bagni San Filippo et Vivo d'Orcia. Les frazioni de Montenero d'Orcia, Montegiovi, Sarteano, Castiglioncello del Trinoro et Castel del Piano sont également situées en val d'Orcia mais ne font pas partie du parc naturel.

Nombreux sont les gîtes, les fermes et les forteresses avec leurs tours qui parsèment ce paysage. Les villes de Montepulciano et Chianciano se trouvent aux confins de la vallée.

Tourisme

Le val d'Orcia attire de très nombreux touristes grâce à la particularité de ses paysages et de son histoire : parsemé de petits bourgs typiques comme San Quirico d'Orcia et Castiglione d'Orcia, il séduit également les amateurs de gastronomie et de bons vins, qui y viennent pour son pecorino di Pienza, ses saucissons et son Brunello di Montalcino. Toute la production viticole de la zone d'Orcia jouit du label A.O.C.

Le val d'Orcia constitue par ailleurs un point de transit important pour les pèlerinages, dont les itinéraires suivent aujourd'hui encore la Via Francigena. Il y a également des sources chaudes qui jaillissent à Bagno Vignoni et attirent les adeptes du thermalisme de loisir.

Dans les années 2010 le territoire a été particulièrement mis en valeur grâce au développement du tourisme lié aux chemins de fer[11] avec la remise en service de lignes anciennes, comme celle reliant Asciano à Monte Antico, et l'utilisation de trains historiques à vapeur.

Cinéma

La beauté des paysages, des villes et des villages, ces derniers souvent restés intacts depuis la Renaissance, font de cette région un terrain choisi pour les tournages de cinéma. Ridley Scott a tourné à Terrapille, près de Pienza, une scène de Gladiator dans laquelle le héros pénètre dans les Champs-Élysées en descendant une colline à travers les épis de blé pour rejoindre sa famille qui l'attend un peu plus bas. Franco Zeffirelli a choisi Bagno Vignoni, Pienza et Montalcino pour certains passages de son film François et le Chemin du soleil, sur François d'Assise. D'autres films encore ont été intégralement tournés en Val d'Orcia ou dans les alentours, tels Beauté volée de Bernardo Bertolucci et Le Patient anglais, d'Anthony Minghella.

Galerie

Le val d'Orcia et le mont Amiata

Références

Voir aussi

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