Yann Moulier-Boutang
économiste français
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Yann Moulier-Boutang, né le [1], est un économiste, essayiste et homme politique français, l'un des leaders de la mouvance autonome à Paris jusqu'à son adhésion aux Verts en 1999.
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Économiste, professeur d'université, militant, traducteur |
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Georges Photios Tapinos (d) |
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| Distinction |
Il est le fils de Pierre Boutang et le demi-frère de Pierre-André Boutang.
Biographie
Période des études supérieures (1968-1975)
Yann Moulier-Boutang participe en 1968 au mouvement du 22 Mars lancé à l'université de Nanterre par Daniel Cohn-Bendit. Après le reflux du mouvement de Mai (notamment avec la défaite de la gauche aux élections législatives anticipées de juin), il participe aux Cahiers de Mai, aux côtés notamment de Jean-Marcel Bouguereau et Marc Kravetz.
De 1970 à 1975, il est élève de l'École normale supérieure.
Il se rallie aux thèses opéraïstes en 1970 et, en 1972, participe à la création de la revue Matériaux pour l'intervention. En 1973, il rencontre Toni Negri, qui influencera durablement son travail et dont il sera très proche de 1980 à 2007.
En 1974, il fonde la revue Camarades, qui succède à Matériaux pour l'intervention et développe les thèmes de l'autonomie ouvrière, concept adopté alors en Italie par des militants issus de l'opéraïsme. Camarades est un des premiers groupes du mouvement autonome en France.
Carrière universitaire
Après avoir été enseignant à l'École normale supérieure et à l'Institut d'études politiques de Paris (Sciences Po), il devient professeur de sciences économiques à l'université de technologie de Compiègne.
En 1997, il soutient une thèse de doctorat à l'IEP de Paris : Le Salariat bridé, origines des politiques migratoires, constitution du salariat et contrôle de la mobilité du travail, sous la direction de Georges Tapinos[2], dont une adaptation est publiée l'année suivante aux PUF.
Il a aussi été International Adjunct Professor au centre Fernand-Braudel de l’université d'État de New York à Binghamton (États-Unis)[3].
Carrière politique et idées
Après l’auto-dissolution de Camarades, il participe de 1979 à 1981 au Centre d'initiative pour de nouveaux espaces de liberté (CINEL), une initiative de Félix Guattari.
Il adhère aux Verts en 1999. Depuis 2000, il est directeur de publication de la revue Multitudes, où il publie régulièrement des articles de fond ou de réaction à l'actualité, sur ses sujets de prédilection, la défense d'une Europe fédérale, la refonte de notre système d'imposition par l'institution d'une taxe pollen sur les flux, ou les enjeux politiques du numérique. Il est membre du comité d'orientation de Cosmopolitiques.
Défenseur du revenu de base inconditionnel[4], il le justifie dans son livre L'Abeille et l'Économiste (2010) par le fait que les hommes créent tous de la valeur économique, à la manière des abeilles lors de la pollinisation[5]. Selon Yann Moulier-Boutang, « le revenu d’existence ne serait pas de l’argent pris dans la poche des fourmis qui travaillent et donné à des gens qui ne feraient rien qu’entrer dans la fourmilière ». Selon lui, le revenu de base n’est pas fondé sur une redistribution, mais sur la « rétribution de la pollinisation » de chaque citoyen[6],[7].
À partir de 2015, Yann Moulier-Boutang travaille avec Ariel Kyrou et Bruno Teboul sur un projet né d'une opposition à la Singularity University[pas clair], qui prend en 2018 la forme de l'Institut des hautes études pour la transition numérique, créé au sein de l'université de technologie de Compiègne (UTC)[8].
Publications
- Économie politique des migrations clandestines de main d’œuvre, Paris, Publisud, 1986
- Cent ans d’immigration : étrangers d’hier, Français d’aujourd’hui, Cahiers de l'INED, 1991 (avec Michèle Tribalat, Jean-Pierre Garson et Roxane Silberman)
- Althusser : une biographie (1re partie), Paris, Grasset, 1992 (réédition en poche en 2002)
- Des entreprises pas comme les autres : Benetton en Italie, le Sentier à Paris, Publisud, 1993 (avec Maurizio Lazzarato et Antonio Negri)
- Le Bassin de travail immatériel (BTI) dans la métropole parisienne : mutation du rapport salarial dans les villes du travail immatériel, Paris, L’Harmattan, 1996 (avec Antonella Corsani, Maurizio Lazzarato et Antonio Negri)
- « La Balade des droits civiques »[9], Papiers, Les Yeux ouverts, 1996 (pamphlet)
- Yann Moulier-Boutang, De l'esclavage au salariat : économie historique du salariat bridé, Paris, Presses universitaires de France, , 765 p. (ISBN 2-13-049595-8, OCLC 40661367, BNF 37001732, LCCN 99178937).
- Préface, index et édition de Louis Althusser, Lettres à Franca, 1961-1973, Paris, Stock, 1998 (avec François Matheron)
- Le Droit dans la mondialisation : une perspective critique, Paris, PUF, 2002 (avec Monique Chemillier-Gendreau)
- La Révolte des banlieues ou les habits nus de la République[10], Paris, Éditions Amsterdam, 2005
- Le Capitalisme cognitif : la nouvelle grande transformation, Paris, Éditions Amsterdam, 2007
- L’Abeille et l’économiste, Paris, Carnets Nord, 2010
- Liberté, Égalité, blabla : Les mythes usés de la République, Paris, Autrement, 2012