Wikipédia:Sélection/Société
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Jean-Jacques RousseauJean-Jacques Rousseau (Genève, – Ermenonville, ) est un écrivain, philosophe et musicien francophone. Orphelin très jeune, sa vie est marquée par l'errance. Si ses livres et lettres connaissent à partir de 1749 un fort succès, ils lui valent aussi des conflits avec l'Église catholique et Genève qui l'obligent à changer souvent de résidence et alimentent son sentiment de persécution. Après sa mort, son corps est transféré au Panthéon en 1794. Dans le domaine littéraire, Jean-Jacques Rousseau connaît un grand succès avec le roman épistolaire Julie ou la Nouvelle Héloïse (1761), un des plus gros tirages du XVIIIe siècle. Cet ouvrage séduit ses lecteurs d'alors par sa peinture préromantique du sentiment amoureux et de la nature. Dans Les Confessions (rédigées entre 1765 et 1770, avec publication posthume en 1782 et 1789) et dans Les Rêveries du promeneur solitaire (écrites en 1776-1778, publiées en 1782), Rousseau se livre à une observation approfondie de ses sentiments intimes. L'élégance de l'écriture de Rousseau provoque une transformation significative de la poésie et de la prose françaises en les libérant des normes rigides venues du Grand Siècle. Dans le domaine philosophique, la lecture en 1749 de la question mise au concours par l'Académie de Dijon : « le rétablissement des sciences et des arts a-t-il contribué à épurer ou à corrompre les mœurs ? » provoque ce qu'on appelle « l'illumination de Vincennes ». De là naissent les ouvrages qui inscrivent durablement Rousseau dans le monde de la pensée : le Discours sur les sciences et les arts (1750), le Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes (1755) et Du contrat social (1762). La philosophie politique de Rousseau est bâtie autour de l'idée que l'homme est naturellement bon et que la société le corrompt. Par « naturellement bon », Rousseau entend que l'être humain à l'état de nature a peu de désirs de sorte qu'il est plus farouche que méchant. Ce sont les interactions avec les autres individus qui rendent les êtres humains « méchants » et conduisent à l'accroissement des inégalités. Pour retrouver une bonté naturelle, l'homme doit avoir recours à l'artifice du contrat social et être gouverné par des lois découlant de la volonté générale exprimée par le peuple. Pour Rousseau, contrairement à ce que pense par exemple Diderot, la volonté générale n'est pas universelle, elle est propre à un État, à un corps politique particulier. Rousseau est le premier à conférer la souveraineté au peuple. En cela, on peut dire que c'est un des penseurs de la démocratie même s'il est favorable à ce qu'il nomme l'aristocratie élective ou le gouvernement tempéré. Rousseau est critique par rapport à la pensée politique et philosophique développée par Hobbes et Locke. Pour lui, les systèmes politiques basés sur l'interdépendance économique et sur l'intérêt conduisent à l'inégalité, à l'égoïsme et finalement à la société bourgeoise (un terme qu'il est un des premiers à employer). Toutefois, s'il est critique de la philosophie des Lumières, il s'agit d'une critique interne. En effet, il ne veut revenir ni à Aristote, ni à l'ancien républicanisme ou à la moralité chrétienne… |
Psychologie de l'adolescentLa psychologie de l'adolescent, discipline apparentée à la psychologie de l'enfant, a pour objet d'étude les processus de pensée et des comportements de l'adolescent, son développement psychologique et ses problèmes éventuels. Avec l'entrée dans la puberté, les changements physiques, comme la maturation des organes sexuels, la poussée de croissance et la maturation du cerveau, accompagnent des changements cognitifs, affectifs et sociaux. L'adolescent développe sa capacité à penser de façon abstraite et raisonner de manière plus efficace et scientifique. Il développe son jugement moral. Les relations avec les pairs prennent une grande importance, accompagnant une indépendance accrue vis-à-vis des parents, et les premières relations amoureuses et expériences sexuelles. L'adolescence est une période de recherche d'identité et de choix d'orientation. La discipline étudie ces changements dans une perspective développementale. La psychologie de l'adolescence a également pour objet l'étude des comportements à risque et des moyens mis en place pour les prévenir ou les réduire comme la consommation de toxiques (tabagisme, alcool, drogues) ou des relations sexuelles non protégées. La principale cause de mortalité des adolescents dans le monde est l'accident de la route puis viennent d'autres causes d'origine sociales et comportementales dites évitables, c'est pourquoi la prise de risque est si importante à comprendre et prévenir chez l'adolescent. Elle s'intéresse à la santé et aux comportements liés à la santé, tels que le sommeil ou les comportements alimentaires, ainsi qu'aux pathologies mentales affectant l'adolescent. La dépression chez l'adolescent est particulièrement prévalente et le suicide constitue une des principales causes de mortalité chez les adolescents. L'étude psychologique de l'adolescent est pluridisciplinaire et engage en particulier, mais pas seulement, les neurosciences, la psychosociologie et la psychologie du développement. La recherche prend place également dans des disciplines connexes, comme la pédiatrie, la pédopsychiatrie et les autres sciences humaines et sociales. |
