Vincent Charles Henri d'Etchegoyen

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Vincent Charles Henri d'Etchegoyen
Fonctions
Député de Loir-et-Cher
-
Député français
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 67 ans)
RichmondVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Conjoint
Valentine de Talleyrand-Périgord (d) (à partir de )Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants
Valentin Jean-Baptiste d'Etchegoyen (d)
Jean d'Etchegoyen (d)
Paul d'Etchegoyen (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Vincent Charles Henri d'Etchegoyen est un homme politique français né le à Paris et décédé le à Richmond (Royaume-Uni).

Famille et origines

Le Vicomte Vincent Charles Henri d'Etchegoyen, issu d'une famille basque du Labourd, était le fils de Jean-Louis Bernard d'Etchegoyen (1762-1841), gentilhomme ordinaire de la chambre du roi, banquier à Paris, et de Marie-Caroline Gouraud de Bellevue, dont la mère Marthe Drouillard de Lamarre était remariée au comte Daniel Charles O'Connell (en) (1745-1833). Son père possédait le château de Chaumont-sur-Loire, dans le Loir-et-Cher, et avait des opinions libérales[1].

Il avait un frère ainé, Louis Charles Daniel d'Etchegoyen (1807-1835), héritier de son parrain le comte O'Connell et autorisé par ordonnance du 28 septembre 1825, à ajouter ce nom à son patronyme, qui fut créé vicomte d'Etchegoyen-O'Connell à titre personnel, par ordonnance du 27 décembre 1829. Marié à Félicité de Louvencourt, il n'eut aucune postérité. Devenue veuve, cette dernière épousa son beau-frère Philippe Isidore d'Ibarrart.

Sa demi-sœur aînée, Anne Suzanne Zoé d'Etchegoyen (1798-1825), fille de Jean Louis Bernard et de sa première épouse Marie Goyenetche, avait en effet épousé le même Philippe Isidore d'Ibarrart, député.

Vincent Charles Henri d'Etchegoyen est issu d'une famille libérale[2],[3].

Opposant au Second Empire

Il désigné par les comités républicains pour représenter les socialistes[4] à l’élection législative partielle pour remplaçer François Cantagrel, déchu de son mandat pour sa participation à la journée du 13 juin 1849, qui s'était réfugié en Belgique[1]. D'après eux, était sympathique aux agriculteurs parce que très grand propriétaire (sa famille possédait un domaine de 1 100 hectares à Chaumont-sur-Loire)[5], et malgré cela Prosélyte ardent des théories démocratiques les plus avancées. François Cantagrel lui apporte son soutien[6] en se remémorant qu'ils avaient conjointement mené sa campagne électorale lors des Élections législatives françaises de 1849[4].

Dans sa profession de foi[3], il se déclare partisan : de l'impôt proportionnel ; de la gratuité de l'enseignement primaire ; de la distribution du crédit par une banque nationale ; du droit au travail qui est « le droit aux moyens d'exister ; tout gouvernement doit reconnaître à chaque citoyen le droit aux instruments de travail, dont le plus noble est l'intelligence ».

Vincent Charles Henri d'Etchegoyen est élu député de Loir-et-Cher en 1850 lors d'une élection complémentaire le , avec 29 686 voix contre 23 010 pour le candidat Edmond Crosnier, soutenu par le comité bonapartiste[1] et le Gouvernement[4]. Il avait des convictions socialistes et, comme François Cantagrel, était disciple de Charles Fourier[1]. Alphonse Esquiros, qui avait recueilli 15 000 voix en 1849, décida de retirer sa candidature en faveur d'Etchegoyen, affirmant : Je pense que l'héritage de Cantagrel doit revenir à un membre de sa communauté socialiste... Un sentiment de délicatesse démocratique impose que nous nous retirions devant une candidature provenant de l'école fouriériste.[1].

Il siège au groupe d'extrême gauche de la Montagne. Comme « condisciple » du Phalanstère, avec Alphonse Morellet, Duché, et François-Désiré Bancel, il fait partie des élues à l’initiative d’une loi sur les baux à ferme en 1850[4]. Il s'associa, jusqu'au 2 décembre 1851 inclus, à tous les votes et à toutes les protestations de la gauche de l'Assemblée. Il vota contre les lois restreignant le suffrage universel (Loi du 31 mai 1850), la liberté de la presse et le droit de réunion[4].

Exil en Angleterre

A la suite du coup d’État du 2 décembre 1851, craignant une arrestation, Etchegoyen s'exile en Angleterre[4]. Intéressé par l'élevage et les sciences, à Londres, il est correspondant de The Lancet[7]. Réalisant qu'il n'est pas soumis à des poursuites, il retourne en France et s'installe au Château de Montflaux, à Saint-Denis-de-Gastines[8].

