Né à Vitina, près de Ljubuški, en 1916, Zija Dizdarević passe son enfance à Fojnica. Après avoir obtenu son diplôme secondaire à Sarajevo en 1936, il ne parvient pas à trouver un emploi, notamment en raison de son engagement dans des mouvements étudiants et de sa participation à des manifestations et grèves[1].
Il s’inscrit ensuite à la faculté de philosophie de Belgrade, où il étudie la pédagogie et la psychologie, et fréquente les milieux intellectuels progressistes. À cette époque, ses premières œuvres littéraires, publiées en Bosnie, attirent déjà l’attention de la critique, notamment pour leur représentation de la vie des milieux populaires.
Dizdarević milite activement dans des organisations étudiantes à Belgrade et à Zagreb, ce qui lui vaut d’être surveillé par les autorités, qui le considèrent comme proche des milieux communistes. Durant cette période, il rencontra Branko Ćopić, qui devint son meilleur ami[2].
Sur le plan littéraire, il se distingue par une certaine indépendance vis-à-vis des orientations idéologiques dominantes de son époque. Dans les débats intellectuels, notamment autour des positions de Miroslav Krleža, il prend parti en sa faveur et défend une conception de la littérature comme forme d’expression libre, distincte des contraintes idéologiques[3].
Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est arrêté par les autorités du régime oustachi et déporté au camp de concentration de Jasenovac, où il meurt en 1942.