Code de HammurabiLe Code de Hammurabi est un texte juridique babylonien daté d'environ 1750 av. J.-C., à ce jour le plus complet des codes de lois connus de la Mésopotamie antique. Il a été redécouvert en 1901-1902 à Suse en Iran, gravé sur une stèle de 2,25 mètres de haut comportant la quasi-totalité du texte en écriture cunéiforme et en langue babylonienne, exposée de nos jours au Musée du Louvre à Paris. Plus qu'un code juridique, il s'agit en fait d'une longue inscription royale, comportant un prologue et un épilogue glorifiant le souverain Hammurabi, qui a régné à Babylone d'environ 1792 à 1750 av. J.-C., dont la majeure partie est constituée par des décisions de justice. Depuis sa découverte, en 1901, cet ensemble de décisions est désigné comme un « code » et chaque décision comme autant de « lois » (ou « articles ») relatives à différents aspects de la vie de la société babylonienne de la période. La nature exacte du texte est l'objet de débats : bien qu'il soit souvent présenté comme un code de lois dont les dispositions sont destinées à être appliquées dans le royaume de Hammurabi, les assyriologues qui l'ont étudié plus précisément insistent sur sa fonction politique de glorification du roi et y voient plutôt une sorte de traité juridique visant à conserver le souvenir du sens de la justice et de l'équité de Hammurabi. Quoi qu'il en soit, y apparaissent des informations essentielles pour la connaissance de différents aspects de la société babylonienne du XVIIIe siècle av. J.-C. : organisation et pratiques judiciaires, droit de la famille et de la propriété, statuts sociaux, activités économiques, etc. Il convient cependant souvent de compléter ces informations par celles fournies par les nombreuses tablettes cunéiformes de la même époque exhumées sur les sites de Babylonie pour mieux comprendre le contenu du texte. |
Meurtres de la landeLes meurtres de la lande sont une affaire criminelle britannique des années 1960. De juillet 1963 à octobre 1965, Ian Brady et Myra Hindley assassinent cinq enfants âgés de 10 à 17 ans. En octobre 1965, la police découvre un corps dans la maison du couple, mais n'arrête que Brady. Quelques jours plus tard, la police arrête Hindley pour complicité. Le même mois, deux enfants sont trouvés dans des tombes creusées dans Saddleworth Moor, une lande au Nord de l'Angleterre. En mai 1966, Brady est condamné à l'emprisonnement à perpétuité pour trois meurtres ; Hindley est condamnée à la même peine, mais pour deux meurtres. En 1985, soit 20 ans après leur procès, le dossier est rouvert lorsque la presse rapporte que Brady aurait admis avoir tué deux autres enfants. La police reprend les fouilles dans Saddleworth Moor, même si le couple n'a pas encore formellement avoué les deux meurtres. Après plus de 100 jours de recherche, elle découvre le corps d'une fille ; un garçon y serait également enterré, mais, malgré des fouilles répétées, ses restes demeurent introuvables. Brady, qui a sexuellement agressé quatre enfants, a été déclaré psychopathe en 1985 et est interné à l'hôpital Ashworth, établissement de haute sécurité. Il a explicitement dit ne jamais vouloir être libéré et, régulièrement, a demandé à mourir. Hindley, décrite par la presse comme « la femme la plus diabolique de Grande-Bretagne », a fait appel à plusieurs reprises pour faire casser le jugement d'emprisonnement à perpétuité, affirmant qu'elle n'est plus la même personne et ne constitue donc plus un danger pour la société, mais elle n'a jamais été remise en liberté. |
Système électoralLe système électoral, mode de scrutin ou régime électoral, désigne tout type de processus permettant la désignation de représentants par un corps électoral donné, souvent dans le cadre d’une élection où des candidats sont élus pour exercer un mandat public. Dans le cadre d'élections, les systèmes électoraux sont soit des scrutins utilisant la règle de la majorité, dits scrutins majoritaires, soit des systèmes cherchant à représenter plus ou moins fidèlement le vote des électeurs via le principe de la représentation proportionnelle, soit des systèmes mixtes alliant ces deux types de système. Différents modes de scrutin peuvent donner des résultats très différents, en particulier dans les cas où il n'y a pas de préférence clairement majoritaire en faveur d’une seule et même option. À ce jour, plusieurs systèmes sont en vigueur ou proposés ; ils suscitent de nombreuses polémiques qui contribuent à la continuité du débat démocratique. Mais un système électoral n'est pas seulement une méthode de « transformation » des suffrages en élus. « Il constitue aussi un facteur important