Dans la province génoise, l'art du tissage et de la teinture remonte au début[1] de la république de Gênes, et se développe au XIVe siècle, époque où les Génois, depuis l'île de Chios, contrôlaient le commerce du blé, du coton, et de l'alun, un minéral indispensable pour fixer la couleur sur les tissus. Cependant, jusqu'au XVIe siècle, Gênes se fournit en soie grège en Calabre[2], qui à cette époque était le premier producteur européen de soie.
Proche de Gênes, depuis le Moyen Âge, la commune de Zoagli est connue, aussi, pour ses fameux velours de soie en relief (nommés soprarizzo) tissés à la main[3]. Selon la légende, les premiers tisserands zoagliesi seraient des vétérans de la première croisade.
La notoriété du velluto di Genova est due à son éclat satiné et à son incomparable douceur, et dès le début du XVIIe siècle, il habille une partie de l'aristocratie européenne de l'époque, comme en témoignent les peintures de Van Dyck ou de Rubens. Dans le royaume de France, ses velours noirs sont les plus estimés[4] comme étant des plus moelleux et du plus beau noir et coûtent cinq livres le palme[5]. En 1747, en Touraine, l'importation, ainsi que celle du damas, devient si importante et coûteuse aux caisses du royaume qu'il y était décidé d'introduire sa fabrication[6] en faisant venir des maîtres-ouvriers des rivières de Gênes.
De texture plus épaisse, il prend une place prédominante dans l'ameublement des palais aristocratiques où il est utilisé principalement comme paravents, écrans de cheminée, revêtements muraux. Le musée du Louvre conserve une étoffe de lit d'origine dite « lit d'Effiat » composée d'un velours de soie de Gênes ciselé à motif d'ananas alternant avec des applications de soie brodées d'argent[7].