Vol 309 d'Air Caribbean
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Le vol 309 d'Air Caribbean est un vol intérieur non régulier de la compagnie aérienne portoricaine Air Caribbean, qui s'est écrasé le mardi 26 septembre 1978 alors qu'il s'apprêtait à atterrir à l'aéroport international Luis Muñoz Marín (alors connu, officieusement, sous le nom d'aéroport international Isla Verde) à San Juan, après un vol depuis la base aérienne de Ramey (aujourd'hui connue sous le nom d'aéroport Rafael Hernandez ) à Aguadilla, tuant les six occupants de l'appareil et blessant plusieurs clients d'un bar du Barrio Obrero dans lequel l'avion s'est écrasé[1].
Le vol 309 d'Air Caribbean à partir de l'aéroport d'Aguadilla s'est déroulé sans incident pendant environ 25 minutes avant d'arriver à San Juan. Ce vol était assuré par un Beechcraft D18S appartenant à l'homme d'affaires et pilote portoricain Francisco Cruz, qui louait parfois cet appareil à Air Caribbean, sous l'immatriculation N-500L. Le N-500L était un petit avion à hélices d'une capacité de 10 passagers ; le jour de l'accident, il transporte cinq passagers et un membre d'équipage, le pilote Jerry Cannon.
Événements à l'extérieur de l'avion d'Air Caribbean

À peu près au même moment où le vol 309 d'Air Caribbean décollait, le vol 75 d'Eastern Airlines, effectué le jour-même par un jet Lockheed L-1011 TriStar, approchait de Porto Rico pour atterrir à l'aéroport international Luis Munoz Marin, alors connu sous le nom d'aéroport international d'Isla Verde.
Pendant ce temps, vers 18h00 heure locale, des clients arrivaient dans un bar local du Barrio Obrero, un quartier de Santurce près de l'aéroport international de San Juan, pour y prendre un verre et socialiser pendant cette fin d'après-midi et la soirée qui suivi.
Accident
Les deux avions ont failli entrer en collision au-dessus de San Juan. Quelques minutes auparavant, le vol 309 avait annoncé qu'il venait de dépasser l'aéroport de Dorado, où il aurait dû se signaler puisqu'il volait selon les règles de vol à vue (VFR), et qu'il se trouvait en réalité au-dessus de Levittown. Le pilote Cannon n'a pas pu contacter l'aéroport de Dorado, car la fréquence d'approche de son avion était hors service ; il a donc téléphoné aux contrôleurs aériens locaux depuis son appareil. [2]
L'approche du vol 75 d'Eastern avait commencé au-dessus de l'océan Atlantique ; l'avion de ligne volait selon les règles de vol aux instruments (IFR).
À 18 h 41, environ cinq minutes avant le crash du vol 309, le pilote Cannon fut informé de la position du L-1011 d'Eastern Airlines. Les contrôleurs de San Juan avaient observé cet appareil descendre à 3 000 pieds et se placer directement derrière le vol 309, à environ deux minutes d'intervalle. Compte tenu de la différence de vitesse entre les deux avions, un risque de collision existait. Le pilote Cannon confirma avoir le L-1011 d'Eastern Airlines en vue. On l'entendit dire « Oui, je l'ai » à la tour de contrôle de San Juan, en parlant du jet d'Eastern Airlines. À 18 h 42, les contrôleurs ordonnent au pilote de l'avion d'Air Caribbean, plus petit, de se diriger vers le sud-est à 130 degrés afin de laisser passer l'avion d'Eastern Airlines au-dessus de celui d'Air Caribbean. Simultanément, ils avertissent le pilote d'Air Caribbean des risques de turbulences de sillage[2].
Quelques secondes plus tard, les contrôleurs se sont intéressés au L-1011 d'Eastern, l'informant que le vol 309 d'Air Caribbean allait désormais le suivre pour sa descente finale. Le L-1011 avait alors atteint une altitude de 1 400 pieds (427 mètres), sa vitesse ayant diminué de 220 nœuds à environ 146 nœuds, tandis que l'appareil d'Air Caribbean volait à 110 nœuds. Ce décalage contraint le L-1011 d'Eastern à retarder son dépassement de l'avion portoricain.
À 18 h 43, le pilote Cannon signala aux contrôleurs aériens avoir perdu de vue le jet d'Eastern. Les appareils étaient pourtant si proches qu'un pilote d'Eastern, assis sur le strapontin du L-1011, témoigna plus tard avoir aperçu les silhouettes des passagers du Beechcraft depuis son poste de pilotage[2]. Cette proximité entre les deux avions est considérée comme une des principales causes ayant provoqué de dangereuses turbulences de sillage pour le vol 309 d'Air Caribbean.
Les turbulences de sillage ont fait perdre le contrôle de l'avion au pilote Cannon. Comme il volait à moins de 300 mètres d'altitude au moment de l'accident, il n'a pas eu le temps de reprendre le contrôle et l'avion s'est écrasé sur le bar local près de la résidence Las Casas, tuant le pilote et les cinq passagers à bord, et blessant plusieurs clients du bar, dont un mécanicien local identifié par la presse comme étant Luciano Rivera. [3]
Entre temps, l'avion d'Eastern Air Lines atterri sans encombre à l'aéroport, aucun blessé n'étant à déplorer ni parmi l'équipage ni parmi les passagers.
Conséquences
Les familles des victimes de l'accident et certaines des personnes blessées au bar ont intenté un procès collectif contre Air Caribbean, Eastern Airlines, la Federal Aviation Administration, Francisco Cruz et Cornhill Insurance (qui représentait la firme Lloyd's de Londres dans cette affaire).
Finalement, Eastern et la FAA acceptent d'assumer leur responsabilité et concluent un accord avec les demandeurs pour un montant de $ 5,7 millions[2].