d'orientation positive du vote populaire, puisque sa logique et sa dynamique [...] influencent de façon souvent déterminante le choix de l'électeur ». L'importance que revêt cet aspect du vote dans un système démocratique justifie que de nombreux théoriciens se soient penchés sur les modes de scrutin, leurs effets et leur fonctionnement. Leur étude, qualifiée de théorie du vote dans le jargon anglophone, est une discipline du droit constitutionnel qui entre en relation avec la science politique et les mathématiques. Des aspects indépendants du fonctionnement des modes de scrutin mais entrant fatalement en relation avec lui, tels la procédure électorale (décompte, scrutin, etc.), le corps électoral, l'éligibilité et le poids attribué à chaque vote sont traités par ailleurs. |
MercantilismeLe mercantilisme est une conception de l’économie qui prévaut entre le XVIe siècle et le milieu du XVIIIe siècle en Europe et prône le développement économique par l’enrichissement des nations grâce au commerce extérieur qui permet de dégager un excédent de la balance commerciale. L’État a un rôle primordial dans le développement de la richesse nationale, en adoptant des politiques protectionnistes établissant notamment des barrières tarifaires et encourageant les exportations. La doctrine mercantiliste est l’une des toutes premières écoles de pensée en économie. Elle marque la fin de la prééminence de l’idéologie économique de l’Église, condamnant l’accumulation des richesses et le prêt. Le mercantilisme apparaît à une époque où les rois souhaitent obtenir un maximum d’or. L’époque Moderne marque un tournant avec l’autonomisation naissante de l’économie vis-à-vis de la morale et de la religion, les questions économiques échappant aux théologiens, ainsi que de la politique. Cette nouvelle discipline deviendra véritablement une science économique avec la physiocratie. Parmi les nombreux auteurs mercantilistes, on peut citer Jean Bodin (1530–1596), Antoine de Montchrétien (1576–1621), William Petty (1623-1687). |
Théorie économique des muséesL’économie des musées est un domaine de l’économie de la culture qui s’intéresse au fonctionnement économique des musées. Plus précisément, l’économie des musées analyse principalement l’activité des musées selon deux cadres. Un musée peut en premier lieu être considéré comme une unité économique (comme une entreprise), considéré sous l’angle de la relation entre ses intrants (collections, budget, employés) et sa production (chiffre d’affaires, expositions, présence médiatique, publications scientifiques). Dans ce cadre, on peut également étudier l’effet des musées sur les autres secteurs en termes d’emploi ou de chiffre d’affaires généré. En second lieu, on peut l’étudier comme un agent économique néoclassique maximisant un objectif sous une contrainte d’allocation de ressources rares (que faire avec les moyens qui me sont alloués ?). |
Travail des enfantsLe travail des enfants est la participation de personnes mineures à des activités à finalité économique et s’apparentant plus ou moins fortement à l’exercice d’une profession par un adulte. Au niveau international, l’Organisation internationale du travail (OIT) le définit en comparant l’âge à la pénibilité de la tâche, du moins pour les enfants de plus de douze ans. En pratique, parmi les enfants travailleurs, on distingue le travail « acceptable » (léger, s’intégrant dans l’éducation de l’enfant et dans la vie familiale, permettant la scolarisation) et le travail « inacceptable » (trop longtemps, trop jeune, trop dangereux, etc.) ; c’est ce dernier que recouvre généralement la notion de « travail des enfants ». On estime qu’environ 350 millions d’enfants sont concernés dans le monde ; plus de 8 millions se trouvent dans une des « pires formes de travail des enfants » : enfants soldats, prostitution, pornographie, travail forcé, trafics et activités illicites. Le travail des enfants est le sujet de nombreuses idées reçues dans le monde occidental, car il est surtout connu par les scandales médiatisés : un enfant au travail est vu typiquement comme un « enfant-esclave », dans un pays du tiers monde, employé dans un atelier textile asiatique pour une grande marque de vêtements ou enfant des rues en Amérique du Sud. En réalité, il y a des enfants au travail dans quasiment tous les pays du monde, y compris des pays développés comme l’Italie ou les États-Unis ; les usines et les ateliers textiles masquent le fait que plus des trois quarts de ce travail se trouve dans l’agriculture ou les activités domestiques, dans la sphère familiale ; et si les enfants-esclaves existent, ils ne forment qu’une minorité. Il existait aussi bien avant l’industrialisation ou la mondialisation, même si ces deux phénomènes ont rendu le travail des enfants plus visible. Si l’élimination des « pires formes de travail » n’est pas discutée, l’abolition est en revanche un sujet de débat pour les autres enfants ; la lutte contre la pauvreté et les mauvaises conditions de travail reste un objectif commun aux « abolitionnistes » comme aux organisations plus pragmatiques. Depuis 1992, le programme IPEC tente de fédérer les actions entreprises. |
