Za'ima Sulayman al-Baruni
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Za'ima Sulayman al-Baruni naît en 1910 à Jadu, en Libye. Elle est la fille de Sulayman al-Baruni, chef de la résistance anticoloniale, érudit et poète[1].
Grâce à l’influence et aux activités de son père, elle bénéficie d’une éducation internationale. Elle étudie le turc à Istanbul, puis l’arabe en Syrie, avant de poursuivre ses études en Libye, où elle se spécialise dans la langue arabe[1].
Elle accompagne son père durant ses années de lutte contre la domination coloniale et vit avec lui en exil en Inde. Après la mort de celui-ci en 1940, elle s’installe à Tripoli.
À la suite de l’indépendance de la Libye en 1951, Za'ima al-Baruni s’engage activement en faveur de l’éducation des femmes et de l’alphabétisation des adultes. Elle travaille au sein du ministère de l’Éducation et fonde l’Association des femmes libyennes, destinée à offrir des formations éducatives aux femmes[1].
Parallèlement, elle développe une activité littéraire, publiant des nouvelles dans divers journaux et revues arabophones, souvent sous le pseudonyme « Bint al-Watan » (« fille de la patrie »)[1].
En 1958, elle devient membre fondatrice de l’Association de la renaissance des femmes (Jamʿiyyat al-Nahda al-Nisaʾiyya)[2].
La même année, elle publie son recueil de nouvelles al-Qasas al-Qawmi (« Les récits nationaux »), considéré comme l’un des premiers ouvrages du genre en Libye et comme une contribution majeure de la littérature féminine du pays à cette époque[1]. Ce recueil rassemble des textes publiés dès 1953, centrés sur l’histoire et le folklore libyens, avec une dimension pédagogique et nationaliste.
Elle joue également un rôle important dans la préservation de l’héritage intellectuel de son père, en collectant et en publiant ses écrits. En 1964, elle édite un recueil de ses travaux sous le titre Safahat khalida min al-jihad li'l-mujahid al-Libi Sulayman al-Baruni (« Pages immortelles de la lutte du combattant libyen Sulayman al-Baruni »)[3].
Za'ima Sulayman al-Baruni meurt en 1976. À l’annonce de sa disparition, l’écrivaine Lutfiya al-Qaba'ili la salue comme une pionnière de la littérature féminine en Libye[2].