Retour en Mayenne

Ami de François-Marie Robert-Dutertre, ou encore de Charles Goyet-Dubignon, ses opinions politiques et sa croyance en la métempsycose, que partageaient son épouse, auraient aliéné l'estime des habitants des environs de Saint-Denis-de-Gastines[4]. En 1857, Casimir Wicart, évêque de Laval finit par interdire aux prêtres de la paroisse de célébrer la messe dans la chapelle du Château de Monflaux[4]. A la mort de la comtesse d'Etchegoyen, le Journal Le Gaulois indiquait qu'elle était la providence même de son pays, où elle répandait avec largesse le bien indistinctement à tous elle était très aimée et sera très regrettée[9].

Membre de la Société de colonisation européo-américaine[10] au Texas[11], il devient à la fin des années 1860 l'un des actionnaires de la société en commandite créée par François Barrier pour gérer la Librairie des sciences sociales[12]. Il soutient en 1869 la candidature de Louis-Antoine Garnier-Pagès aux Élections législatives de 1869 dans la Mayenne[13]. Après 1870, il ne semble pas participer aux activités du mouvement sociétaire[4].

Union et descendance

En 1852, il épouse à Londres, Caroline Valentine de Talleyrand-Périgord (1830-1913), dame de Montflaux, fille du duc Napoléon-Louis de Talleyrand-Périgord (1811-1898) et d'Alix Anne Louise Charlotte de Montmorency (1810-1858), fille de Charles de Montmorency, 4e duc de Montmorency et d'Anne Louise Caroline Goyon de Matignon.

  • Jean Louis d'Etchegoyen (1710-1785) x Suzanne de Neurisse
    • Jean Louis Bernard (1762-1841), baron d'Etchegoyen x Marie de Goyénèche x Marie-Caroline Gouraud de Bellevue
      • 1. Anne Suzanne Zoé d'Etchegoyen (1798-1825) x Philippe Isidore d'Etchégoyen (1800-1891)
      • 2. Louis Charles Daniel d'Etchegoyen (1807-1835), vicomte d'Etchegoyen-O'Connell x Félicité de Louvencourt
      • 2. Marthe d'Etchegoyen (1809-1861) x (1828) Armand Jougla de Parasa (1796-1841)
      • 2. Vincent Charles Henri d'Etchegoyen (1818-1885) x Caroline Valentine de Talleyrand-Périgord (1830-1913)
        • Anne Jean Pierre d'Etchegoyen (1852-?)
        • Valentin Jean-Baptiste d'Etchegoyen (1854-1923) x Sarah Bryant-Doak x Angèle Maximilienne Auvray
        • Armand Adalbert Jean d'Etchegoyen (1856-1943) x Anna Le Monnier de Lorière
        • Henri Marie Paul d'Etchegoyen (1859-1935) x Elena Lopez de Morla Terry y Ojeda Numez de Prado (1872-1934) x Andrée Courteille

Paul d'Etchegoyen

Le vicomte Paul d'Etchegoyen est né à Cour-Cheverny le et décédé à sa résidence des Grandes-Corbières à Dinard le . En 1880, il est soldat (second lieutenant) dans l'armée britannique[14]. Eleveur agricole, Paul d'Etchegoyen introduit un troupeau d'Hereford à Villy-le-Bas en achetant le taureau Westward Ho en 1887[15]. Au Salon de l'agriculture de Paris en 1892, le ministre français de l'Agriculture lui donna la permission d'envoyer ses animaux importés uniquement pour l'exposition, sans pouvoir concourir, car d'origine anglaise. Il élève des chevaux de trait français et allemands, des ânes du Poitou et d'Espagne, ainsi que des moutons de Rambouillet, ainsi que des races anglaises, et travaille à l'export[16].

Installé en Mayenne, au châtelain de Montflaux, il est réputé pour son républicanisme et son irréligion. Il mise en 1914 sur la création de vastes herbages pour l'embouche, dans le but de redresser une situation financière compromise par une existence festive[17]. Il est maire de Saint-Denis-de-Gastines de 1911 à 1925. La séparation de corps entre Paul d'Etchegoyen et son épouse, la vicomtesse d'Etchegoyen (née Lopez du Morla Terry de Ojeda Nunez de Prado), fut prononcée par la première chambre du tribunal civil de Paris en avril 1914[18]. La vicomtesse d'Etchegoyen intenta une action en séparation de corps contre son mari, invoquant des agissements qu'elle jugeait gravement injurieux et vexatoires[18]. La séparation de corps aux torts et griefs du vicomte d'Etchegoyen, fut prononcée en faveur de la vicomtesse[18]. Le divorce est prononcé par le tribunal civil de Mayenne le .

Bibliographie

Sources

Voir aussi

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