Rasoir d'HanlonLe rasoir de Hanlon est une règle de raisonnement permettant d'éliminer des hypothèses. Formulée en 1980 par le programmeur américain Robert J. Hanlon, cette règle s'énonce de la manière suivante : « Ne jamais attribuer à la malveillance ce que la bêtise suffit à expliquer ». L'attribution à Hanlon a été mise en question dans un premier temps, certains auteurs y voyant plutôt une corruption du nom de Robert A. Heinlein, l'auteur d'une considération assez proche. La règle tire son nom du rasoir d'Ockham, qui pose un principe de simplicité, tant au niveau métaphysique, en recommandant de ne pas multiplier les conjectures sur les entités, qu'au niveau méthodologique, en recommandant de ne pas multiplier les hypothèses. Elle revient donc à considérer soit qu'il est plus simple et donc plus plausible de supposer la bêtise plutôt que la malveillance, la première étant plus vraisemblable en général, soit qu'il est inutile d'ajouter la conjecture d'une intention maligne à celle d'un manque de compétence. Cette règle ne caractérise toutefois la bêtise qu'au plan du comportement. D'autres notions, celles de biais cognitif, de principe de charité ou d'effet pervers, permettent d'éviter que l'opposition entre malveillance et bêtise ne devienne un faux dilemme. |
Léviathan (Thomas Hobbes)Léviathan ou Matière, forme et puissance de l’État chrétien et civil (Leviathan, or The Matter, Forme, & Power of a Common-wealth Ecclesiasticall and Civill, by Thomas Hobbes of Malmesbury en anglais) est une œuvre de Thomas Hobbes, publiée en 1651. Cet ouvrage extrêmement célèbre est souvent considéré comme le seul chef-d'œuvre de philosophie politique écrit en anglais. Tirant son titre du monstre biblique, il traite de la formation de l'État et de la souveraineté, comme le montre l'allégorie souvent commentée du frontispice, qui représente le corps de l'État-Léviathan formé des individus qui le composent. Très critique à l'égard de la scolastique, Hobbes est radicalement matérialiste et rationaliste. Le Léviathan met l'accent sur la précision des termes et la rigueur du raisonnement afin de construire, par une démarche déductive inspirée de la géométrie, une théorie scientifique des lois morales et de l'organisation politique. Profondément marqué par les guerres intestines qui ensanglantaient l'Angleterre, le philosophe part du triple postulat que l'homme à l'état de nature est foncièrement violent, que les individus sont fondamentalement égaux et que, par peur d'une mort violente, ils abdiqueront volontiers leur droit de nature en faveur d'un souverain absolu qui garantira la paix publique grâce à la puissance de répression dont il dispose. Il appuie son modèle sur une théorie des passions qui met au premier plan le désir de pouvoir, seul élément constant dans le changement permanent. Cet ouvrage suscite dès sa parution d'intenses controverses, notamment en raison de ses positions sur la religion, que Hobbes considère comme une passion reposant sur la peur de l'inconnu, tout comme les superstitions. Il fait du souverain le dépositaire de la foi et l'interprète autorisé des enseignements bibliques, réduits à un contrat entre Dieu et l'homme. S'il rejette l'existence des anges et du purgatoire, Hobbes maintient toutefois celle de l'Enfer, afin de motiver l'obéissance par la peur des châtiments futurs. Influencé par Grotius, l'ouvrage est un classique de la théorie du contrat social et a suscité une vision opposée de la part de Rousseau. Si certains commentateurs modernes, à la suite de Leo Strauss, voient en Hobbes un précurseur du libéralisme par l'accent qu'il met sur les droits naturels de l'homme et le rôle de l'État dans la sauvegarde des citoyens, d'autres, tel Lucien Jaume, insistent sur les dangers d'un système qui élimine toute possibilité de dissidence en réduisant le champ de la conscience individuelle aux contenus imposés par la pression sociale. |
Langage humainLe langage humain est un système qui regroupe le développement, l'acquisition, l'entretien et l'utilisation de systèmes complexes de communication, et désigne aussi la capacité humaine permettant ces processus. Une langue est un exemple spécifique d'un tel système de communication (par exemple, la langue française). Le langage humain a des propriétés de productivité et de déplacement, et dépend entièrement des conventions sociales et de l'apprentissage. Sa structure complexe offre un éventail beaucoup plus large d'expressions que tout autre système connu dans la communication animale. Il est possible que le langage se soit développé quand les premiers homininés ont commencé à changer progressivement leurs systèmes de communication primitifs, à développer la capacité de former une théorie des autres esprits et à partager une intentionnalité commune, et que cette évolution ait coïncidé avec une augmentation de volume du cerveau. L'étude scientifique