Valentinus est un évêque vigoureux, longtemps en bonne santé, selon la tradition orale vosgienne.
Sanctifié après sa mort par son église, il est invoqué au Moyen Âge pour guérir les maladies des hommes et surtout du bétail en Alsace et dans les Vosges. Il faut attendre le XIe siècle et la généralisation des sanctuaires antonistes, pour que saint Antoine le surpasse dans les maladies de peaux et bien sûr le XIIIe siècle pour que la diffusion des saints auxiliaires l'éclipse et le relègue à un rôle mineur.
Le bétail de la plaine alsacienne participait ou se faisait représenter à un important pèlerinage paysan à la chapelle de la forteresse de Guirbaden, encore en 1856. L'ancienne chapelle saint Valentin, construction initialement romane attestée en 1197, en était le but.
Il est probable que le populaire Valentinus ou Valentin ait été en partie confondu en Austrasie mérovingienne dès le VIe siècle avec des personnages comme Valentin, archevêque de Trèves, et Valentin de Rhétie, moine prédicateur du Tyrol et de Rhétie itinérant puis abbé et évêque. Le premier a évidemment été imposé par le clergé embryonnaire et les prédicateurs autorisés de l'ouest des Vosges, dans ce qui deviendra la lotharingie carolingienne, le second semble l'avoir été par les moines gyrovagues qui sont qualifiés plus tard péjorativement d'irlandais (hiberniensis) lorsqu'ils obtiennent un rôle clef dans la vie religieuse des bans mérovingiens néoformés.