Yalta intérieur
From Wikipedia, the free encyclopedia
Le Yalta intérieur est une théorie politique selon laquelle le Parti communiste français a été toléré pendant la Guerre froide, en France, parce qu'il assurait l'intégration sociale des classes populaires, la structuration de la lutte d'extrême gauche et sa canalisation, et permettait une répartition du pouvoir entre la droite et la gauche.
L'expression de « Yalta intérieur » renvoie à la transposition à la politique intérieure de l'accord de la conférence de Yalta, qui divisait l'Europe en plusieurs zones d'influence. Guy Konopnicki écrit ainsi, en 1980, que « le maintien du PC au sein de la société française est aujourd'hui nécessaire à des couches sociales diverses et contradictoires [...] Il y a ainsi une sorte de Yalta intérieur dans lequel des institutions contradictoires à première vue se soutiennent mutuellement »[1].
Le PCF était nécessaire à la vie de l’État en ce qu'il s'agit pour le gouvernement d'un régulateur des conflits sociaux, en même temps qu'un adversaire identifié pour les gouvernements successifs[1]. Ainsi, la droite gaulliste aurait conservé le pouvoir d’État, tandis que le PCF pouvait régner sur la contre-culture protestataire[2]. Jean-Marc Schiappa remarque ainsi le rôle que le PCF a joué dans la structuration de la lutte sociale, et donc de sa délimitation, durant les années 1970. Il a pu peser lors de la grève étudiante de 1976 en interdisant aux enseignants du supérieur de rejoindre les manifestants[3].