du langage en tant que système de communication relève du domaine de la linguistique. Parmi les figures majeures de la linguistique se trouvent Ferdinand de Saussure et Noam Chomsky. D'autres disciplines s'intéressent au langage et à ses relations avec la pensée, comme la philosophie, la psychologie et les neurosciences, la philologie. Les bases physiologiques du langage dans le cerveau humain sont explorées par la neurolinguistique. L'articulation de la parole est étudiée par la phonétique. La linguistique permet une description précise du langage et des langues. Toutes les langues s'appuient sur le processus de semiosis reliant des signes particuliers à des significations. Ainsi, les langues orales, gestuelles et tactiles contiennent un système phonologique, qui régit la façon dont les symboles sont utilisés pour former des séquences (porteuses de sens) comme des mots, des morphèmes, et un système syntaxique, qui régit la façon dont les mots et les morphèmes sont combinés pour former des phrases et expressions. L'acquisition du langage commence chez l'humain dans la petite enfance à travers l'interaction sociale. L'utilisation de la langue est profondément enracinée dans la culture humaine où, outre sa fonction communicative, elle occupe diverses fonctions, comme l'identification au groupe, la stratification sociale, l'attachement à un contexte social et le divertissement. |
SlovaqueLe slovaque (slovenčina, slovenský jazyk) est une langue appartenant au groupe slave occidental de la famille des langues indo-européennes parlée essentiellement en Slovaquie, dont il est la langue officielle. Des minorités slovaques existent en République tchèque, en Voïvodine, en Hongrie, en Ukraine (région de Ruthénie subcarpathique, tchécoslovaque de 1918 à 1938), en Autriche, en Pologne, en Roumanie et des communautés immigrées gardent l’usage de leur langue, notamment au Canada, aux États-Unis et en Australie. Comme la plupart des langues slaves, le slovaque est une langue à déclinaisons (six cas), il a trois genres (masculin, féminin et neutre), ses verbes ont un aspect perfectif ou imperfectif, et son vocabulaire est caractérisé par un riche système de préfixes et de suffixes de dérivation ainsi que des diminutifs. Du point de vue de la prononciation, les mots slovaques sont toujours accentués sur la première syllabe et il existe des voyelles longues et courtes ; une des particularités du slovaque est que r et l peuvent jouer le rôle de voyelles, donnant lieu à des mots apparemment sans voyelles tels que prst (« doigt »). Il est particulièrement proche du tchèque et la plupart des adultes slovaques et tchèques sont capables de se comprendre sans difficulté, ayant été en contact permanent avec les deux langues par l’intermédiaire de la radio et de la télévision nationales, jusqu’à la partition de la Tchécoslovaquie en 1993. Ceux n’ayant pas eu cette occasion, en particulier les plus jeunes, peuvent éprouver des difficultés de compréhension, lors de l’emploi de certains mots très différents, ou d’une expression orale trop rapide. Cependant, l’emploi du slovaque dans la communication officielle devant les autorités tchèques est toujours autorisé. Les livres et films tchèques sont encore largement consommés en Slovaquie. Une intercompréhension plus limitée est aussi possible avec le polonais. Plus généralement l’intercompréhension est plus ou moins facile avec toutes les langues slaves occidentales et méridionales (slovène, serbe, croate, etc.) Le slovaque utilise un alphabet latin de 46 graphèmes proche de celui du tchèque, comportant des digrammes et de nombreux signes diacritiques. Le slovaque littéraire moderne n’a été codifié qu’au XIXe siècle, en grande partie par Ľudovít Štúr. |
VolapükLe volapük (/volɑˈpyk/, parfois écrit « volapuk » en français) est une langue construite créée en 1879-1880 par Johann Martin Schleyer, un prêtre catholique allemand, qui lors d'une insomnie sentit que Dieu lui commandait de créer une langue auxiliaire internationale. Des congrès de volapük eurent lieu en 1884 (Friedrichshafen), 1887 (Munich) et 1889 (Paris). Après un rapide développement (il y aurait eu un million de volapükistes en 1889), la langue perd rapidement un grand nombre de locuteurs au profit de l'espéranto. Malgré cela, le volapük survit, réformé dans les années 1920 sous l'impulsion d'Arie de Jong. Aujourd'hui, il existe quelques dizaines de volapükistes, actifs surtout sur internet. Le volapük peut se définir comme une langue agglutinante à structure d'actance accusative. Syntaxiquement, elle fait partie du type sujet — verbe — objet, mais la présence de cas morphologiques (nominatif, accusatif, génitif et datif ; un prédicatif, peu usité, existe néanmoins) lui donne une certaine souplesse ; c'est enfin une langue centrifuge (par exemple, l'adjectif viendra immédiatement après le nom qu'il qualifie). Au niveau de la typologie des langues construites, c'est une langue auxiliaire internationale (à l'origine tout du moins, car aujourd'hui toute prétention politique est abandonnée par les volapükistes), mixte (c'est-à-dire que sa grammaire et son vocabulaire s'inspirent des langues naturelles tout en y intégrant de forts aspects artificiels), à racines naturelles déformées (elle s'oppose donc aux langues qui intègrent des racines telles qu'elles sont dans les langues naturelles, ou presque, et à celles qui les créent ex nihilo), dérivative (d'une racine empruntée elle crée un champ lexical par dérivation) et schématique (elle s'oppose ainsi aux langues naturalistes qui sont beaucoup moins régulières). |
Histoire du terme WallonL’histoire du terme Wallon et de ses dérivés commence avec le très ancien mot germanique Walh, qui désigne en général les populations de langues celtiques ou romanes avec lesquelles les Germains avaient des contacts, mais son origine dans la langue française n’a pas été clairement identifiée. Il pourrait trouver sa source dans le latin médiéval après l’emprunt lexical au francique. Il est également possible qu’il soit issu, par changement de suffixe, de wallec, « langue d’oïl parlée dans les Pays-Bas ». La portée sémantique de Wallon et de ses dérivés, tel que le toponyme Wallonie, s’est réduite avec le temps pour devenir un endonyme et se réduit encore de nos jours. Cette histoire lexicologique n’a été étudiée que par peu de monde, surtout dans les cercles intellectuels du mouvement wallon. La principale œuvre sur ce sujet est l’Histoire des mots Wallon et Wallonie d’Albert Henry, qui selon Jean-Pol Demacq montre la volonté des Wallons de « trouver la réponse à leurs questionnements, à l’itinéraire sinueux et tellement actuel de la recherche de [leur] identité wallonne ». |
HippieLe mouvement hippie est un courant de contre-culture apparu dans les années 1960 aux États-Unis, avant de se diffuser dans le reste du monde occidental. Les hippies, issus en grande partie de la jeunesse nombreuse du baby boom de l'après-guerre, rejetaient les valeurs traditionnelles, le mode de vie de la génération de leurs parents et la société de consommation. L'ouverture à d'autres cultures, un besoin d'émancipation et la recherche de nouvelles perceptions sensorielles, les amenèrent aux expressions artistiques du psychédélisme. Dans leurs communautés, ils tentèrent de réaliser leur aspiration à vivre librement, dans des rapports humains qu'ils voulaient plus authentiques. En rupture avec les normes des générations précédentes, le mouvement a eu une influence culturelle majeure, en particulier dans le domaine musical. L'assimilation de nombreuses valeurs issues de ce courant a apporté une évolution des mœurs de la société dans son ensemble même si le mouvement lui-même s'est rapidement dissous, en partie par son manque d'organisation et à la suite de ses excès. |
Assurance automobile en FranceUne assurance automobile en France est une assurance destinée aux véhicules terrestres à moteur assurés en France et circulant sur le territoire français ou dans la zone carte verte. Elle est obligatoire depuis 1958 et est régie par le code des assurances. Son but principal est d'apporter un soutien financier face aux pertes subies par un assuré ou une personne tierce, notamment lors d'un accident de la route, mais aussi pour des dommages subis en dehors de la circulation. Les formes de contrats comme les garanties proposées par les compagnies d'assurances sont variées. Chaque contrat souscrit est propre à une situation. Que ce soit le véhicule, les garanties choisies, le souscripteur ou la compagnie d'assurance. Les contrats d'assurance ne produisent leurs effets que lors de la survenance d'un sinistre assuré. Dans ce cas, l'indemnisation est faite en tenant compte de la déclaration de l'assuré, du rapport de l'expert mais aussi des clauses du contrat. L'assurance automobile représente une part importante du marché de l'assurance. |
Aspects économiques et logistiques des guerres napoléoniennesLes aspects économiques et logistiques des guerres napoléoniennes sont constitués par l'ensemble des facteurs économiques qui concoururent à la gestion matérielle – politique économique, production, etc. – et financière – financement des dépenses de guerre, etc. – des guerres menées sous le Premier Empire et par les causes et conséquences économiques de ces conflits. Ils couvrent également la gestion des ressources industrielles en vue de la production des armes et équipements militaires et l'organisation de celle-ci ou encore la logistique militaire et l'intendance militaire en vue de l'approvisionnement des armées en campagne. Lors de tout conflit d'envergure, la gestion des ressources économiques et logistiques des belligérants en vue de l'équipement et de l'approvisionnement de leurs forces armées est l'un des aspects majeurs de la « conduite de la guerre », tout autant que la tactique et la stratégie militaires sur les théâtres d'opérations et champs de bataille, et les guerres napoléoniennes n'y font pas exception. Napoléon s'intéressa personnellement aux questions de logistique et d'« économie militaire » dès l'époque du Consulat et fut efficacement secondé par Pierre Daru, intendant général de la Grande Armée dès 1806 et qui occupa encore par la suite différents postes-clés dans l'administration et l'intendance militaires des armées napoléoniennes. Les deux hommes furent à l'origine de la réforme ou de l'organisation de différents corps et services chargés de ces missions logistiques et administratives comme ceux des « commissaires-ordonnateurs de guerre », des « inspecteurs aux revues » ou des services du train. En ce commencement du XIXe siècle, qui voit les débuts de la Révolution industrielle, la France, nettement moins engagée dans ce processus que son principal adversaire le Royaume-Uni, doit avant tout compter sur l'artisanat et la petite industrie – les manufactures – pour la fourniture de matériel et d'équipements à ses armées. Avec les conquêtes militaires du Consulat et de l'Empire, qui viennent s'ajouter à celles de la Révolution (notamment l'Italie et la Belgique), c'est presque toute l'Europe qui, de gré ou de force, se retrouva impliquée jusqu'en 1813 dans l'« effort de guerre » napoléonien, y compris dans son financement par le biais d'indemnités de guerre imposées aux nations vaincues. À la veille de la campagne de Russie de 1812, l'armée napoléonienne aligne quelque 690 000 soldats français et étrangers. Si ces chiffres restent « modestes » par rapport aux millions d'hommes mobilisés au cours des guerres mondiales du XXe siècle, armer, équiper et nourrir une telle force armée représentera un effort économique et logistique considérable pour l'époque. |
Exportations d'armes de la FranceLa France, dotée d'un complexe militaro-industriel, exporte de l'armement auprès d'États étrangers. C'est en 2018 le troisième pays exportateur d'armement au monde, derrière les États-Unis et la Russie ; l'Hexagone a toujours figuré depuis les années 1950 parmi les cinq premiers exportateurs mondiaux d'armes. Ces ventes d'armes sont opérées par des entreprises industrielles qui comptent souvent l'État parmi leurs actionnaires ; elles constituent la base industrielle et technologique de défense. La puissance publique joue un rôle moteur dans les exportations au travers d'une politique volontariste amorcée dans les années 1960 par le président Charles de Gaulle, pour des motifs autant économiques que politiques et diplomatiques. La vente de matériel militaire à l'étranger représente en effet environ un tiers du chiffre d'affaires de l'industrie de l'armement, participe positivement à la balance commerciale du pays et assure plusieurs dizaines de milliers d'emplois. Sur le plan politique, les exportations sont jugées indispensables pour amortir le coût de la recherche et développement militaire et ainsi rentabiliser l'industrie de la défense, considérée par les gouvernements successifs comme un instrument essentiel de l'indépendance de la France. Elles servent également la diplomatie française, notamment pendant la guerre froide en favorisant le non-alignement des pays du tiers monde. Bien qu'étant astreintes à un cadre légal national — d'autorisation préalable — et international croissant au fil des années, les exportations d'armes françaises sont l'objet de nombreuses critiques d'ordre éthique et parfois juridique : l'État et les industriels français arment à diverses reprises des pays en guerre (par exemple durant la guerre Iran-Irak des années 1980), d'autres accusés de crimes de guerre (comme l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis qui interviennent au Yémen dans les années 2010), ainsi que des dictatures ou régimes autoritaires qui peuvent les utiliser contre leur peuple en bafouant les droits humains (c'est le cas de l'Afrique du Sud au cours des décennies 1970 et 1980 avec l'apartheid, ainsi que de l'Égypte dans les années 2010). Enfin, au moins jusqu'au début des années 2000, la vente d'armes françaises fait l'objet d'une corruption omniprésente. |
Dissolution parlementaire (France)En France, le droit de procéder à une dissolution parlementaire — consistant à mettre prématurément fin au mandat d'une chambre du parlement — a été attribué au chef de l'État, ou, plus exceptionnellement, au gouvernement ou à une des chambres, dans différents régimes depuis 1802 : Premier Empire, Restauration, monarchie de Juillet, Troisième, Quatrième et Cinquième républiques. Elle fut d'abord introduite, au profit du « Sénat conservateur », dans la constitution de l'an X (1802). Toutefois, la dissolution, au sens véritablement parlementaire, est née en France à la Restauration, dans la charte de 1814 (article 50). L'usage de la dissolution a d'abord été assez conforme à la théorie parlementaire, avant de devenir, avec Charles X, une prérogative autoritaire. Sous la monarchie de Juillet, l'article 42 de la charte de 1830 prévoit à nouveau la dissolution, mais, cette fois-ci, un véritable système de responsabilité ministérielle se met en place. Les deux procédés s'équilibrent — motion de censure contre dissolution —, de telle sorte que la France connaît son premier régime parlementaire authentique, où le gouvernement devient réellement le point de contact entre ces deux organes fondamentaux que sont le monarque et la chambre élue. Hors de la tradition parlementaire, le Second Empire, régime autoritaire, reconnaît à l'empereur le droit de dissoudre le Corps législatif. Les lois constitutionnelles de 1875 reprennent le mécanisme orléaniste de la dissolution, en l'adaptant. Toutefois, la crise du 16 mai 1877 rend le procédé odieux aux républicains, et la dissolution ne sera plus utilisée durant le reste de la Troisième République, permettant ainsi à l'instabilité de la Chambre des députés de se développer sans sanction, ce qui entraîne une instabilité ministérielle plus grave de décennies en décennies. Les constituants en 1946, enseignés par l'histoire récente de la France, maintiennent le droit de dissolution, mais en font une « dissolution automatique » face à l'instabilité de la chambre, et non une prérogative discrétionnaire du pouvoir exécutif. La pratique constitutionnelle de la Quatrième République a montré les limites de l'encadrement trop poussé du droit de dissolution : alors que les gouvernements tombaient sans répit, une seule dissolution eut lieu, en 1955. La constitution de 1958 a donc mis fin à l'encadrement de la dissolution : désormais, elle est une prérogative discrétionnaire du président de la République. Toutefois, la stabilité des majorités parlementaires acquise depuis les élections législatives de 1962 a fait disparaître la menace de la motion de censure sur les gouvernements. La dissolution, sous la Cinquième République, présente donc un visage différent de ce que la théorie du régime parlementaire enseigne : elle a été utilisée une seule fois pour résoudre un conflit entre le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif (en 1962), tandis que les autres dissolutions réalisées obéissent à des logiques différentes. |
Affaire des fiches (France)L’affaire des fiches, parfois appelée l'affaire des casseroles, est un scandale politique qui éclate en 1904 en France, sous la Troisième République. Il concerne une opération de fichage politique et religieux mise en place dans l'Armée française à l'initiative du général Louis André, ministre de la Guerre, dans un contexte de liquidation de l'affaire Dreyfus et d'accusations d'anti-républicanisme portées par la gauche à l'encontre du corps des officiers. De 1900 à 1904, l'administration préfectorale, les loges maçonniques du Grand Orient de France et d'autres réseaux de renseignement établissent des fiches sur les officiers, qui sont transmises au cabinet du général André afin de décider de l'avancement hiérarchique et des décorations à attribuer. Ces documents secrets sont préférés par André aux notations officielles du commandement militaire. Ils lui permettent de mettre en place un système où l'avancement des officiers républicains, francs-maçons ou libre-penseurs est favorisé tandis que la carrière des militaires nationalistes et catholiques — conviction religieuse qui vaut, pour le Grand Orient et le cabinet d'André, hostilité à la République — est entravée, dans le but de s'assurer de la loyauté de l'armée au régime en place. Le , le député Jean Guyot de Villeneuve interpelle le gouvernement à la Chambre des députés et révèle le système de fichage instauré par le général André et le Grand Orient, produisant à l'appui de ses accusations des fiches qui lui ont été remises par Jean-Baptiste Bidegain, adjoint du secrétaire-général du Grand Orient. Le ministre nie avoir connaissance de ces agissements, mais durant la séance du , Guyot de Villeneuve produit un document qui incrimine André directement. La séance est houleuse et le député nationaliste Gabriel Syveton gifle le ministre de la Guerre, déclenchant une empoignade dans l'hémicycle. Le scandale est important. Les rebondissements et les révélations se succèdent pendant plusieurs mois, tandis que la presse publie régulièrement les fiches en question. Malgré le soutien de Jean Jaurès et du Bloc des gauches, le gouvernement Émile Combes chute le , emporté par l'affaire. Le cabinet Rouvier, qui lui succède, condamne formellement le fichage, prononce des sanctions symboliques et mène une politique d'apaisement. Néanmoins, le système des fiches se poursuit après 1905, appuyé non plus sur le Grand Orient mais sur les renseignements préfectoraux et adossé à la pratique de pressions politiques. En 1913, le ministre de la Guerre Alexandre Millerand y met fin définitivement. Ce système de fichage politique, en plus de provoquer une certaine crise morale dans les milieux dreyfusards qui se divisent sur la priorité à donner entre la défense de la République et la protection de la liberté de conscience, semble avoir affaibli le haut-commandement militaire, du fait de plus d'une dizaine d'années de discriminations à l'avancement des officiers. Ceci a eu des conséquences difficiles à évaluer sur les premiers mois de la Première Guerre mondiale. |















